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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
D-libérations | Itws & anecdotes | Perso | y'a que ça de vrai ! | 23.11.2015 - 13 h 30 | 25 COMMENTAIRES
A l’ombre d’une jeune femme en pleurs *

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Il y a un mois, quasiment jour pour jour, je perdais ma grand-mère. Elle était sans aucun doute, le pilier, le cœur, l’esprit, l’amour inconditionnel de ma vie, l’être fondateur, la mère spirituelle, le rocher dont je ne me séparerai jamais. Il y a un mois, elle mourait, vieille, délirante et seule dans sa maison de retraite. Je n’étais pas si loin, elle n’était pas si seule… mais je n’étais pas là et elle est morte. J’ai toujours su que ce moment arriverait et je savais depuis quelques mois qu’il se rapprochait inexorablement. J’étais convaincue de ne pas survivre à ce jour. Et la meilleure partie de moi a voulu mourir avec elle ce jour-là. J’étais convaincue que la colère m’envahirait, après le déni peut-être… puis cette écrasante et incontournable culpabilité. J’avais peur de ne pas savoir comment pleurer. Mais je n’ai connu que le manque d’elle, acéré par la certitude de son absence définitive. Et cette tristesse déchirante qui vous trempe les yeux, les mouchoirs, les cols et les manches, cette douleur spasmodique, bruyante et lancinante. Mes pleurs, pour la première fois de ma vie, étaient dénués de colère, de peur ou de culpabilité. Ils étaient aussi réels et puissants que mon amour pour elle. Pour la première fois de ma vie, j’ai pleuré vrai. J’ai pleuré d’amour.

Trois semaines plus tard, alors que j’essaie encore de comprendre comment et qui je peux être sans elle et pendant que je mesure la force de son amour et de cette profusion de belles choses qu’elle a su faire naître en moi, des connards lobotomisés décident de semer la terreur et la mort dans une ville qui m’est chère. Comme tout le monde, mes yeux et mes oreilles, incrédules, restent scotchés aux informations qui défilent, létales et nauséabondes. Le temps se suspend. Le tac ne suit plus le tic. Le tac ne peut se faire tant que je ne comprends pas comment concilier dans un même monde autant d’amour et autant de haine. Le tac ne raisonne plus, même si les aiguilles continuent de tourner. Elles tournent en rond dans un monde qui ne tourne pas rond. Quelque part en bruit de fond, les bilans et analyses des reporters. Il fait nuit. L’écran de l’ordinateur zèbre l’obscurité ambiante. Le mur est froid contre mon dos, même à travers le T-shirt. Anesthésiée de stupeur, essayant de me raccrocher à la fraîcheur du mur qui m’assure la réalité paisible de mon foyer, je guette le déni… la colère…

A mes côtés, les draps bruissent et se froissent. Des bras m’enserrent et une tête lourde et humide vient peser sur ma poitrine. Je la caresse, la berce, l’embrasse. Elle pleure. Ma femme pleure et elle pleure vrai. Elle pleure sur le monde, elle pleure ces victimes qu’elle ne connaît pas, elle pleure l’Homme et je l’aime pour ça (aussi). Je sais son amour, le mien, le nôtre et brusquement, c’est comme si j’avais conscience de tous les amours… de tout l’amour qui nous relie tous et toutes.

J’emmerde la colère et la haine. Je les laisse à ceux qui ne savent pas aimer.

Et tac !

Beaucoup ont partagé leurs maux après les attentats du 13 novembre. Chaque post, lettre, poème, image ou témoignage nous pénètre, nous vibre au diapason de notre humanité. On ne sait pas toujours quoi répondre car nos émotions ne savent pas forcément se traduire en mots. Mais on les entend et les partage, y compris sur Yagg. Pour ma part, j’ai été incapable de commenter les textes de @jamesajamaisthor , de @zphyr ou de @judith … Mais je vous ai lus et… merci. 

*référence au titre du volume 2 de La recherche du temps perdu de Marcel Proust : « A l’ombre des jeunes filles en fleurs »

D-libérations | 03.09.2013 - 17 h 45 | 70 COMMENTAIRES
En avoir ou ne pas en avoir, là n’est pas la question

Et pourtant, elles ne sont pas toujours de bon goût... (pour ceux et celles qui seraient intéressés par la... récetiivité gustative testiculaire, je vous renvoie ici)

Et pourtant, ils ne sont pas toujours de bon goût… (pour ceux et celles qui seraient intéressés par la… réceptivité gustative testiculaire, je vous renvoie ici)

 

Voilà plusieurs fois que certains commentaires déchaînent les passions sur Yagg. Des commentaires qui, j’en suis persuadée, ne sont pas postés dans une « intention » sexiste ou misogyne, mais qui immanquablement aggressent nos yeux, lapident nos chairs, et réduisent notre patience à néant.

Je dois confesser que je n’ai pas toujours été de celles que l’expression pouvait offenser, car après tout : « Avoir des couilles » (ou ne pas en avoir), là n’est absolument pas la question quand il s’agit de courage. J’ai toujours trouvé la chose assez répugnante du point de vue de l’image convoquée (eh… oui… désolée messieurs, je suis lesbienne) mais finalement assez drôle quand on y pense… On a depuis longtemps fait tomber la fameuse « bravoure chevaleresque » (masculine, donc) qu’on opposait au caractère faible de la femme dans les romans moyenâgeux… Une littérature qui rappelons-le n’était écrite et lue que par des hommes puisqu’eux seuls avaient accès à l’alphabétisation. Pour nier aujourd’hui le courage des femmes, il faut être sacrément insensible au monde et à son évolution. L’expression en elle-même perd donc toute pertinence pour devenir, au mieux, quelque chose d’assez vulgaire et de drôle dans son décalage sémantique.

« Drôle »… tout le monde ne partage pas ce point de vue.

Pendant longtemps, j’ai moi même usé de cette expression de façon détournée. Je ne pense pas l’avoir dite un jour telle quelle, mais je me suis par exemple souvent vantée de mon « jeu testiculaire » au tarot. Pour moi, cela n’impliquait d’ailleurs pas forcément la notion de courage, mais de bêtise… Parce qu’avec ou sans atout, que mon roi appelé soit fiable ou pas, j’osais, j’osais tout ! Bon… et je perdais beaucoup aussi…

Bref. Ce que je veux dire c’est que je comprends bien qu’il ne s’agit « QUE d’une expression française »… et qu’il ne faut pas hurler au sexisme dès qu’on l’utilise, mais chaque pas, aussi infime soit-il, vers un monde meilleur et dans le respect de l’autre est capital non ?  Alors voyons…

« Avoir des couilles » ou ne pas en avoir, comme cela l’a déjà été dit et bien dit par des yaggeuses en colère, c’est une expression clairement sexiste puisqu’elle implique que les filles qui n’ont pas de testicules sont donc fatalement dépourvues de courage. C’est aussi passablement perturbant pour les trans, et d’une manière générale, c’est totalement inélégant.

Ce post n’a pas pour but d’abolir une expression française dérangeante… ou surtout, il n’en a pas le pouvoir, mais peut-être pouvons-nous faire un parallèle pour mieux comprendre… Pour moi, c’est tout aussi inapproprié que de parler de « sensibilité féminine ». Combien de fois, messieurs, aura-t-on entendu un truc du style « J’ai toujours su qu’il était gay, j’ai tout de suite senti en lui cette… sensibilité féminine » ? Vous, je ne sais pas, mais moi, ça m’énerverait aussi, grave ! Ca veut dire quoi ? Que les femmes sont les seules êtres sensibles ? Que vous n’êtes tous que des brutes ? Ou que les hommes hétéros sont tous des brutes ? Quand on y pense, c’est tout aussi ridicule.

La « sensibilité féminine » n’est pas une expression du même ordre que « avoir des couilles » mais je les trouve toutes deux sexistes et inadéquates. En tant que grande adoratrice de la langue française, je loue ses richesses, je joue de ses rigidités et je me m’insurge contre ses failles. Là, c’en est une.

R'EVOLUTION !!!

R’EVOLUTION !!!

 

D-libérations | 31.03.2013 - 22 h 29 | 7 COMMENTAIRES
Trop, c’est TROP !!!

Trop, c'est TROP !

Trop, c’est TROP !

Voilà des mois que j’y pense, des mois que je ne pense qu’à ça. Trop de douleurs, trop de déconvenues. Être lesbienne, ça craint. On croit qu’être avec une fille c’est plus simple, parce qu’on se comprend mieux, parce qu’on anticipe plus facilement les réactions, parce qu’on est sur une même longueur d’ondes… n’importe quoi !

Deux filles ensemble, c’est le bordel absolu, la prise de tête obligatoire pour ne pas dire systématique. On est tout le temps dans la surinterprétation, tout le temps dans la peur de froisser, de heurter l’hypersensibilité de madame… Être lesbienne c’est atteindre des sommets de complication de vie. C’est être obsédée par les seins, être accro à l’odeur d’une peau, dépendre d’un sourire, ne respirer que par les caresses… Être lesbienne c’est … ça n’est vraiment plus possible.

