5381 poésie | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
Photopoésir | poésie | Une histoire parmi tant d'autres... | 21.03.2017 - 14 h 08 | 3 COMMENTAIRES
Ô jeunesse dyslexique

Jeudi dernier, dans ma ville, dans mon ancien lycée, un élève a disjoncté. Aujourd’hui, dans la même ville, dans le lycée voisin dans lequel je travaille, il est difficile de faire « comme si ».

Difficile de répondre à des questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponse pertinente.

Difficile de rassurer quand on ne l’est pas soi-même.

Difficile de réagir face aux élèves, aux collègues, aux membres de la famille et aux amis proches ou moins porches qui se sont inquiétés.

Difficile de reprendre le cours de la vie, les cours sur la vie, la vie tout court. 

Difficile de parle. Difficile de se taire.

Difficile surtout de croire que l’on découvre à chaque fois que la jeunesse est « fragile ». Influençable et influencée. Souffrante et délaissée. Vivante et déconnectée de la réalité. En demande constante d’attention, de reconnaissance, de considération. En besoin constant d’écoute, de partage et de bienveillance. Difficile de croire qu’il faille un événement de ce genre pour se rappeler que nous avons une responsabilité envers notre jeunesse, nous parents, nous enseignants, nous société soi-disant évoluée. Difficile de croire qu’il faille des actes extrêmes pour nous rappeler que la télé n’est pas une babysitter, qu’un téléphone ne remplace pas une oreille aimante, qu’un ordinateur n’est pas un compagnon de jeu. Difficile qu’il faille en arriver là pour nous rappeler que les violences banalisées (verbales comme physiques), que l’intolérance et le racisme, que la radicalisation et le mal être sont des fléaux qui minent notre jeunesse à fleur de peau. Comment peut-on oublier que tout est « terrible » et « difficile » à cet âge ? 

Je ne veux revenir ni sur les faits, ni sur les motivations, ni sur les conséquences. Je ne veux ni blâmer, ni pleurer, ni me taire. Je veux juste partager avec vous ces quelques mots, aussi vains, absurdes et dérisoires soient-ils. 

 

Ô jeunesse dyslexique

 

Repose-moi, ô jeunesse dyslexique

Range-moi, je ne suis pas pour toi

 

Desserre tes doigts

Ton pouce est tout blanc, regarde

Il devrait être encore si vert

 

Desserre ta main

Ma poignée ne connaît ni politesse ni sympathie

 

Desserre tes dents

 

Et parle, parle fort

Crie si tu veux

Mais parle

Et parle encore

 

Repose-toi, ô jeunesse dyslexique

Range-toi, je ne suis pas pour toi

 

On te presse

On t’oppresse

On compresse tes maux

 

Et la voix

Et l’écrit

 

A l’épreuve finale

 

Hurle, rage, prie

Danse avec les étoiles

Et respire

Et respecte la vie

 

Repose-toi, ô jeunesse dyslexique

Range-moi, je ne suis pas pour toi

 

Prends ton temps

Relis bien la consigne

Choisis le pied de la bonne lettre

 

Et lâche ma main

Relâche ta main

 

Comprends le sujet

 

Tu n’es pas personne

Tu es une personne

Il ne s’agit pas de lame profonde

Mais de profondeur de l’âme

 

Repose-moi, ô jeunesse dyslexique

Range-toi, je ne suis pas pour toi

 

Hier, ils étaient l’armée

Nous l’alarme

Et la marée

 

Aujourd’hui ils sont larmes

Toi l’arme

 

Moi, la lame sans l’âme

 

Demain n’existe pas

Pas tant que ta main reste sur moi

Demain n’existe que dans ces paumes que tu tourneras vers les autres, le monde

Et le meilleur de toi

 

Repose-moi, ô jeunesse dyslexique

Range-moi, je ne suis pas pour toi

 

Photopoésir | Plaisir d'écrire | poésie | y'a que ça de vrai ! | 04.01.2016 - 15 h 20 | 3 COMMENTAIRES
Inauguration et voeux

Ça y est. 2015 s’archive. 2016 s’inaugure. Et pour quelques jours, on a l’impression de voir très clairement se dérouler devant nous les joies et les douleurs passées, l’intensité des instants présents et les promesses d’un avenir d’espoirs et de résolutions. La ligne du temps devient presque matière palpable…

C’est un phénomène qui me surprend chaque année, cette valeur accordée au cycle, ce pouvoir régénérateur de l’an nouveau et ces célébrations interminables du temps qui passe et qui nous mène inéluctablement vers… Les vers ! 😀 😀 😀

Je profite de la période pour joindre mes voeux à ceux déjà exprimés : les peines, les souffrances, les pépins, les malheurs, les déceptions, les horreurs et autres guignes en tous genres ont, inéluctablement, tendance à parasiter notre quotidien. Alors je vous souhaite de vivre en 2016 plus d’amour, de passion, de délires légers, de joies profondes, de tendresses indécentes, de sensualités débridées, d’amitiés renversantes, de bonheurs simples et de rêves concrétisés qu’il n’en faut pour étouffer dans l’oeuf la plus infime négativité qui tenterait de vous atteindre !

Bref, je vous souhaite d’être heureux-se, quoi !