Je renonce.

Je vire ma cuti, c’est décidé.

Donnez-moi un homme !

 

 

 

 

 

Mouahahahahahaha... oui, je sais, personne n'y a cru.

Mouahahahahahaha…
oui, je sais, personne n’y a cru.

Ca intéresse qui ? | D-libérations | La presse c'est maaaaaal | 12.03.2013 - 10 h 04 | 6 COMMENTAIRES
Schizophrénie médiatique : ça vous intéresse ?

C’est tellement bon que je partage avec vous…

J'arrive pas à me décider.. c'est une mini-vache ou un mini-cheval déguisé ?

J’arrive pas à me décider.. c’est une mini-vache ou un mini-cheval déguisé ?

Ce mois-ci, en couverture du magazine « Ca m’intéresse », on peut lire en gros titre « Oui, on peut encore manger sain ». Le magazine se propose de traiter le sujet des plus sérieusement, comme à son habitude, et ce dans un dossier complet sur une dizaine de pages…

Ceci était donc la première de couverture… Jusqu’ici, tout le monde suit, hein ?

Maintenant, je tourne la page… Et voilà ce que nous dévoile la première double page…

Double... discours ? Dédoublement de... la personnalité ? Big mic-mac ?

Double… discours ?
Dédoublement de… la personnalité ?
Big mic-mac ?

On avouera qu’il y a plus plus heureux comme choix publicitaire… Mais ils sont trop forts à Mc Do !

Peu convaincant pour ma part en tous cas, du coup, en matière de nourriture, je compte plutôt m’orienter vers…

Deux pêchés mignons en un !

Deux pêchés mignons en un !

Et (je m’excuse par avance de ne pas pouvoir m’empêcher de la faire, celle-là…) qu’importe de manger sain tant qu’on peut… manger des seins !!!

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Doucement ! Faut pas tout prendre au pied de la lettre quand même ! Faut faire ça gentiment, hein ? Oui madame, même quand on est en manque !

 

Voilà. Désolée…

D-libérations | 19.02.2013 - 09 h 15 | 13 COMMENTAIRES
VISIBILITE : Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de mon corps ?!

Je ne suis pas folle vous savez...

Je ne suis pas folle vous savez…

 

En cette période de calme après la tempête parlementaire, je cherchais une idée pertinente d’article… sans trouver mon bonheur. Jusqu’à hier soir. Hier soir, je suis allée voir Django avec mon meilleur pote. Et même si le film n’est pas l’objet de cet article, Django, ça déchire ! Fans de Tarantino, ne surtout pas s’abstenir !

Bref, D. et moi, avions décidé de passer la soirée ensemble. Muté depuis le début de l’année à l’autre bout de la France, nous ne nous voyons que pour les vacances, aussi, dès qu’il rentre au bercail, nous sautons sur la moindre occasion de nous retrouver. Normal.

D. est plutôt mignon pour un mec, malgré ses poils et ses oreilles légèrement décollées. Je l’ai connu avant d’être lesbienne (du moins avant de me rendre compte que j’étais lesbienne) et déjà à l’époque, je trouvais qu’il ferait un parti intéressant pour… ma soeur (non parce que quand même… tous ces poils… même à l’époque… beurk) !

D. est hétéro, ou homo qui s’ignore (ça fait des années que je l’emmer… que je l’ennuie avec ça, mais Môssieur fait de la résistance anale). Toujours est-il que, quand nous sommes ensemble, nous sommes très affectueux l’un avec l’autre. Bon, plus moi que lui, j’avoue, mais c’est ma bête à poipoil et je suis son minimachin.

Enfin. Nous sommes donc sortis, hier soir et mon cavalier m’a emmenée au restaurant. Après avoir cherché… d’un air très digne… comment ouvrir la porte du resto (attraper la poignée, tourner la poignée, tirer la porte…), mon galant compagnon s’est effacé pour me laisser entrer la première. A notre arrivée, les têtes se sont tournées vers nous et nous avons eu droit aux sourires chaleureux des personnes déjà attablées.

Quand le serveur s’est présenté, il a tout bien fait dans les règles, offrant à Monsieur la carte des vins et s’enquérant auprès de lui des choix que nous avions, ou non, effectué. Pendant toute la soirée, nous avons eu l’air du parfait petit couple hétéro aux yeux de notre bienveillant serveur et du reste de la salle.

Etrangement, ça me mettait terriblement mal à l’aise. Non pas que je sois mal à l’aise avec D.  mais l’idée que les gens puissent se méprendre m’a profondément énervée. Cependant, à ce stade de la soirée, je n’avais pas encore suffisemment ruminé mes réflexions.

Arrivés au cinéma, j’ai reconnu à la billetterie un ancien camarade de lycée. Un gars que je n’ai pas vu depuis une bonne douzaine d’années donc. Et je ne sais pas s’il m’a reconnue mais… C’est là que j’ai mesuré l’ampleur de ma gêne. Ca m’énervait que ce gars puisse penser que D. et moi étions ensemble, ça m’énervait qu’il me croie hétéro. Stupide, hein ?

Moi qui pensais que la question de la visibilité m’importait peu…

Et je le maintiens, c’est une question qui m’importe peu au final. J’entends par là : peu m’importe qu’on m’identifie comme lesbienne. Le placard, c’était bon tant que je n’avais pas franchi l’étape ultime, celle de l’acte, et par l’acte, l’acceptation (qui pour moi ont été deux actions simultanées). C’est un fait, je suis lesbienne, ça ne me dérange pas qu’on me reconnaisse en tant que telle. Mais ce qui m’a surprise, c’est cette réaction quasi viscérale : être vue comme une hétéro en couple, ça m’agace.

Cette petite minute introspective ne mène peut-être pas à grand chose, mais elle me permet d’affirmer un truc : Django, c’est de la dynamite !

Boum

Boum

D-libérations | 30.01.2013 - 21 h 57 | 8 COMMENTAIRES
Je veux croire en toi, Politique !

On y croit !

On y croit !

Voilà un moment que je n’ai rien publié et l’envie me démange… Un regard en coin à mon tas de copies… Mais la lumière tentatrice qui émane de mon écran me ramène encore et toujours à lui. Ce soir, je délaisse mes obligations professionnelles… Demain, je serai huée. Je devrai prétexter un empêchement quelconque, subir les foudres de mes élèves, mais qu’importe.

Initialement, j’envisageais d’écrire un post sur mes aventures de ce week-end. Des aventures exclusivements communautaires, ce qui ne m’arrive pas si souvent. Un week-end parisien qui se solde par une dédicace Gamienne dans les locaux de Yagg, un apéro des losers (enfin !) et une Manif’ pour l’Egalité des Droits… ça n’est pas rien !

Mais tout compte fait, beaucoup de choses ont déjà été dites ou partagées. Certes, la séance de dédicace, la rencontre avec Gami, Judith, Xavier, Céline-L et les yaggeurs/yaggeuses venu(e)s pour l’occasion aura été une expérience inoubliable ! C’est quelque chose de traîner régulièrement sur Yagg, ç’en est une autre de pénétrer son antre matériel et de croiser des visages, des voix, des rires… Helga/Omelette ?… Certes, l’apéro des losers fut à la hauteur de mes espérances, et là encore, ce fut un plaisir d’être introduite dans ce cercle (qui semble tellement inaccessible) des yaggeurs/yaggeuses de la capitale, surtout pour la petite provinciale que je suis ! Certes, la Manif’ était une réussite et c’était bouleversant de voir que nous étions aussi nombreux et motivés dans les rues ce dimanche, et que le soleil était, contre toute attente, au rendez-vous…

Mais depuis que je suis rentrée, les débats ont commencé et déjà, ça n’est plus le sujet. Depuis deux jours maintenant, on assiste dans l’hémicycle (et en dehors) à des moments historiques pour les LGBT. Et les actes héroïques de chaque manifestant de dimanche sont repris d’une seule voix par des femmes ou des hommes qui nous représentent et qui font que, pour la première fois depuis que je suis née, je veux croire en la politique. Je veux croire que quelque chose de bon peut ressortir de ces heures solennelles.

Alors voilà, je n’ai rien de bien nouveau à partager avec vous aujourd’hui, rien de révolutionnaire, aucun scoop, juste un petit espoir qui ne demande qu’à grandir. Plus que tout, je veux croire dans ce pays qui m’a bercée, que je nourris, dans lequel je suis investie corps et biens (voire corps et âme) de par ma profession mais aussi et surtout pour ces valeurs que j’embrasse : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Et cette loi n’est pas seulement une question d’égalité, c’est tout autant une question de liberté et de fraternité : de liberté car comment pourrait-on se sentir libre d’aimer et de partager cet amour avec la personne qu’on aime si nous n’en avons pas « légalement » le droit ? Et quelle plus belle preuve de fraternité que d’accepter chacun pour ce qu’il est, et non pour ses orientations sexuelles ?

Il faudra sans doute du temps pour faire évoluer les mentalités, mais une chose est sûre, c’est que sans ce projet de loi (et même s’il n’est pas parfait) ce serait encore plus long ! Je viens d’une famille et d’une culture où l’homosexualité est une sorte de crime contre l’humanité. Mais je viens aussi d’une famille aimante. Je conçois (ayant été élevée dans ces tristes valeurs) que tout ne peut être digéré en un jour et qu’il n’est pas si évident de fouler des siècles de traditions bassement religieuses. Je conçois aussi qu’aux vues des images que certains médias balancent à tour de bras, il ne soit pas si simple d’accepter quelque chose que l’on ne comprend pas. Je ne suis pas de ceux qui crient « Homophobes au bûcher ! », mais plutôt « Homophobes, faites-vous soigner » ! Alors oui, il y aura des récalcitrants, des cas désespérés (de la même façon qu’il existe encore de nos jours des nazis, des racistes, et des intolérants en tous genres), mais avec du temps et des moyens (légaux, médiatiques…), nous pourrons voir évoluer ces mentalités.

Je profite de cet article pour remercier tous ceux qui contribuent activement à cette évolution : que ce soit nos glorieux politiques du moment, nos rédacs de Yagg, les contre-prieurs d’hier, les manifestants de dimanche et les militants de demain. Chacun à notre façon, nous contribuerons au changement, à cette égalité qui nous est si chère, à un monde qui sera toujours bien trop loin d’être parfait, mais dans lequel on vivra  un peu mieux !

Euh... la c'est juste pour le plaisir de voir des seins révolutionnaires !

Euh… la c’est juste pour le plaisir de voir des seins révolutionnaires !

D-libérations | 19.01.2013 - 22 h 39 | 7 COMMENTAIRES
A Nice pour l’Egalité des droits !

nice france lgbt logo

Aujourd’hui, Samedi 19 Janvier 2013, Nice manifestait pour l’égalité des droits, et en faveur du mariage pour tous. Et aujourd’hui, j’étais fière d’être niçoise !!!

Pour ceux et celles d’entre vous qui ont l’habitude de me lire, vous aurez compris que je ne suis pas une militante dans l’âme. Mais à force d’entendre des atrocités fuser de toutes parts dans les médias, et parce que j’ai décidé de perdre mon pucelage de manifestatante LGBT, aujourd’hui, j’ai rejoint les rangs de ceux et celles qui ont marché dans la pluie et le froid POUR L’EGALITE DES DROITS. J’avais même décidé de faire les choses bien : équipée de mon réflex, je me suis dit que j’allais faire un reportage photo de cette marche pour vous, yaggeurs-yaggeuses…

Sauf qu’évidemment, ma batterie était à plat… Je sais, je crains. Seule solution de secours : mon téléphone. Le résultat est assez piteux je le crains, mais cela suffit à avoir un aperçu relativement juste de ce que fut cette journée. Je vous embarque avec moi pour la balade et vous propose de compléter avec des mots ce que les pixels ne vous révèlent pas.

Le rassemblement :

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Les premiers courageux…

Le point de rendez-vous était donné sur la place Garibaldi à 14h30, pour un départ à 15h. Pour être sûres de ne pas rater le convoi, nous étions sur place à 14h. On ne sait jamais… Et on craignait fatalement qu’avec la pluie, une grande majorité de gens se soit démotivée… Effectivement, quand on est arrivées, quelques âmes ne se bousculaient pas sous les arcades de la place. Le temps de boire un petit café pour nous réchauffer le moral et déjà, le pavé s’était peuplé.

Et l'ambiance est chaleureuse malgré un temps plutôt hostile pour la région...

Et l’ambiance est chaleureuse malgré un temps plutôt hostile pour la région…

On prend le temps de se chercher, se trouver, s’organiser… Et pour les néofites comme moi, les organisateurs ont assuré le coup, ils ont prévu plein de pancartes à distribuer. C’était cool parce que le crayon que j’avais prévu pour me peinturlurer le visage a rendu sa mine avant de remplir son office…

On retrouve des copines...

On retrouve des copines…

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On attrape une pancarte au passage… quitte à manifester, autant le faire pour de vrai !

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Et la place se remplit, les gens affluent de partout ! On en oublierait presque la pluie…

Même les arbres y mettent du leur !

Même les arbres y mettent du leur !

Le tram , impassible, poursuit son train train quotidien et déverse une nouvelle vague LGBT sur la place...

Le tram , impassible, poursuit son train train quotidien et déverse une nouvelle vague LGBT sur la place…

Et la Police veille ... et me regarde passer d'un oeil torve...

Et la Police veille … et me regarde passer d’un oeil torve…

Le départ :

 

Et enfin, les orteils dégèlent : vive le mouvement !

Et enfin, les orteils dégèlent : vive le mouvement !

Il est maintenant 15h, passé de quelques minutes… parce qu’on ne veut pas oublier les retardataires. Les enceintes, chargées sur le mini camion-benne qui nous sert de char, annoncent le départ du cortège en scandant des slogans enflammés. Tout le monde crie sa soif d’égalité et se met en branle, traverse la place et s’engouffre sous l’architecture audacieuse du MAMAC et de la Bibliothèque Nucéra.

L’ambiance est toujours aussi sympathique. Quelques curieux non-manifestants nous observent, soit avec un sourire encourageant, soit avec cette moue dépitée du non-croyant en l’Egalité. Dans les rangs, on discute, on papote, on prévoit d’ores et déjà le café ou thé post-manifestation (parce que quand même, fait pas chaud !) et on remercie le ciel d’avoir (momentanément) modéré ses larmes.

Sur le trajet :

Devant l'ancienne gare routière

Devant l’ancienne gare routière

La marche se poursuit et on prends le temps de discuter à droite, à gauche. On reconnaît des visages dans la foule, on sourit, on salue. On lit sur la pochette plastifiée qu’une dame a suspendue autour de son cou : « Je suis hétéro mais mon fils est homexuel et a droit au bonheur, comme nous tous ». Mon coeur s’émeut de la passion de la dame qui, dans son élan d’enthousiasme a inventé le concepte « Homexuel ». Je trouve ça mignon. Je suis Femmexuelle.

Puis, comme le cortège passe devant les escaliers qui relient les deux bords du Paillon, je saute sur l’occasion d’avoir une vue d’ensemble avec mon pauvre téléphone… Et comme je gravis les marches, je me fais interpeler par un septuagénaire peu avenant. « C’est quoi encore tout ce bordel ? » me demande-t-il de façon si délicate… Je lui réponds fièrement que nous manifestons pour l’Egalité des droits et lui, en faisant un geste de la main, comme s’il balayait la foule devant lui, me rétorque : « Ah ! Ouais, c’est vrai qu’on nous entube avec ça au lieu de s’occuper des vrais problèmes… »

La nouvelle manifestante que je suis brûle de lui répondre « Mais monsieur, peut-être que si vous vous faisiez justement entuber, vous verriez les choses autrement… et peut-être même que ça vous plairait en plus ! »… Au lieu de ça, je me contente de lui faire mon plus charmant sourire et cours rejoindre le cortège. Non, il ne me gâchera pas ma manif’ !

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Promis, la prochaine manif’, moi aussi je serai équipée.

Heureusement, les gens autour de moi me font vite oublier ce regrettable épisode et je m’émerveille devant les slogans et les banderoles des uns et des autres.

En bout de queue, j’entends vaguement un « Et un, et deux, et trois, ZERO ! » et je trouve cela incongru… Je ne comprends pas ce que vient faire France 98 en ces lieux… Mais en tendant l’oreille plus assidument, les syllabes se détachent plus clairement et je reconnais un slogan beaucoup plus pertinent : HETERO, HOMO, DROITS EGAUX ! Oui, là, j’achète, et j’y mets du mien.

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C’était plus beau avec les décos de noël…

Nous arrivons bientôt sur le pavé de la place Masséna et bien que le cortège s’aère un peu trop, nous sommes toujours aussi nombreux.

On peut la rebaptiser pour l'occasion : Promenade LGBT !!!

On peut la rebaptiser pour l’occasion : Promenade LGBT !!!

On s’en rend vite compte quand on tourne pour rejoindre la Promenade des Anglais…

La pluie a redoublé ses efforts, mais nous tenons bon. Nos rangs grossissent et malgré l’eau qui s’est infiltrée partout et qui fait faire des bruits bizarres à nos chaussures, nous continuons bravement à porter les couleurs de nos croyances, scander les refrains de nos espérances.

Devant le Palais de Justice :

Moi aussi je veux être sur les marches, moi aussi, moi aussi !!!

Moi aussi je veux être sur les marches, moi aussi, moi aussi !!!

Le symbole est puissant : nous clôturons la marche après une heure et trente minutes frigorifiques sur les marches du Palais de Justice où nous sommes si nombreux que nous tenons à peine sur la place.  Le micro crache les remerciements et les congratualtions. Chaque parti ou association présent-e y va de son petit discours.

Comme je veux remplir pleinement ma mission photographique, je me fraie un passage à travers les milliers de parapluies qui pullulent autour et je cherche à me faire une place le temps d’une seconde pour prendre un cliché de la foule… sauf que je suis petite et qu’on ne me laisse pas accéder au haut des marches… alors le résultat est assez pitoyable…

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Résultat pitoyable mais coloré !