Et comme il était question de « vers », un peu plus haut, et que je ne peux décemment pas vous inviter tous à une Yaggantesque partie de pêche, permettez-moi néanmoins de partager ceux-là avec vous :

 

INAUGURATION

 

Et veille la douceur au visage terrestre

Premier

Vierge de douleur

Pourtant creusé de tous les reliefs, réels et incréés

Et toile au fond l’araignée du devoir

L’Ariane en bannière, affiliée aux lumières de demain

– Un flocon pour patron, l’ouvrière se surpasse –

L’art se mandibule et explose

Et rouille la sève ambitieuse

Son goût métallique sublime la gastronomie génésique de mon monde

Eclosion en suspens au pistil de l’inaccompli

L’art est né à l’imparfait

Indéniablement

 

Autrefois, l’art régnait en mètres, carrés de velours, volutes de soi, (r)accommodant deux filles en aiguilles acérées. Ailleurs, l’art obéissait aux règles de lego – architecture de plastique, esthétique en carton – et dégénérait d’artifice en are qui fâche. Le tribut trop lourd à payer, l’attribut se dispersait au détriment du sujet.

Pastisser n’est pas tisser. Tes doigts le savent, les miens l’apprennent.

De ton développé de soie, les moires charment et désarment ma mémoire, et reforment, affranchis de leurs échardes, mes contours que tes mains ceignent.

Ton sang ne fait pas qu’un tour, il palpite en mes veines dans l’harmonie des goûts et des douleurs, le mariage magmatique de nos horoscopes, la naissance inouïe de ce qui n’avait jamais su être.

S’entendre ne suffit pas. Partager un monde de vrai et de sens ne suffit pas. Il fallait trouver celle dont l’art et la matière d’être Elle se déploie aux airs de ma chair, s’épanouit au plus sauvage de ma nature.

 

Tu es l’art d’être et m’en fais don

L’œuvre s’accomplit

Millénaire

Inédite.

 

à ma belle résolution...

à ma belle résolution…

 

NB : Pour ceux et celles qui auront eu le goût de lire jusqu’au bout, je ferai remarquer que je suis restée très sobre dans mes voeux, cette année. Je n’ai, par exemple, pas prétendu prendre la bonne résolution d’écrire plus vite la suite de mes nouvelles érotiques… qui se font de plus en plus rares, j’en conviens. Pourquoi s’engager à faire quelque chose que l’on ne pourra sans doute pas tenir ? Seuls les politiciens y prennent un certain plaisir ! 😉

Toutefois, ma sobriété s’est opérée au détriment d’un point essentiel à mes yeux.

Je présente tous mes voeux de longévité et de créativité @Yagg et sa Yaggteam, et j’encourage tous les lecteurs, réguliers (ou non) de ce blog, à sauter le pas en 2016 : abonnez-vous à Yagg ! C’est viral, c’est génial… et c’est vital !!!

à la femme de ma vie | l'amour comme on ne l'a jamais lu mais comme on le vit tous les jours | Photopoésir | poésie | 25.01.2015 - 16 h 47 | 19 COMMENTAIRES
Je rentre chez toi

Quelques mots d’introduction sont nécessaires ici. Pour celles et ceux qui attendent l’épisode 10 de la nouvelle en cours, ne vous inquiétez pas, il est prévu,  je m’y remets dès cette semaine. Vous l’aurez sans doute pour le week-end prochain. 😉 😀

En ce qui concerne la publication du jour… Je sais que j’ai déjà proposé des choses assez personnelles sur ce blog, des réflexions, des anecdotes, des poèmes… Ici, il s’agit aussi d’un poème. Mais j’avoue ne jamais avoir rien écrit ni partagé de plus sincère, nu, et intime que ces lignes-là. Ces mots étaient nécessaires aujourd’hui, ils sont enfin posés. Ils n’atténuent en rien la violence des sentiments qui les ont fait naître et pourtant, ils libèrent en partie ce souffle que je cherche, qui me manque depuis des semaines. Peut-être comprendrez-vous. Peut-être trouveront-ils un écho chez vous aussi. Comme il s’agit de poésie, je n’ai ni scrupule ni fausse pudeur à partager cela avec vous.

Je vous souhaite une bonne et belle fin de week-end, et tout pareil pour la semaine à venir !

Je rentre chez toi

Je rentre chez toi et, avant même que la porte ne s’ouvre, je sais que je vais être transportée. Un pas dans tes odeurs et c’est l’Italie de mon enfance que j’embrasse dans la chaleur familière de ta procuration. Bergère de mes papilles, Marianne de ma mémoire, tu révolutionnes les chemins de la félicité, casserole au poing. Le monde se tait : il entend que je suis chez moi.

Je rentre chez toi comme on s’explore, comme on apprend à s’aimer. Ce qu’il y a de bon et beau en moi, c’est ton héritage, ton visage, ma lumière. A la porte qui grince à peine, tu souris. Tu m’as pressentie plus qu’une mère ne l’aurait pu. Les béances de ton sourire, de tes bras, de ton cœur, me comblent autant que je les rassasie. Le monde n’existe pas : mon monde, c’est toi.