Miam !

Miam !

Enfin, la foule se disperse, il est temps pour nous de regagner la chaleur accueillante du Sweeties, ce merveilleux petit coffeeshop dans le vieux Nice qui nous régale de ses bagels, cookies, cupcakes… le tout fait maison et accompagné de boissons délicieusement chaudes…

Bilan de l’aventure : A renouveler !!! A Paris la semaine prochaine, avec un vrai appareil photo et une préparation en béton !

Bilan pour l’Egalité : officiellement entre 1500 et 3000 manifestants, mais j’dirais facile 2500. Et pis y’avait moi !!! 😉

Anecdote :

Le salon du Mariage a lieu ce week-end à Acropolis. Depuis des semaines, on voit des affiches un peu partout qui exploitent à fond la cause :

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Mariage pour TOUS !!!

Et même si le geste était essentiellement commercial, je l’ai trouvé remarquable, et j’avais même décidé d’en faire un post. La première fois que j’ai vu l’affiche, je n’avais rien pour la photographier, alors en rentrant, je me suis mise à la chercher sur Google. Et là, Ô stupeur ! Je vois que la censure est passée par là…

Sans commentaire...

Sans commentaire…

Mais qu’importe.

On était là. Et on se marira !

critique | D-libérations | film | Homosexualité et éducation | 31.12.2012 - 10 h 05 | 2 COMMENTAIRES
Revoir Julie

En DVD depuis 2005… ou en streaming

Encore une année qui se termine… Certains, rares, diront que 2012 fut une année heureuse et en souhaiteront autant à 2013. Pour d’autres, cela aura été une année difficile. Ce fut mon cas. Alors pour essayer de bien finir l’année, j’ai un petit rituel : je regarde Revoir Julie. (C’est ça ou Starship Troopers !)

Pour ceux et celles qui l’ont déjà vu, vous vous demandez peut-être pourquoi…

C’est sans doute le film le moins prétentieux que je connaisse. Nul besoin d’avoir fait des études cinématographiques pour savoir que le budget était probablement ridicule. Le générique remercie jusqu’à l’opticien qui a fourni les lentilles de contact ! Et pourtant, j’estime que l’objectif est joliment atteint.

C'est ici que tout commence...

C’est ici que tout commence…

Sans spoiler le film, disons qu’il s’agit d’une femme, Juliet, officiellement lesbienne, qui à la suite d’une rupture douloureuse remet sa vie en question et dresse une liste des choses à faire qu’elle repousse sans cesse. En tête de liste, on lit : REVOIR JULIE. Elle se met ainsi en quête de son amour adolescent et les retrouvailles sont pleines de sincérité et d’émotions contradictoires.

Là que les choses se développent... quant à savoir comment ça finit, mieux vaut regarder le film.

Là que les choses se développent… quant à savoir comment ça finit, mieux vaut regarder le film.

Pourquoi cette histoire plutôt qu’une autre ? Parce que tout repose sur l’espoir. Et de nos jours, quoi de plus indispensable et pourtant cruel que l’espoir ? Qui n’a pas envisagé un jour de revoir son amour d’enfance ou d’adolescence ? Et si c’était pour cette année ? Ou la suivante ? Alors bien sûr on a peur, parce que cet « amour » (dont on n’avait peut-être même pas conscience) n’était pas forcément réciproque, parce qu’on a honte de sa vie ou parce qu’on s’imagine qu’on n’aura plus rien à se dire. Parce qu’on est passé maître(-sse) dans l’art de se chercher des excuses pour ne pas aller au bout des choses… Ou parce qu’on décide que c’est le passé et que le passé ne doit pas être remué. Bref, on le fait rarement.

Ce qui me plaît dans ce film, c’est le réalisme des scènes. Les personnages ne sont pas des « bombes stéréotypées », leurs situations sont relativement quelconques, et leur interaction fonctionne dans la complexité de retrouvailles complices mais lourdes d’un passé mal vécu, chacune à sa manière. Des non-dits, des aveux, des souvenirs, des délires communs… Et puis ces petites scènes qui viennent interrompre le fil de l’histoire, et qui ont le chic de me faire bien rire.  Le tout dans un Québec profond, avec cet accent si particulier et ces paysages si chers à mon coeur.

Bref, j’aime ce film. Parce qu’il est décalé et pourtant sonne plus juste que la plupart des films lesbiens. Parce qu’il traite un lieu commun, sans autre ambition que de nous en donner une vision simple et pourtant heureuse.

Si vous l’avez vu, n’hésitez pas à me laisser votre avis, et si vous avez vécu votre propre « Revoir Julie », ça m’intéresse aussi ! 😉

Sur ce, je vous souhaite un bon réveillon et vous donne rendez-vous dans quelques heures pour de meilleurs voeux en 2013 !

autoportrait | critique | D-libérations | éducation libéro-sexuelle | Homosexualité et éducation | Itws & anecdotes | Non classé | poésie | 12.12.2012 - 08 h 48 | 15 COMMENTAIRES
Le Romantisme, du mythe au fast-food… La bonne blague !

Quand les chien nous surpassent au paroxisme du cliché romantique…

 

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, quand j’étais petite, j’étais bercée d’images et de récits romantiques. J’avalais du Disney, du Grimm, du Perrault, du Andersen, je nourrissais mon esprit et mon coeur de galanteries, de bienveillances, d’intentions pures et nobles. J’imaginais l’Amour et l’être aimé comme un don précieux qu’il fallait chérir, protéger, choyer comme le faisaient tous ces beaux Princes et valeureux clochards amoureux, et comme le faisaient aussi à leurs façons maniérées et pleines de minauderies ces demoiselles tant convoitées.

Aussi, sans surprise, j’ai grandi dans cet univers de romantisme éloquent. Certes, je n’ai pas attendu le Prince Charmant, je me suis plutôt identifiée à lui et me suis mise en quête de ma Princesse… mais au fond de moi, je suis aussi une Princesse qui a besoin d’être savamment courtisée… Ah les lesbiennes, c’est compliqué !!!

Toujours est-il que voilà. J’avoue, je ne sais aimer que de manière romantique. Pourquoi est-ce que cet aveu me coûte tant ? Parce que visiblement  aujourd’hui, être romantique on ne trouve plus ça normal ou noble… on trouve ça DRÔLE !!! Ou pire que tout : « Trop mimi » (ce qui est encore plus affligeant que drôle, vous en conviendrez). J’ai envie de dire STOP. STOP à la « ridiculisation » du romantisme. Laissez-nous être fleur bleue ! Laissez-nous aimer vous offrir une fleur, veiller à couvrir vos épaules quand vous êtes parcourues d’un frisson, préparer un dîner aux chandelles de temps en temps, vous enlever pour un week-end en amoureuses, vous inviter solennellement à danser sur votre chanson préférée, prendre le temps de vous faire plaisir aussi souvent que possible… laissez-nous faire preuve d’attentions et de galanteries sans glousser ou nous jeter votre regard qui dit « Merci mais quand même, t’as vu comme t’es ridiculement romantique !?! »

Bref, si je vous dis tout cela c’est parce que bien sûr j’ai vécu ces humiliantes situations, et pire que tout, je sais que je les vivrai encore. Mais récemment, j’ai été confrontée au fossé des générations et là, j’ai compris.

Prenons une oeuvre romantique par excellence : Jane Eyre (la gouvernante qui tombe amoureuse du maître de maison, amour réciproque mais impossible, histoire qui finit bien). Faites lire ce chef d’oeuvre à une classe de 4ème et demandez-leur, à mi-chemin, d’écrire une scène romantique entre Jane et M. Rochester et vous obtiendrez un truc de ce genre :

Ils sont à table. Jane a faim parce qu’elle a travaillé toute la journée, mais pas M. Rochester parce que lui c’est le patron et que le patron ça travaille pas. Comme elle a fini son assiette avant lui et qu’elle semble avoir encore faim, il lui laisse finir son BigMac et ses frites, même si lui aussi a encore faim. Elle accepte. A la fin du repas, elle se lève et pour le remercier, elle l’embrasse sur la bouche. Il est content. Demain, il lui laissera peut-être finir sa pizza mais il faudra qu’il mange plus au goûter.

Mes élèves ont de la chance. Eux ils ont déjà compris que le romantisme c’était devenu une bonne blague !

 

D-libérations | éducation libéro-sexuelle | 19.02.2012 - 11 h 57 | 4 COMMENTAIRES
Réflexion géomosexuelle du dimanche

Colore le monde…

 

C’est marrant de laisser un article s’écrire et se composer tout seul. Alors que je cherchais une image pour illustrer ma micro-pensée du dimanche matin (qui ose penser en week-end ?!), je suis tombée sur cette chanson innocente qui colle si bien à mes propos que je vous l’offre en cadeau (gratuit pour moi, fortuit pour vous).

A quoi est-ce que je pensais déjà ?

Ah oui. Je regardais mon tas de copies à corriger (enseigner, c’est bien, corriger, ça craint !) et comme je n’avais pas trop le cœur à l’ouvrage, j’errais sur certains blogs de Yagg, cherchant la motivation nécessaire. Je suis tombée par hasard sur de singulières Blue Notes  (que je vous encourage à parcourir sur le blog éponyme) et au fur et à mesure de mes lectures, je repensais à un devoir que j’avais donné à mes gamins.

J’enseigne le français, mais aujourd’hui, dire qu’on enseigne une matière, c’est ridiculement hors de propos. On enseigne, un point c’est tout. On commence par enseigner la vie. Nos disciplines se mêlent en un même noyau commun à tous : LA discipline. Mais pas la discipline de jadis, à la règle et à l’humiliation, je parle juste d’une forme de discipline nécessaire bien que trop souvent insuffisante qui nous permet d’obtenir éventuellement quelques résultats dans la fameuse matière enseignée. Bref, je m’égare…

Tout ça pour vous dire que, en enseignant le français, on est amené également à avoir des notions interdisciplinaires, aussi bien en mathématiques (eh oui, la grammaire, c’est comme les maths, ça s’apprend, ça s’applique !), en Sciences et Vie de la Terre (biologie pour les anciens…), en anglais… et bien sûr en histoire-géo.

Et donc, l’autre jour, alors que je demandais à une classe de 5e de  remplir une fiche de vocabulaire sur les différentes faunes flores et coutumes dans chaque région du monde (je suis toujours navrée de constater leur manque de culture mais, à la réflexion, que savions-nous à leur âge ?), une élève inspirée me dit :

« Mais madame (ça ne loupe pas, à chaque fois qu’ils m’appellent Madame, je pense à ma mère…), c’est super compliqué, c’est tout différent de partout, on n’a pas la place d’écrire, y’en a trop ! »

Ainsi nous abordons le sujet de la diversité culturelle et identitaire, et là… c’est le drame. Par respect pour eux, et pour vous, je ne peux vous retransmettre la totalité des inepties et des non-sens qui m’ont été débités…

Je digresse…

« Madame, pourquoi vous disez ‘graisse’ ? »

« On ne dit pas ‘vous disez’, mais ‘vous dites’, et je ne dis pas … »

Bref.

Comme le cerveau est une étrange machine qui a parfois le don de faire des associations d’idées aussi sottes que grenues, et comme je suis de nature à m’accrocher aux mots,  je remarquais que, à une lettre près, pays = gays.

Et aussi sec, je m’invente prof d’Histoire et d’ouverture sociale en bouleversant les discours classiques :

« Alors vous voyez les jeunes, le monde se construit en gays qui incarnent une culture, une langue, un mode de vie commun, mais partout la différence crée la richesse de notre planète. Ils se réunissent sous un même drapeau, multicolore. Rencontrer, connaître, partager toutes ces différences, c’est ce qui fait la force et l’évolution de l’Homme.  Pour chaque gay, la vie est ce qu’il y a de plus important, et le respect de celle-ci sous toutes ses formes est capital. Les gays ont pour but l’égalité entre tous et ils militent pour cela. Ils n’ont pas de frontière, ils se tiennent tous la main dans une grande chaîne humaine, remarquablement solide. Alors comment ne pas être fier d’en être ? »

« Alors voyez-vous les enfants, le monde se divise en pays qui représentent une culture, une langue, un mode de vie commun, et la diversité nous donne parfois une image effrayante de la Terre. Chacun arbore un drapeau bien différent qu’il faut pouvoir identifier. Quantifier, qualifier, définir c’est ce qui nous aide à faire tenir tout le monde dans des cases. Pour chaque pays, on appelle « capitale » la ville la plus importante, celle qui impose aux autres le respect et la soumission. Les pays, prétendant à l’égalité, se font la guerre : c’est comme cela que les frontières changent sans cesse, au détriment de ceux qui n’ont aucun pouvoir. Généreusement, les puissants autorisent les aides humanitaires, alors pourquoi se plaindre ? »

Ok, l’un est utopique, l’autre exagéré. N’empêche…

D-libérations | 13.02.2012 - 08 h 26 | 17 COMMENTAIRES
Pire qu’un coming out, le coming back !

Parce que des choses doivent rester anonymes, d’autres pas.

 

Voilà bien longtemps que ce blog est inactif. Trop longtemps ? Je ne le sais pas, ce sera à vous de me le dire. Non, je ne suis ni morte, ni amputée des deux mains. Je me fais l’impression (prétentieusement) d’être au blog ce que Julie Pietrie a pu être à la chanson française : une gloire fugace et un abysse d’oubli sans possibilité de retour. Aussi, soyez indulgents.

A ceux (et surtout celles) qui en 2011, ont apprécié mes articles photos, je suis au regret de dire que cette époque est révolue. Mon emploi du temps ne me permettra plus de me consacrer à d’aussi sérieuses et scrupuleuses recherches. Pourquoi reprendre alors ? On m’a fait remarquer récemment (n’est-ce pas @pitaladio) qu’il n’était pas nécessaire d’avoir quelque chose de particulièrement intelligent à dire pour continuer à publier. Alors à défaut de traits d’esprits, je pourrai éventuellement partager certaines futilités avec vous ?

Et puis peut-être quelques nouvelles érotiques…

Quelques photos, pourquoi pas, des miennes, des autres…

Et puis c’est une période électorale, tout le monde à toujours quelque chose à dire en période électorale, non ?

Ma foi, on verra bien. Et je me tiens toujours à votre disposition pour aborder les sujets de votre choix. J’aime que l’on me propose, libre à moi d’en disposer, et de partager !

Ladies and gentlemen, I’m in, I’m back…

And please… be nice !

D-libérations | 02.07.2011 - 13 h 56 | 38 COMMENTAIRES
En être ou ne pas en être, là est la question !

Pour vous, aujourd’hui, je me mouille en écrivant différemment. Les pieds sont les miens. J’assume.

Notre ami Patrick* disait il y a quelques années, « on m’avait dit, te pose pas trop d’questions, tu sais petit, c’est la vie qui t’répond »… Nice try. Sauf que ça ne suffit pas. Les questions arrivent un jour ou l’autre, de nous, des autres. Et la question est épineuse quand il s’agit de sexualité, ou en l’occurrence d’homosexualité.

Certain-e-s d’entre nous ont connu ces questions dès leur plus jeune âge. On a entre dix et quinze ans, on peut être super pote avec le sexe opposé sans jamais ressentir le moindre intérêt sexuel, à cet âge où les jeunes filles font des pieds et des mains pour plaire à ces messieurs, et où (désolée de remuer le couteau dans la plaie messieurs mais) ceux-là en sont encore à s’échanger des cartes ou des figurines, parler pendant des heures de jeux vidéo ou de leur prochaine sortie VTT. Et quand ils succombent aux avances, trop peu subtiles de leurs soupirantes, c’est pour vite réaliser que les filles c’est compliqué, jamais contentes et très chiantes, et qu’à leur goût, quelques baisers volés ne suffisent pas à compenser toutes ces tares. Alors on va plus loin, ou pas.

Toujours est-il qu’on se cherche, on s’exclame « Wouah ! Il a un trop beau cul ! » (sans vraiment savoir s’il sera couvert de poils ou non, ni même si on aime les poils ou pas), ou on s’insurge « Beurk, elle est trop moche et en plus elle a même pas de seins ». Et partout, ça déborde d’hormones de jeunesse. C’est envahissant les hormones de jeunesse, ça pollue l’air partout au collège, puis au lycée… Ça se développe comme un brouillard de novembre sur la Tamise : c’est lourd, oppressant… mais ça passe presque inaperçu pour les autochtones. On assiste parfois à de pseudo-scènes de drague où un « T’es bonne » veut dire « Je te trouve très à mon goût, charmante demoiselle. Aurais-tu l’obligeance de consentir à sortir avec moi ? », ou encore « Y’a une copine à moi qui te trouve trop super sex » : comprendre « Je voudrais pouvoir t’aborder de façon directe pour te faire part de l’émoi que tu suscites en moi, mais je ne l’ose pas. Voudrais-tu que nous en discutions autour d’un chocolat chaud ? »…

Là, perdu-e-s au beau milieu de ce presque vaudeville adolescent, on se sent cruellement différent-e. On apprécie de façon démesurée la présence d’un-e ami-e en particulier (de même sexe), qui de ce fait devient notre « meilleur-e ami-e » et avec qui on a envie de passer chaque seconde de notre vie. On vit chaque séparation comme une injustice et, bien malheureusement, on se rend compte la plupart du temps que l’intensité de cette « amitié » n’est pas forcément partagée de façon équitable. On sait dès lors qu’on en souffrira toute notre vie. On le croit du moins, à cette époque.