Je rentre chez toi pour respirer. Toi seule sais les secrets de l’air. Il est plus libre et pur au sein de ton foyer que sous n’importe quelle latitude. L’espace n’est que vide si tu ne l’habites pas. L’immensité se cache aux replis de ta robe, Dame Nature ne sublime que par tes conseils : tu es la voix, l’origine, le don. Le monde ne mesure pas sa chance : il te porte, ignorant que tu l’élèves.

Je rentre chez toi comme je suis née, innocente, vulnérable. Mon refuge m’attend au creux de tes caresses. Les nœuds de tes doigts, leur tendre rudesse, l’atmosphère douce et forte de tes paumes sur mes joues, dans mes cheveux, m’immergent dans cette transe que tes chants d’ailleurs et de jadis vibrent sourdement. Le monde ne tourne pas : il danse à ton rythme.

Je rentre chez toi et, sans question ni condition, sans révérence ni préliminaire, je jouis de la générosité de mon existence. Tu es celle qui rassemble, qui nourrit, qui enseigne. Je te suis, te dois et te reviens. De toi à moi, il n’y a pas d’écho mais une continuité : horizontale dans nos poèmes, verticale par le sang, parabolique. Le monde n’a pas de limite : tu es infinie.

Je rentre chez moi.

Je viens de te rendre visite et j’en suis morte. Ils disent que ta santé va mieux, qu’ils peuvent stabiliser ton diabète, calmer tes douleurs. Ils ne voient pas. Ils ne savent rien. Ils ne te connaîtront jamais. Pour eux, tu es ce corps malade, analphabète et décharné, aux prises avec la sénilité muette d’un Chronos en bout de course. Ils ignorent tes démons, tes pleurs, tes cris. Ils anesthésient, camouflent, entretiennent. A aucun moment ils ne mesureront la valeur de ton âme.

Je rentre chez moi.

Je n’arrive plus à regarder le vide dans tes yeux, le vide puis cette folie braillarde qui s’empare de toi et imprègne le monde autour. La bave aux lèvres, les doigts noués autour de cette corde invisible qui t’entraîne dans l’au-delà, tu implores. Tes seuls éclairs de lucidité hurlent un hymne à la mort que je ne peux entendre. Tu es déjà partie. Le monde est perdu, son balancier s’est brisé, l’équilibre est rompu. Le monde est orphelin. Je pleure.

Je rentre chez moi.

Tu es là. Toujours.

à ma grand-mère

100% manuel ! | corps de femme | Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | Du jamais lu ! | éducation libéro-sexuelle | histoire érotique lesbienne | Homosexualité et éducation | Nouvelle érotique lesbienne | poésie | y'a que ça de vrai ! | 21.01.2015 - 13 h 31 | 16 COMMENTAIRES
APPRENDS-MOI… (Ep. 9)

Puisqu’elle était lancée, voilà enfin LA scène que tout le monde attendait, livrée par @dwarfy en personne ! Je vous laisse profiter de la poésie de l’instant et vous souhaite une bonne lecture !

– Votre humble Pucedepoesir –

(previously)

C’est un vertige qui nous étreint : celui de l’intimité offerte, enfin. 

Dans le creux d’une vague, lorsque nos bouches impétueuses se ferment au ressac des langues complices, je respire à sa source le souffle qu’elle expire, alizé grisant et capiteux… je manque de défaillir et il me semble que l’azur azur se déverse et inonde chaque recoin de mon espace crânien… aussi, chaque neurone s’enivre, explose et se soumet à cette prise de possession aérienne.

Je suis obligée de me retirer, de poser doucement mon front contre le sien… ma poitrine s’est évasée et palpite. Tandis que je me remets un instant de ce fougueux dialogue, Violette s’empresse de voguer sur mon visage : ses lèvres brûlantes déposent de tendres baisers… joue… œil… tempe… front… pommette… œil … joue… mais elle ne résiste pas et, presque imperceptiblement, vient me trouver dans l’obscurité des yeux fermés, en survolant mes lèvres entrouvertes.

C’est un voile d’une extrême légèreté qui vient me recouvrir toute entière. Je capitule et ne sais plus qui je suis, où je suis, où mon corps s’arrête et où le sien commence… Nous avons disparu, évaporées, loin derrière les sensations qui nous assiègent. J’entrouvre les yeux et lui souris. Elle me répond par un sourire franc et paisible. Et pour ne faire plus qu’une, nous nous étreignons fort. Nos têtes reposent sur l’épaule de l’autre. Ses cheveux chatouillent le bord de mon visage émotif. Instinctivement, nos corps se sont mêlés et je sens mon bassin, mes cuisses, mes genoux chercher son contact.

Pourtant, je m’éloigne lentement, la regarde… L’envie irrépressible de sentir sa peau, de la goûter m’arrache à cette trêve béate. Je décide alors de me lancer à la conquête de son corps en alerte, prêt à accueillir mes explorations. C’est sa mèche que je commence par repousser du revers de la main. Mes doigts s’infiltrent dans ses cheveux soyeux et sillonnent cet univers éthéré. Sa nuque se raidit sous mes caresses et je trébuche sur ses clavicules avant de m’aventurer sur sa poitrine. Elle porte un décolleté prononcé qui m’impose et m’oppose néanmoins la frontière de sa pudeur.