Puis vient le moment où l’on ressent le besoin de mettre un mot sur cette différence. Parfois même, ce sont les autres qui s’en chargent avec la délicatesse reconnue des adolescents… L’homosexualité. Que ce mot semble sale ! Quelle honte on peut en avoir ! Et quelle crainte aussi… Alors on peut essayer de le refuser. On cherche à le nier en passant les dix années suivantes à être une « vraie fille »( ou un « vrai gars »), physiquement et à agir comme tel-le : sortir avec le sexe opposé en ravalant notre indifférence, voire notre dégoût, se persuader de sa « normalité » et surtout dépenser un maximum d’énergie (et de talent théâtral) pour persuader les autres… Jusqu’à ce qu’un jour, quelqu’un-e bouleverse tout. Ou pas.

Ou, si on en a la force, on décide de l’accepter. On fait fi des convenances, des attentes, des regards, des insultes, et on assume son homosexualité. Pire ! On la brandit fièrement en faisant ravaler leur mépris aux autres. Ou encore, on l’accepte et on essaie de la faire passer inaperçue. On reste officiellement dans le placard, tout en sachant qui l’on est et ce que l’on est appelé à faire de sa vie sentimentale… si tant est que l’on soit prêt à se lancer.

Il y a bien des façons de se placer face à son homosexualité en fonction de notre caractère, mais aussi de notre vie, de notre entourage, de notre époque, de notre âge… Et je ne pense pas qu’aucune de ces positions soit critiquable. Bien au contraire.

Certain-e-s d’entre nous ne découvriront leur homosexualité que tardivement, au hasard de la vie. Peut-être se rendront-ils/elles compte qu’ils/elles se sont menti une partie de leur vie, peut-être qu’ils/elles ne trouveront jamais le courage de la vivre pleinement. Ceux-là non plus ne méritent pas la critique. Le problème étant que justement, pour beaucoup encore aujourd’hui, être homosexuel-le et vivre son homosexualité, cela demande du « courage ». On lutte chaque jour pour changer cela, et il reste encore de nombreuses batailles à mener.

Pourtant, pour certain-e-s d’entre nous, cela aura été une évidence.

Un beau jour, toutes ces questions ont disparu. Elles ont été résolues par un baiser, une caresse, le début d’une histoire. Et ce jour-là, on a décidé de ne plus se poser de question, de ne pas refuser non plus de répondre aux autres. Ce fut mon cas.

Je me rappelle qu’à cette époque, mon amie ne comprenait pas comment cela pouvait être aussi simple pour moi. Devenir lesbienne, littéralement du jour au lendemain, l’accepter et le partager aussitôt avec mon entourage, lui tenir la main dans la rue, l’embrasser selon mon envie (et non en fonction de la désertion de la moindre âme qui vive alentour…), toutes ces choses qu’elle-même avait mis un temps fou à envisager. Puis j’ai eu droit à sa version, et à de nombreuses autres depuis qui m’ont fait réaliser la « chance » que j’ai eue dans mon parcours.

Je fais probablement partie de celles qui se sont menti pendant des années, mais c’était une négation tellement profonde que la vérité m’a frappée de plein fouet, comme si je découvrais mon « potentiel » alors que cela semblait si évident autour de moi. D’ailleurs ça n’a surpris personne. Ça a déçu, oui, mes parents bien sûr. Mais la plus surprise ce fut moi. Pendant cinq secondes à peu près. Puis l’évidence. Et l’évidence l’a emporté sur tout le reste. Aucune peur, aucun a priori, aucun doute.  Je me suis rendu compte par la suite que cette évidence pouvait être mal prise par ceux et celles qui ont lutté et se sont débattus pendant des années avec leur homosexualité.

Comme on me l’a fait remarquer, il y a quelques années, se balader en tenant la main de sa copine dans la rue, c’était risqué si ce n’est pour sa vie, du moins pour sa santé physique (et ça l’est encore aujourd’hui dans bien trop de lieux de par le monde et même en France). Je n’ai, jusqu’à ce jour, pas connu ça. Assumer mon homosexualité ne m’a rien coûté d’autre que de perdre une partie de l’estime parentale (et j’y survis ma foi). Je ne vais pas dire que je ne vois pas les regards dans la rue, ou les moues pincées des gens en général. Rien ne m’importe moins que leur jugement anonyme.

Aujourd’hui, tout me paraît simple. Evident. Et pourtant, je mentirais en prétendant que ça a toujours été le cas. Ces questions, aujourd’hui résolues, sont restées en suspens pendant des années. J’ai cessé de les craindre, ou plutôt d’en redouter les réponses quand elles se sont imposées toutes seules. Est-ce que je n’assumais pas ? Est-ce que ça n’était juste pas le moment ? Est-ce que je n’avais jamais rencontré la bonne personne ? D’autres questions ne répondront pas.

Mais cela m’a permis de comprendre que nous devrions tous être libres de vivre notre sexualité comme nous l’entendons. Et pas seulement notre sexualité, mais aussi notre position face à elle (sans mauvais jeu de mot). Toutes nos expériences se ressemblent et sont très différentes comme nous sommes tous humains mais chacun est unique. Accepter mon homosexualité et la vivre m’a avant tout appris à être plus tolérante, non seulement envers les autres, mais aussi envers moi.

Bon, ça m’a aussi appris que j’avais une passion certaine pour les seins, et quelle découverte pour mon épanouissement personnel !

*Bruel (pour ceux et celles d’une génération trop éloignée)

 

 

 

Je dérive, je dérive… mais j’espère ne pas m’échouer comme une vieille algue à l’agonie…

 

 

 

 

D-libérations | 24.06.2011 - 12 h 42 | 19 COMMENTAIRES
Je suis une femme. What else ?

 

Parce que je suis femme avant tout. (Autant vous prévenir dès à présent que le reste des photos n’aura rien à voir avec le sujet !)

 

Contrairement à ce que peut laisser supposer ma passion ouverte pour les seins (si si, j’adore ça !), et l’étalage que je fais dans ce blog de mon intérêt certain pour le corps de la femme, je ne suis pas ce que l’on peut appeler une militante LGBT. J’aime les femmes, et une en particulier. En cela, je suis lesbienne, oui. Mais dans la lignée de ce que j’ai pu lire dans les différents articles ou commentaires de Yagg, je dois dire que je ne suis pas QUE ça. Je revendique ma lesbiennitude comme on n’a pas peur de dire « j’aime la viande », mais je n’en fais ni une fierté personnelle (même si c’est loin d’être une honte, c’est juste ce que je suis, sexuellement parlant), ni tout un questionnement métaphysique.

 

Au Japon, on peut manger des sushis sur des corps de femmes nues. J’aime le Japon.

Parmi tous vos commentaires, et notamment chez les plus jeunes, je trouve beaucoup de questions sur un problème d’étiquetage. « Lesbienne », « Bi », « Queer »… et tout un tas d’autres catégories que je ne comprends pas vraiment très bien. Pour moi, la question ne s’est pas posée. J’aime une femme = je suis lesbienne. Est-ce que je pourrais aimer un homme ?

On se moque de moi quand je soutiens que c’est possible.

On me dit qu’il n’y a pas plus « lesbienne » que moi.

On me dit que mon obsession du corps féminin ne laisse pas la place au doute.

On m’affirme que je suis lesbienne et rien d’autre.

C’est peut-être vrai.

Mais en fait, je m’en fous. J’aime aimer qui j’aime, point.

Hey, moi aussi suis une femme ! Je peux en être ? (d’ailleurs, j’en suis ?!)

Je ne ressens pas le besoin d’appartenir à une famille sexuelle, par contre, je veux pouvoir en parler librement, et être acceptée dans mes choix. Je veux pouvoir en parler sans contrainte, sans a priori, ou du moins, pouvoir en débattre. C’est là toute mon ambition politique au sujet de ma lesbiennitude.

Il faut m’excuser, je ne suis que fraîchement lesbienne, mais je ne suis que trop consciente du fait que rien ne peut avancer sans une lutte acharnée pour nos droits. Il me faut du temps et un effort de motivation pour me sentir concernée, mais pas parce que je dénigre tout cela. Uniquement parce que pour moi, il est tellement évident de vivre mon amour (et donc en l’occurrence ma sexualité), que j’ai parfois l’impression que ça l’est pour tout le monde. Je n’ai pas eu (à part chez mes parents) de problèmes d’acceptation de mon orientation sexuelle. Je n’ai pas connu les insultes ou les menaces. Je mentirais en disant que je n’ai jamais remarqué les regards perturbés des passants quand je tiens la main de ma femme dans la rue, ou que je l’embrasse chastement. Mais je n’en ai pas souffert. Jamais. Alors oui, j’ai un peu de mal à me sentir concernée parfois.

Non, les lacets ça fait pas vulgaire. Bon bien sûr, si on se contente de tirer un coup…

 

J’admire ceux et celles qui ont lutté pour accepter et faire accepter leur homosexualité dès leur enfance ou très jeune adolescence, j’admire ceux et celles qui y consacrent leur énergie, j’admire le soutien communautaire qu’on peut trouver et promulguer sur un site comme Yagg, ou juste dans notre quotidien. J’admire et je commence à m’y faire, à m’y reconnaître. Pourtant, j’ai toujours du mal avec le fait d’être considérée comme une minorité, ou d’appartenir à une communauté simplement par rapport à mon orientation sexuelle.

Comme me l’a fait remarquer mon amie, tu ne présentes pas une copine hétéro à une autre en lui disant « Tiens, c’est machine, elle est hétéro et elle fait du tennis ». Pourtant, j’ai parfois l‘impression qu’on nous réduit à ça, à ce besoin de marquer la différence, à nous « obliger » (? le mot est un peu fort) à être fier de notre sexualité. Ça m’écoeure.

Le froid, c’est bon, l’étroit … non.

Attention, comme toute lesbienne qui se respecte, je suis persuadée que JE CONNAIS LA SOLUTION AU MALHEUR SEXUEL DE BEAUCOUP DE FEMMES : c’est tout simplement, une autre femme. Comme toute femme qui a trouvé son bonheur auprès d’une autre, je suis convaincue que c’est ça le bonheur, et que toutes ces pauvres hétéros ne pourront jamais comprendre leur méprise à moins de s’y risquer… Mais quand j’arrive à faire taire mon ego surdimensionné de lesbienne (si si, ça m’arrive !), je sais très bien que nous trouvons tous notre bonheur à notre façon. Il n’y a pas une vérité, mais autant de vérités qu’il y a de personnes. Le tout, c’est de l’accepter. Mes convictions personnelles de lesbienne heureuse ne sont que personnelles et je ne juge pas les autres. Il est donc relativement humain de ma part de souhaiter que la réciproque soit vraie !

C’était mon quart d’heure philosophique. Pour le digérer, je vais devoir chercher plein de jolies photos de décolletés !

 

Une dédicace au Lapin aux yeux de braise : « Rachida j’aime ta position »… Ok, je sors.

D-libérations | 17.06.2011 - 11 h 03 | 16 COMMENTAIRES
Allons marcheurs de la party : parce que la marche des fiertés est un combat comme un autre, mais c’est le nôtre !

We are the world !

Je me suis réveillée ce matin, avec ça dans la tête. Ça et bien d’autres choses encore. Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’un jour, Vian aurait pu écrire une autre lettre…

(Ne vous étonnez pas que je n’adresse pas ces mots au Président. Je n’ai aucunement envie de lui parler en particulier ! Allez savoir pourquoi…)

Allons, marcheurs de la Party !

 

Monsieur le bien-pensant,

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être,

Si vous avez le temps.


Je viens d’apercevoir

Mon avenir précaire,

Car je vous indiffère

Et n’ai que des devoirs.


Monsieur le bien-pensant,

Je ne veux pas me taire,

Je ne suis pas sur Terre

Pour vivre indécemment.


C’est pas pour vous fâcher,

Il faut que je vous dise :

Ma décision est prise,

Je m’en vais m’affirmer.


Depuis que je suis née,

Je me sens prisonnière

De barreaux, de critères,

De vous, les bien-pensants.


Ma différence claire

Vous menace, vous plombe

Fait l’effet d’une bombe,

Mais je m’en moque en vers !


Quand j’étais au lycée,

On m’a niée comme femme,

On m’a traitée d’infâme

Et laissée de côté.


Mais aujourd’hui, demain,

J’oublie d’être un cloporte,

Je vis sous votre porte

Mon bel amour lesbien.


J’oserai aimer ma mie

Dans votre vieille France

Et dans ma chère Provence

Et je dirai aux gens :


Refusez de mentir !

Refusez de vous taire !

Et partez donc en guerre !

Refusez le martyr !


S’il faut donner son sang,

Allez prenez le nôtre,

Il vaut mieux que le vôtre,

Monsieur le bien-pensant.


Et comme pour me marier,

Je dois jouer de mes charmes,

J’irai verser mes larmes

A la marche des fiertés !

Parce qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient, ici le lien du texte et de la version originale de l’inoubliable Vian !

D-libérations | En-quêtes | 10.06.2011 - 08 h 54 | 16 COMMENTAIRES
Un geste communautaire pour la planète : au boulot les filles !

Hum… c’est sec… trop sec ? Trop sec.

Carte de la France avec les zones les plus sèches tirant sur le rouge. Ben alors ? Qu’est-ce que vous foutez les lesbiennes en région parisienne ?

N’ayant pas forcément pour habitude de me tenir informée de l’actualité dans notre paisible monde (vous sentez poindre l’ironie ?), je suis tombée par hasard sur une info qui m’a laissée perplexe.

Le verdict est tombé en France : la sècheresse est là. De nombreux chercheurs (que l’on a brusquement décidé d’écouter) prévoient des années difficiles pour les agriculteurs tant les nappes phréatiques sont basses.

Pourquoi cette nouvelle m’a interpellée ? Je ne vais pas me faire plus noble que je ne suis : bien sûr, je me sens concernée par la dimension écologique de la chose (j’ai été, comme beaucoup d’entre vous je suppose, vertement formée tant par l’éducation nationale que par l’éducation parentale), mais j’avoue (ô faible, faible lesbienne que je suis) que le mot « sècheresse » à lui seul suffit pour faire résonner en moi la cloche d’alerte maximale ! Qui est sèche ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’aider ? Et ça déclenche en moi un état de stress, un complexe du héros sans doute (de l’héroïne, en l’occurrence)… un truc qui fait que, vite ! Il faut que j’aide ! Qu’est-ce que je peux faire ?!

Comme j’ai appris à gérer les situations de crise, je canalise cette montée de stress et je m’informe plus profondément. Je me dirige virtuellement sur la dernière page en date du Monde qui parle de la chose, et là, je tombe sur un truc surprenant. On nous dit très solennellement que l’Etat va reverser jusqu’à un milliard d’euros aux agriculteurs touchés par cette crise de l’eau… et juste au dessus de ce gros titre, une magistrale pub pour SUEZ qui dit en caractères gras : Rendre l’eau bonne à boire est une belle entreprise. J’adore… qu’on profite d’une situation de crise pour faire une bonne pub, c’est tellement formidable (http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/06/09/secheresse-fillon-promet-jusqu-a-un-milliard-d-euros-pour-les-agriculteurs_1534203_3244.html#xtor=AL-32280184). Alors du coup, je ne peux m’empêcher de me dire que la communauté lesbienne devrait elle aussi avoir un encart publicitaire à côté du SUEZ, parce qu’après tout, nous aussi nous œuvrons pour un monde plus humide ! Notre action est méconnue mesdames, nous manquons de bonne publicité !

Je ne suis pas publiciste, mais imaginons.

Dans le contexte actuel, il s’agit de sauver la France et ses agriculteurs de la sècheresse. Laissons les agriculteurs de côté, mais mobilisons les agricultrices (oui, ça existe et elles méritent grandement d’être mises en avant) et la France par son symbole : notre belle Marianne. Tiens, représentons notre Marianne en combinaison verte et bottes en caoutchouc (quelle que soit sa tenue, elle est sexy, notre Marianne). Et puis bon, comme la combi c’est pas le plus simple, il faut nous créer un accès rapide alors on va dire que comme il fait chaud, elle a retroussé sa combi jusqu’à la taille et qu’elle travaille en débardeur notre Marianne. On voit la sueur perler à son cou et sur ses bras uniformément bronzés. On voit ses seins se dessiner parfaitement sous la blancheur pas tout à fait immaculée de son marcel. Une main sur sa hanche merveilleusement cambrée, elle est accoudée à son gros tracteur rouge qu’elle conduit depuis ses 13 ans, parce qu’elle a été élevée dans cette ferme, habituée au contact vif et espiègle du foin…

Vous la visualisez bien ? Bon, et maintenant qu’on a notre fantasme… euh… notre accroche picturale, il nous faut un slogan pour encourager la communauté à lui venir en aide. Non, n’argumentez pas que la subtilité de l’image suffit à mettre en branle l’armée lesbienne, ça ne sert pas notre cause !

Un « Vous pouvez m’aider à lutter contre la sécheresse, unissons-nous » peut-être ?

« Avec deux doigts de courage, nous vaincrons la sècheresse » ?

Quelque chose dans ce goût-là.

M’enfin, moi j’dis ça, j’dis rien…

Ça c’était la campagne de pub pendant la dernière sécheresse en 1949… je dois pouvoir trouver plus récent…

Ah, voilà ! Bon… sauf que le tracteur n’est pas rouge, qu’elle n’est pas vraiment en combi ni en marcel, et que je ne suis même pas sûre qu’elle soit française, mais bon… Je n’ai pas trouvé plus approchant. M’en blâmerez-vous ?

Oh, et parce que quand même c’est un sujet sérieux, je vous encourage à aller voir par là : http://www.youtube.com/watch?v=Uppaj468a2U

D-libérations | 22.05.2011 - 10 h 45 | 15 COMMENTAIRES
Un samedi soir sur la Terre… ça aurait pu être ça !

Pour une chanson romantique, une image romantique…

Il me semble avoir déjà fait  remarquer que mes goûts musicaux sont d’une autre époque. Hier donc, j’étais dans ma voiture, et j’écoutais à fond un vieil album de Francis Cabrel, en laissant mon esprit vagabonder au gré du vent (le vent, c’est parce qu’il fait déjà très chaud, et que je n’ai pas la clim). Quand la chanson « Un samedi soir sur la Terre » (http://www.dailymotion.com/video/x2cnrn_samedi-soir-sur-la-terre_music) s’est fait entendre, grisée par la vitesse et la nostalgie de ces paroles si simples, mais si efficaces, je l’ai presque machinalement transposée en version lesbienne.