Je voyage alors dans cet univers galbé et sous les encouragements de ses soupirs, j’empiète sur cette terre satinée et sacrée en passant le bout des doigts sous le tissu résistant. Prise de convulsions, elle me serre contre elle. Nos bouches se retrouvent et entament une nouvelle fois leur débat complice. Ses mains m’enserrent le visage et soudain, elle me tend son cou et gémit. Mes lèvres vagabondent et se laissent attirer par le trésor qui orne sa poitrine, ce fameux grain de beauté qui avait déjà attiré mon attention.

Je ne peux plus supporter le tissu auquel mes lèvres font face. Comme dans une valse ordonnée, elle retire rapidement cet obstacle et, en renversant sa tête en arrière, s’abandonne à mes pressions tépides et charnues. Je m’égare inconsciemment sur ce continent de douceur, enfin découvert.

Revenue à elle, elle tire sur ma chemise et son œil malicieux me prévient d’une incursion imminente. Un à un, elle déboutonne les verrous qui renferment mon cœur affolé. Comme pour dissiper un brouillard dense, elle balaie de ses deux mains le coton rayé. Elle pose son empreinte sur mes seins. Un silence immobile tournoie autour de nous. Un de ces silences qui avertit de l’orage à venir.

La chemise glisse le long de mes épaules qu’elle effleure et presse. Tout à coup, elle me prend par la main et m’entraîne dans le couloir sombre où elle demeurait il y a encore quelques instants ou bien il y a une éternité. Déboussolée, je la retiens et la plaque contre la surface froide de ce tunnel ténébreux : « Attends… ». Pas le temps d’hésiter, elle me repousse et me pivote… Aaah ! Un froid terrible et pénétrant s’empare de mon dos. « Attendre quoi ? me rétorque-t-elle, je te veux. »

Ce souffle dans le creux de mon oreille me fait chanceler. Elle le sent et maintient fermement nos mains enlacées. Commence alors une tempête impétueuse, une collision houleuse… et je ne peux qu’abandonner ce flottement prohibé. Définitivement, je renonce à toute forme d’entendement. Elle ondule son buste dénudé sur le mien et convertit ma rigidité à sa souplesse. Dans une osmose sans concession, elle me conduit dans sa chambre, éclairée par une lampe à sel. L’atmosphère embrasée de la pièce projette ce que nos sens transpirent.

Lorsque nous heurtons le bord du lit, nous nous renversons d’un commun accord. Notre tornade file sur l’océan safran des draps et mon corps, métamorphosé en chaloupe, recueille sa gravité. Nos jambes s’entrecroisent et souffrent l’épaisseur du jean. Au loin, nos baisers tumultueux troublent la sérénité du lieu : nous voguons sur les flots blanchissants… sur les vagues déchaînées du désir.

Dans la tourmente de nos caresses, je sens une chaleur terrible se propager entre nos cuisses volubiles. Violette, transie, m’agrippe et se jette en arrière. Je la dévore de baisers en bravant des rafales plaintives. Ivre, ma main s’achemine au gré des vents ardents vers sa ceinture. Débouclée. Mes doigts s’attachent alors à apprivoiser les serrures de sa toile marine, qui abdiquent en un instant. J’ose rompre cette fusion thermique, me relève et libère ses jambes magnifiques de l’écorce rugueuse qui les recouvrait. Je répète la manœuvre et me dévoile devant ses regards lumineux.

Nous voilà presque nues, telles des offrandes réciproques et la douceur de sa peau m’emporte dans un monde séraphique. Mélodie extatique de deux épidermes qui s’entretiennent et se passionnent.

Une accalmie s’empare de nous, débarrassées des carcans et légères comme des cirrus voilés. Contrairement aux ennuis maritimes, nos corps flottent et tanguent sur les ondes chatoyantes. Je me suis allongée près d’elle, versée sur son visage, la tête accoudée. D’un mouvement de bassin, elle se colle contre moi et nous ne formons plus qu’un détroit aux roches mouvantes.

Nous partons en exploration de ces territoires vierges. Les falaises escarpées de nos épaules roulent et s’enroulent. Je veux apprivoiser chaque centimètre de sa peau qui se crêpe et se fronce et bourgeonne sous mes doigts prévenants. Brûlants. Elle s’amuse à tracer des lignes et des arabesques sur ma poitrine et finit par dégager lentement la bretelle brodée qui menotte l’accès à mes seins.

Cette libération m’émeut et je veux aussi délivrer son épaule de ce joug et de tous les autres jougs qui me séparent de sa peau enivrante. D’un claquement de doigts l’accroche s’incline cataclysmique : ses chairs respirent et se détendent. Ma main s’entête et, sans que je ne puisse encore baisser mes regards courtois et discrets, ôte la matière superflue. C’en est trop ! J’explose à la vue de ces boutons roses qui fleurissent sous mes yeux. Il me semble qu’un arôme argenté brille dans le fond de mes narines… Je cède à mes pulsions et me loge au creux de ces monts merveilleux.

Une frénésie incontrôlable m’emporte et s’alimente lorsque Violette laisse échapper quelques sons indistincts au milieu des expirations de plus en plus prononcées. Elle passe ses mains entre mes cheveux et insensiblement me guide sur son plexus, puis sur son ventre que je découvre comme l’on découvre un continent inconnu. Bien sûr qu’elle veut que je poursuive cette descente infernale dans les braises de son désir palpable… mais il est trop tôt.

Je ne m’autorise pas encore le chemin qui mène à ses ruisselantes richesses. Je veux inspecter et prospecter l’étendue de son dos longuement capturé par mes doigts dilatés… Alors qu’elle croit enfin obtenir satisfaction, je la chavire, l’accoste et la domine… Ô merveille hâlée ! Ses omoplates tigrées resplendissent et sa taille subtilement marquée appelle mes baisers.

Je ne peux m’empêcher de griffer amoureusement son dos jusqu’à ses fesses tendres et rebondies. Très rapidement, j’ôte le peu de dentelles qui maquille ma poitrine et fond sur ma proie aux aguets. Je m’arrête à quelques millimètres de sa peau et l’effleure du bout des seins, durcis par l’excitation. Elle pousse un gémissement et serre mes mains enfin prisonnières des siennes. Je sens son bassin bouillonner sous mes cuisses… déflagration instantanée.

Comme répondant à l’appel, mon bassin, tel un balancier, s’ébranle et oscille. Mon sexe gorgé se laisse bercer sous les notes mélodiques de nos corps symbiotiques. Perte de connaissance… hypnose… la pièce tourbillonne autour de nous tandis que monte en moi un chant symphonique. Essoufflée, je me laisse glisser sur le lit.

C’est alors que Violette se dresse et m’habille de baisers mêlés de morsures. Corps vaporeux… poitrines frémissantes… extrémités inquisitrices… tout en ondulant, elle se faufile entre mes courbes et s’engage près du foyer fiévreux et rutilant. Mes membres contractés ne peuvent plus se retenir de rebondir sur les salves du plaisir. C’est à mon tour de tenir du bout des doigts la tête de Violette qui charme l’intérieur de mes cuisses échauffées.

Lorsqu’elle approche son visage, je sens, à travers le tissu tendu, son souffle chaud et humide. Ses lèvres se posent sur mon pubis accueillant, pincent délicatement ma peau encore défendue et s’amusent avec les frontières qui lui sont soumises. Tout à coup, un air frais me saisit : elle a soulevé et repoussé le treillage fin et contemple mon intimité émue. Lorsque nos lèvres se rencontrent pour la première fois, j’ai l’impression qu’elle susurre une formule enchanteresse et que tout mon être s’abandonne à ses ensorcellements.

Je suis otage de ces succions, otage de sa langue impétueuse et infiniment tendre, otage de sa langue qui extravague méthodique dans le chaos de mes sensations. Imperturbable, elle poursuit son œuvre tandis que j’implose, le souffle saccadé, la tête ballottée par les spasmes d’une poitrine sur le point de se déchirer. Mes orteils tyrannisés par des crampes sourdes tentent de résister à toutes les braises nerveuses qui se dispersent dans mon corps et me consument.

Soudain… éclat… débordement… convulsion… commotion… et cette larme qui coule le long de ma joue enluminée. Après ce séisme luminescent, un à un mes muscles s’apaisent et s’oxygènent tandis que Violette me retrouve et me recouvre de tout son être aux abois.

Loin de me perdre de vue dans ces nuées orgiaques, elle ne me laisse pas une seconde de répit et m’embrasse fougueusement… « J’ai aimé ton sexe… J’ai aimé tes cris et tes mots… J’ai aimé tes tremblements… Maëlle… » Sa voix me rappelle à la vie et encore engourdie, je la prends dans mes bras et la serre autant que je le peux, vidée de toute force. Nous restons un moment immobiles, comme si nous avions trouvé dans l’imbrication savante de nos corps satisfaits, l’empreinte que nous voulions laisser de nous au monde. Mais rapidement, je sens ma cuisse devenir le réceptacle sacré de son désir liquoreux. Je succombe alors à cette impérieuse invitation.

Après de doux effleurements le long de ses bras, de sa taille, de son ventre… mes doigts flirtent avec la naissance de ses seins, mes paumes tentent d’apposer leur empire sur ses pommes caramélisées… mais ma bouche ne résiste pas à l’envie de captiver l’île sauvage qui se dresse, inconstante, sous les vents du midi. Ivresse marine… et le courant m’emporte sur l’océan de ces chairs délicieuses.

Voyage insouciant vers cette faille cryptée où se distille un Opium savamment concocté… Impatiemment, j’arrache ses poèmes arachnéens et affronte le pistil qui perle. Cupide, elle tord les draps qui craquent… Non… elle ne me sent pas encore mais me devine face à la clé de voûte, déterminée et contemplative.

« Maëlle… », supplie-t-elle. Conquise, je finis par me soumettre. Je respire ses pétales gonflés et converse dans une langue lunaire avec ses palpitations embaumées. Son bijou devient le centre créatif d’une orfèvre inspirée… et dans un envoutement savoureux, je me perds dans les labyrinthes de son plaisir… Elle gémit, animale. Et ses cuisses indociles se contractent, ses fesses fébriles tremblent… à peine ai-je abordé l’antre inondé, qu’elle explose en Echinopsis Mirabilis*.

Le ciel nocturne s’est fendu sous son cri volcanique, Violette.