Comme ça m’a fait rire, je vais partager ça avec vous.

Commençons par changer l’image.

Voilà, là c’est mieux.

Un samedi soir sur la Terre

Il arrive, elle le voit, elle le veut, et ses yeux font le reste

Elle* arrive, elle** la* voit, elle** la* veut, et ses** yeux font le reste

Bon, là déjà, c’est compliqué. Trop de « elle », trop de « la », on confond tout, c’est le bordel. Alors on met des notes de bas de page, mais à l’oral, c’est sûr, ça va moins bien passer !

(*) se rapportant à la première fille, celle qui arrive

(**) se rapportant à la seconde, celle qui était déjà là (où ?  On ne sait pas et on s’en fout)

Elle s’arrange pour mettre du feu dans chacun de ses gestes

Elle** s’arrange pour mettre du feu dans chacun de ses gestes

Jusque-là, tout va à peu près bien… à supposer qu’elle ait un zippo et pas des allumettes, parce que si elle** est obligée d’en gratter une à chaque fois qu’elle bouge, on n’est pas sorties de l’auberge !

Après c’est une histoire classique, quelle que soit la fumée, quelle que soit la musique

Après c’est une histoire classique, quelle que soit la fumée, quelle que soit la musique

Classique ?! On aimerait qu’elle le soit ! Deux filles et un incendie !

Quant à la musique, je dis VETO ! Pas du n’importe quoi quand même. Faudrait pas les traumatiser avec du Sexy Sushi par exemple…

Elle relève ses cheveux, elle espère qu’il devine, dans ses yeux de figurine

Elle** relève ses cheveux, elle** espère qu’elle* devine, dans ses** yeux de figurine

Et là, c’est encore le bordel. Et puis c’est quoi cette histoire de « figurine » ?

Des fois, les pieds et les rimes, ça vous pousse à faire des choix pas très heureux… m’enfin, c’est toujours moins pire que « protéine », « mandarine » ou cocaïne » !

Il s’installe, il regarde partout, il prépare ses phrases

Elle* s’installe, elle* regarde partout, elle* prépare ses phrases

Oui, parce qu’il y a des lesbiennes qui préparent leur drague. Des fois, c’est subtil… des fois non. (Private joke : « Hein, mon p’tit ?! »)

Comme elle s’est avancée un peu, d’un coup leurs regards se croisent

Comme elle** s’est avancée un peu, d’un coup leurs regards se croisent

Bon, là, j’avoue, j’ai mis « elle** », mais ça peut aussi bien être « elle* ». C’est le choix de l’auteur, c’est comme ça. Ce qui compte surtout, c’est qu’ENFIN leurs regards se croisent, et là… Aïe Aïe Aïe !!!

Après c’est une histoire normale, le verre qu’elle accepte et les sourires qu’il étale

Après c’est une histoire normale, le verre qu’elle* accepte et les sourires qu’elle** étale

Hummm… « normale »… j’en connais un paquet qui ne serait pas de cet avis… Et puis on dirait que ce sont des filles faciles. A peine tu proposes un verre et pouf ! Emballé c’est pesé ?! Alors c’est vraiment aussi simple ? (Faut que je sorte, moi…)

En s’approchant un peu, il voit les ombres fines, dans ses yeux de figurine

En s’approchant un peu, elle** voit les ombres fines, dans ses yeux de figurine

Ca c’est une technique de drague classique, genre : »je suis myope, j’avais plus de lentilles, mais j’ai fait ma coquette, je suis venue sans mes lunettes, alors laisse-moi me rapprocher de toi pour que je puisse admirer un peu les ombres fines de tes yeux ». Mouais. mais bon, tant que ça marche…

Pas la peine que je précise d’où ils viennent et ce qu’ils se disent. C’est une histoire d’enfant, une histoire ordinaire. On est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

Pas la peine que je précise d’où elles viennent et ce qu’elles se disent. C’est une histoire d’enfant, une histoire ordinaire. On est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

Oui, alors, bon. « Une histoire d’enfant » faut quand même pas pousser. Ca peut très vite devenir interdit aux moins de 16 ans cette histoire !

Ils se parlent, ils se frôlent, ils savent bien qu’il va falloir qu’ils sortent

Elles se parlent, elles se frôlent, elles savent bien qu’il va falloir qu’elles sortent

Ah, ben voilà ! Qu’est-ce que je disais : INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS ! Insortables ces lesbiennes…

Ils sont obligés de se toucher tellement la musique est forte

Elles sont obligées de se toucher tellement la musique est forte

« Obligées »… ben voyons !

Après c’est juste une aventure qui commence sur le siège arrière d’une voiture

Après c’est juste une aventure qui commence sur le siège arrière d’une voiture

Et voilà ! Ca, c’est fait… (Tiens, ça me rappelle un parking…)

Pas la peine que je précise d’où ils viennent et ce qu’ils se disent. C’est une histoire d’enfant, une histoire ordinaire. On est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

Pas la peine que je précise d’où elles viennent et ce qu’elles se disent. C’est une histoire d’enfant, une histoire ordinaire. On est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

C’est pas la peine de le répéter deux fois ! Toujours pas pour les enfants, et encore moins maintenant ! Bonjour l’exemple !

Pas la peine d’être plus précis, cette histoire est déjà finie. On en ferait autant si c’était à refaire : on est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

Pas la peine d’être plus précis, cette histoire est déjà finie. On en ferait autant si c’était à refaire : on est tout simplement, un samedi soir sur la Terre.

« Finie » ? Quoi, comme ça ? Un petit tour sur le siège arrière de la voiture et on ne se rappelle même pas ? Enfin, les filles, c’est pas très sérieux tout ça ! Et le refaire en plus ?! Tout ça parce qu’on a une réputation à tenir… c’est nul. Allez, un effort : prenons le temps de nous connaître, parce que franchement, dans un lit, c’est plus confortable !

Fin alternative

 






D-libérations | 29.04.2011 - 08 h 53 | 14 COMMENTAIRES
ARGH ! ou la création d’un blog…

 

Parce qu’on peut tout faire avec les doigts.

Est-il possible de vivre en 2011, de faire partie de ce que l’on appelle la « génération clavier » (pour ceux qui ont trop peu d’imagination, le clavier remplace la plume, puis la bille), et de ne toujours pas avoir de blog ?

Bien sûr que c’est possible ! Mais il faut savoir que l’on s’expose immanquablement à subir de part et d’autre des pressions incommensurables, des réflexions toutes plus désagréables les unes que les autres… voire même des menaces de mort. A ces dernières, je réponds avec mon ultime instinct de survie : je capitule.

« L’instinct de survie », c’est qu’il en faut pour évoluer, dans Yagg comme partout ailleurs. Or, summum de l’évolution, aujourd’hui notre instinct de survie n’est plus animal, il est virtuel. Bientôt, on m’obligera (ou plutôt, soyons honnête sur ce blog, je me sentirai obligée) d’acheter une télé 3D et de regarder « Avatar » en racontant chacune de mes impressions, simultanément sur mes 12 blogs…

J’ai peur. Je ne veux pas de ce futur d’esclave ! Je dis NON !

Mais pourquoi je fais ce blog alors ?

Par conviction communautaire ? Ce serait me prêter de trop nobles intentions.

Parce que j’ai des choses intéressantes à partager ? Jamais le vendredi.

Parce qu’on exerce sur moi une pression à couper au couteau ? Ce n’est  qu’une image…

Parce que j’ai décidé de jouer avec le feu et de mettre d’ores et déjà un pied dans ma tombe virtuelle ? Bingo.

Aussi, tout ce qui sera publié sur ce blog le sera dans un élan du coeur, un sursaut de vie réelle, et surtout un souffle d’auto-dérision face à l’imminence de la fin. Chaque lettre, chaque virgule ne sera rien de plus qu’un hymne à la vie abandonnée. Cette vie fut nourrie de passions, aussi excuserez-vous certaines obsessions… une en particulier. Les seins. Voilà, c’est dit. Me voilà virtuellement résumée à ma passion des seins. Peu m’importe désormais.

Parce que la vue est un sens tristement limité, et que notre imagination, elle, est infinie.

Je compte sur l’indulgence de mes pairs yaggeurs-euses, sur la bienveillance des anciens, sur l’amitié des futurs. Je n’aurai d’autre crédo que la futilité et le plaisir d’écrire, le moins égoïstement possible. La bulle sera mon paradoxe : mon monde ouvert (à vous), mais toujours prêt à exploser. Et surtout… la bulle, c’est parce que c’est rond, et ça ressemble à un sein : comme quand on fait des bulles de savon et que deux se forment, l’une contre l’autre, la plus petite évoquant dangereusement un téton. Hmmm…

Bienvenue aux plus courageux 😉

 

 

 

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