*Echinopsis Mirabilis

*Echinopsis Mirabilis

(la suite ici)

Photo de couverture : Man Ray.

Photopoésir | poésie | 18.09.2013 - 20 h 27 | 11 COMMENTAIRES
Poésir

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Sous une lune d’absinthe, la nuit ne paonne pas.

Elle se terre à l’ombre des erreurs

Foulant le sable émouvant de l’aube

Feulant l’écrit et le su en murmures ébauchés.

Elle temporise.

 

Depuis quelques vers, je ne l’habite plus.

Ecartés ses recoins familiers

Délaissé l’écrin maternel de Ténèbre

J’élague l’ombilic à mesure de mes peurs

Et outrepasse mes froids en gelure caustique :

L’affranchissement croûte.

 

Sans suture, je goûte l’aléa

M’évidant par-ci, me gorgeant par-là

Je croîs, je gagne de nouveaux mystères

Des zéniths curieux que je perquisitionne

Avide de ressources.

 

Je fends l’oreille et m’ouvre en fin d’initiation :

Le là n’est point séant se tenant ailleurs

Où je figure, sans visage mais incarnée

En peau et zirconium confondus.

 

Parée de mots et d’accords

Je veux naître encore et encore de furie et démesure

Jusqu’à dire ce qui doit l’Être

Et avouer mon nom au silence

Dans la confidence du météore.

 

Un pas derrière un peut-être

J’avance vers le sûr et certain

Auquel je ne m’abandonnerai jamais

Je laisse mon chemin au soc du Hasard

Ce dur en besogne,

Et je profite du voyage.

 

Le sillon me creuse, mon temps ne fait qu’un tour

Et bientôt mes rides d’impression

Combleront mon vacuum épidermique

En prétextes anecdotiques.

 

Nul besoin d’aventure pour Vivre :

L’extraordinaire se redéfinit sans cesse

Puisque l’ordinaire et le normal ne sont que chimères sociétaires.

 

Fluides, les sens coulent

Encens épais et danse l’encre du dire :

En poésie on ne dit pas, on s’écrie,

On chante, on nomme, on témoigne,

Et l’on avoue ce que nos nuits

Dans l’obscurité introspective

Nous dérobent, nous, masques fuligineux

Et l’on tait aussi car les voiles sont précieux

Pour gagner les frontières du Verbe

Fort des vents contraires.

 

Il n’y a jamais eu d’avant Poésie

Mais une conscience affleure

Et à cris poussés dans ses retranchements de papiers

Dans la grasse peau éthique

Je suis devenue.

 

Je deviens encore et je la demeure

Comme elle me hante

Sans hâte ni abandon

Un échange consenti qui pulse mon électroencéphalogramme

Là, un pic poétique fait mentir les statistiques

Ici, le blanc paginal quand le vide nécessaire me déborde.

 

Contrainte médicale, j’avalise sans départ

La rivée des mots en péchés

Je les suce religieusement

Sans en altérer les saveurs

Le but étant de les rendre ensalivés et poisseux de mon goût pour eux

Et quand ils s’agglomèrent en barre céréalière

Je prie pour qu’ils soient digestes.

 

J’exergue et prédis l’Etre et le Poésir.

 

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photo | Photopoésir | poésie | 06.08.2013 - 19 h 36 | 10 COMMENTAIRES
Champ du consentement (Faim du paradoxe)

Champ du consentement

(Faim du paradoxe)

S’écrire dans le possible, non dans la détermination, car toute volonté est œillère au champ de demain.

Pressentir le potentiel pour ne pas s’exclure, c’est là une forme authentique du destin, celui que l’on épouse dans la lumière, sous le regard bienveillant de l’univers qui consent. Pour ce faire, sortir du cirque, monter à cru et s’élever aux battements irréguliers de la folie, celle qui ne s’absout pas mais qui se permet en silence à l’heure des plénitudes.

Son zénith n’éblouit pas. Il submerge de douceur et triomphe de délicatesse. L’éclipse se peut : sa latitude s’essaime au labour de celui qui cherche sa révélation. Elle éclora dans la patience de l’acceptation de soi.

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Je ne me connaissais pas. Depuis toujours, je me cherchais aux horizons des uns, aux croisements des autres. Lasse, j’ai décidé de me rencontrer de face, affronter l’ego, remonter aux sources vives de la Mémoire Intime. De miroirs en monologues, de méditations en introspections, de cadavres en trésors, j’ai voulu exhumer l’émoi de ce peu d’être que je suis, de ce Tout que je peux être.

Escaladées les falaises de ma médiocrité, j’en ai perdu le vertige. Du haut de ce moi éventuel, culminant au toit du beau, du bon et du meilleur, j’ai mesuré l’étendue de ma méprise.

La solitude est un mirage auquel on s’accroche pour ne pas se noyer dans la nécessité de l’autre. Ma vérité est là où j’accepte mon interdépendance avec le monde. Sans servitude, sans compromis. Seule, je ne suis même pas. A peine quelques bribes peu crédibles de masques élimés que j’ai pris l’habitude de porter.

Avec, dans, par l’autre, je ne me nie pas. J’apprends à être l’humain dans sa dimension exponentielle, charnelle et spirituelle.

Maintenant, le voyage est ouvert. Mes violences se sont tues, muées en force mobile, ascensionnelle.

Maintenant, je suis unie et réceptive, libre d’explorer les possibles, intrépide.

Maintenant, je ne t’attends plus. Je viens vers toi.

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De nos peaux-cibles, je vise l’étoile du présent alors que tu fragmentes l’avenir en souvenirs lunaires.

Tu ne te connais pas. Depuis longtemps tu te cherches aux croisements des uns, aux horizons des autres. Lasse, tu as décidé de te rencontrer au reflet non-épargné de ta solitude…

Bon voyage, ma sœur

 

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Michel Cabaud comp

photo | Photopoésir | poésie | 26.05.2013 - 10 h 44 | 8 COMMENTAIRES
Socle en cime

Parce que certains lieux nous animent plus qu’on ne les habite

Saturée de la nausée de soi Des autres Ne reste que le retour

Saturée de la nausée de soi
Des autres
Ne reste que le retour

Terre du Vrai Relief des promesses entretenues Serties aux rocs de mes origines Je reviens vers toi comme on souffre Hébétée Fœtale Effrayée d’un souffle, d’un mot, d’un peut-être Et tu me recueilles en vers libres

Terre du Vrai
Relief des promesses entretenues
Serties aux rocs de mes origines
Je reviens vers toi comme on souffre
Hébétée
Fœtale
Effrayée d’un souffle, d’un mot, d’un peut-être
Et tu me recueilles en vers libres

Lovée au sein de ton poème Je tète mes souvenirs en trinquant à ces lendemains perdus dont ton atmosphère étouffe le regret

Lovée au sein de ton poème
Je tète mes souvenirs en trinquant à ces lendemains perdus dont ton atmosphère étouffe le regret

Contre mes larmes amères, tes torrents, tes rivières Contre la béance de mes blessures, tes sourires calcaires Contre mes sanglots irritants, les chants volatiles de tes hôtes Contre l’invariable noirceur de mes pensées, les nuances multicolores de ton paysage Contre cet immobilisme exaspérant, les vagues indisciplinées du vent dans tes branches, la vie instinctive, primaire, animale qui te grouille

Contre mes larmes amères, tes torrents, tes rivières
Contre la béance de mes blessures, tes sourires calcaires
Contre mes sanglots irritants, les chants volatiles de tes hôtes
Contre l’invariable noirceur de mes pensées, les nuances multicolores de ton paysage
Contre cet immobilisme exaspérant, les vagues indisciplinées du vent dans tes branches, la vie instinctive, primaire, animale qui te grouille

Tu t’offres toujours Je te prends encore Rechaussant tes racines Etreignant tes sommets Investissant tes dehors

Tu t’offres toujours
Je te prends encore
Rechaussant tes racines
Etreignant tes sommets
Investissant tes dehors

Nous savoir au diapason d’un présent que tu ne me refuseras jamais Là est ma liberté

Nous savoir au diapason d’un présent que tu ne me refuseras jamais
Là est ma liberté

Ivresse de l’Itaque à nouveau foulée Je râle mon plaisir à tes échos Renifle les printemps de ta nuque Souris à l’humble refrain de ton crépuscule Et m’endors enfin d’un sommeil sans précipice puisque tes bras me réservent la certitude de l’aube

Ivresse de l’Itaque à nouveau foulée
Je râle mon plaisir à tes échos
Renifle les printemps de ta nuque
Souris à l’humble refrain de ton crépuscule
Et m’endors enfin d’un sommeil sans précipice puisque tes bras me réservent la certitude de l’aube

corps de femme | Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | photo | Photopoésir | poésie | 26.05.2013 - 09 h 46 | 5 COMMENTAIRES
Insomnie en Galatée majeure

 

Nuit

Yeux clos

Méditation non-préméditée

Aveuglante virginité de mon écran mental

Immobilité muette et frémissante

Annonçant l’imminence

Ta genèse

 

 

Au commencement était mon fantasme

 

Comme on trousse ses émotions, j’exhume les crayons de ma mémoire

Tout est là

Comatant sous mes paupières

Palpitant faiblement en prison de côtes, en berceau de chairs

– mon corps, ton rythme –

Jusqu’au premier mouvement

Ta libération

 

Tu m’arraches, ivre d’exister, le premier trait

 

En murmures, tu m’insuffles tes courbes inspirées

...

Ici, le fascinant relief de tes seins

Là, la rondeur insolente d’une épaule

Autour, l’indéchiffrable mystère de ta chevelure

Et partout, partout ta peau

Matrice à la géographie inimitée

Veloutée, euphorisante

 

D’esquisse carbonique en mine sanguine, je te profile et t’envisage dans la frénésie insoumise du génie

– Folie ou débordement imaginaire –

Je m’exorcise mentalement de l’obsession de tes contours, des caresses hypnotiques de ta voix, de l’espoir préméditant tes gestes, et te modèle

Tu me possèdes jusqu’à ce que je t’anime, enfin

 

Toi, incarnation imperfectible de mes désirs

Si présente, si entière

Ephémère

 

A vouloir te sentir je te perds aussi intensément que je t’ai crée

 

 

Insomnie

Paupières béantes

Nouvelle morsure du réel

Une seconde artiste comblée par son chef d’œuvre

La suivante, inutile et solitaire

N’avoir été que la page

De ton message

...

autoportrait | critique | D-libérations | éducation libéro-sexuelle | Homosexualité et éducation | Itws & anecdotes | Non classé | poésie | 12.12.2012 - 08 h 48 | 15 COMMENTAIRES
Le Romantisme, du mythe au fast-food… La bonne blague !

Quand les chien nous surpassent au paroxisme du cliché romantique…

 

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, quand j’étais petite, j’étais bercée d’images et de récits romantiques. J’avalais du Disney, du Grimm, du Perrault, du Andersen, je nourrissais mon esprit et mon coeur de galanteries, de bienveillances, d’intentions pures et nobles. J’imaginais l’Amour et l’être aimé comme un don précieux qu’il fallait chérir, protéger, choyer comme le faisaient tous ces beaux Princes et valeureux clochards amoureux, et comme le faisaient aussi à leurs façons maniérées et pleines de minauderies ces demoiselles tant convoitées.

Aussi, sans surprise, j’ai grandi dans cet univers de romantisme éloquent. Certes, je n’ai pas attendu le Prince Charmant, je me suis plutôt identifiée à lui et me suis mise en quête de ma Princesse… mais au fond de moi, je suis aussi une Princesse qui a besoin d’être savamment courtisée… Ah les lesbiennes, c’est compliqué !!!

Toujours est-il que voilà. J’avoue, je ne sais aimer que de manière romantique. Pourquoi est-ce que cet aveu me coûte tant ? Parce que visiblement  aujourd’hui, être romantique on ne trouve plus ça normal ou noble… on trouve ça DRÔLE !!! Ou pire que tout : « Trop mimi » (ce qui est encore plus affligeant que drôle, vous en conviendrez). J’ai envie de dire STOP. STOP à la « ridiculisation » du romantisme. Laissez-nous être fleur bleue ! Laissez-nous aimer vous offrir une fleur, veiller à couvrir vos épaules quand vous êtes parcourues d’un frisson, préparer un dîner aux chandelles de temps en temps, vous enlever pour un week-end en amoureuses, vous inviter solennellement à danser sur votre chanson préférée, prendre le temps de vous faire plaisir aussi souvent que possible… laissez-nous faire preuve d’attentions et de galanteries sans glousser ou nous jeter votre regard qui dit « Merci mais quand même, t’as vu comme t’es ridiculement romantique !?! »

Bref, si je vous dis tout cela c’est parce que bien sûr j’ai vécu ces humiliantes situations, et pire que tout, je sais que je les vivrai encore. Mais récemment, j’ai été confrontée au fossé des générations et là, j’ai compris.

Prenons une oeuvre romantique par excellence : Jane Eyre (la gouvernante qui tombe amoureuse du maître de maison, amour réciproque mais impossible, histoire qui finit bien). Faites lire ce chef d’oeuvre à une classe de 4ème et demandez-leur, à mi-chemin, d’écrire une scène romantique entre Jane et M. Rochester et vous obtiendrez un truc de ce genre :

Ils sont à table. Jane a faim parce qu’elle a travaillé toute la journée, mais pas M. Rochester parce que lui c’est le patron et que le patron ça travaille pas. Comme elle a fini son assiette avant lui et qu’elle semble avoir encore faim, il lui laisse finir son BigMac et ses frites, même si lui aussi a encore faim. Elle accepte. A la fin du repas, elle se lève et pour le remercier, elle l’embrasse sur la bouche. Il est content. Demain, il lui laissera peut-être finir sa pizza mais il faudra qu’il mange plus au goûter.

Mes élèves ont de la chance. Eux ils ont déjà compris que le romantisme c’était devenu une bonne blague !

 

érotique | photo | Photopoésir | poésie | 12.03.2012 - 08 h 34 | 7 COMMENTAIRES
J’habite ton silence

J’habite, magnétique, ton silence opportun

 

Investissant ses murmures en maîtresse des lieux

 

Je mue ton mutisme en mon tu

 

– Énigme intime –

 

Et résous la rumeur par nos lèvres en échange

 

De l’écho qui te résonne, je veux être l’impact

 

L’étymologie de ton nom dans sa moins commune démesure

 

Et briser du dedans les évidences impertinentes

 

Libérer tes choix

 

Restaurer l’avenir

 

M’établir comme la trame de ton avènement

 

Être ton avoir et gagner ton être comme on reçoit la vie, sans condition

Intangible, je ne prends corps que pour optimiser le tien

 

Et cette emprise nous révèle une à une

 

Sans autre forme de procession que celle qui nous ébat rieusement

 

Sous des drapés de pudeur chastement enfreinte

 

Nos contrées se fondent sous des perspectives de chair

 

Continuellement chargées et mouvantes

 

De ce flux éclectique de sensations conflictuelles mais complémentaires

Chute consentie de l’appât, rôle muet magistralement interprété

 

L’acte se poursuit dans l’oscillation docile de toi à moi

 

En cadence aléatoire mais vers un même temps

 

Celui qui, si l’anse est solide, nous portera demain

 

J’investis ton silence au prix de mes notes

 

Décriées à la faveur de notre partition.

 

 

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