5381 juillet | 2015 | B.U.L.L.E.

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Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | Du jamais lu ! | histoire érotique lesbienne | Nouvelle érotique lesbienne | Plaisir d'écrire | y'a que ça de vrai ! | 13.07.2015 - 21 h 41 | 19 COMMENTAIRES
Vacances, canicule et Visiobulle (Ep.1)

Bien le bonjour, tout le monde ! Je vous livre ici la nouvelle de l’été, un été bien trop chaud pour être honnête, non ?

« Tu as l’air fatigué, Lison, tu devrais vraiment prendre des vacances », qu’ils disaient. « Pourquoi pas sur la Côte d’Azur ? Tu peux y être en quelques heures à peine et profiter du soleil et des plages ! », qu’ils disaient. « Ma tante m’a légué un petit appartement à Juan les Pins » a ajouté Marc. « Si tu veux, je te laisse les clés. Va te reposer un peu et prendre du bon temps. Tu en as clairement besoin » a-t-il insisté.

Ça sonne toujours bien, le mot « vacances », surtout sur la Côte d’Azur, même si ça fait sans doute un peu prétentieux. L’offre était trop alléchante et il fallait de toute façon que je fasse un break. Le travail n’était pas en cause, bien au contraire. C’était ma planche de salut. Mais à ce rythme, mon corps me lâcherait à coup sûr !

J’ai été faible.

J’ai accepté.

Mais POURQUOI Juan les Pins en plein été ?

Note pour plus tard : ne JAMAIS se risquer sur la Côte d’Azur au mois de juillet.

L’appartement en question est un charmant petit loft qui donne sur une cour intérieure. Il est donc relativement calme par rapport à l’ambiance de la ville surchauffée et dégorgeant de monde. Arrivée de nuit, j’ai pu m’installer tranquillement, et pendant les quelques minutes qui ont précédé mon sommeil, je me suis presque réjouie d’avoir cédé.

Mais ce matin…

Réveillée douloureusement par les coups de klaxon des touristes déjà excédés à 9h du matin, la tête lourde du voyage de la veille, de la fatigue accumulée ces derniers mois, et l’humeur aussi noire que ce que le ciel est bleu, je n’ai même pas trouvé le courage de sortir. Dans les placards de Marc, j’ai quand même trouvé quelques filtres à café et un paquet tout neuf. Tout n’était pas perdu.

 _________________________

Il est plus de 11h quand je me décide à me trainer jusque dans la douche et près de midi quand je sors faire les courses. Dehors, la chaleur est étouffante. Le soleil impitoyable fait rôtir chaque molécule et se délecte particulièrement des peaux encore trop blanches et insuffisamment badigeonnées de crème. Il se répercute de vitres en dallages et vient arrêter l’œil de ses éclats menaçants. L’air est à peine respirable : tout sent le chaud. Les poissonneries qui se targuent de vendre le poisson frais du matin dégagent des odeurs nauséabondes – surtout pour quelqu’un qui émerge à peine – et les snacks, pizzerias et restaurants en tous genres saturent l’atmosphère de relents de fritures, de sucres et d’arômes artificiels.

Ecœurée, je n’achète que le strict nécessaire avant de retourner dans le petit confort du loft pour me préparer un sandwich. Le calme de l’appartement est un réel soulagement. Je constate néanmoins que mon portable clignote. Marc m’a envoyé un message : « Je sais qu’il fait chaud, mais évite de rester cloîtrée. La Pinède est agréable à toute heure du jour et les plages sont un régal en fin de journée. Ne fais pas l’ourse et amuse-toi bien ! PS : Je ne sais pas ce qu’il reste à manger, mais les bières sont au frais ! Fais comme chez toi. »

Marc est un amour. Et il me connaît un peu trop bien visiblement.

Sur le point de digérer mon sandwich, j’envisage très sérieusement le canapé mais d’un coup d’œil culpabilisant à mon téléphone et au portrait souriant de Marc et de son épouse qui trône sur le guéridon de l’entrée, j’opte pour la petite promenade.

A peine ai-je franchi les portes de l’immeuble que la chaleur me prend à la gorge. Non, vraiment, ce genre de vacances n’est pas pour moi. Si je veux suffoquer, il me suffit de rester dans mon marasme quotidien. A contrecœur, j’entreprends de descendre vers la plage pour la longer jusqu’à ladite « Pinède ». Chaque pas me coûte. J’ai presque l’impression que mes semelles collent au trottoir et en quelques secondes à peine, je sens la sueur perler sur chaque centimètre carré de ma peau.

Il est 13h30, le soleil est au zénith. Les rues sont presque calmes comparées à tout à l’heure. Les gens, hébétés de chaleur ont trouvé refuge dans les restaurants. Contrairement à une heure plus tôt, je n’ai pas à jouer des coudes pour avancer jusqu’à la plage. Quand j’y arrive enfin, je suis un peu déçue. Certes, la mer est d’un bleu méditerranéen inégalable, mais la plage, elle, semble inaccessible. Elle est, à perte de vue, obstruée par des constructions sans intérêt qui proposent, à des prix ridiculement élevés, des matelas, des boissons et un choix de plats aux noms alambiqués, sans doute pour justifier leurs coûts exorbitants.

Un glacier me renseigne : pour la plage publique, il faut faire 7 à 800 mètres en prenant à droite. Incapable d’envisager de faire autant de pas par cette chaleur pour tremper un orteil, je reviens à mon idée initiale. « Pour la Pinède, vous faites 200 mètres sur la gauche », m’affirme le marchand de glace, déjà détourné vers une famille de touristes qui, eux, achètent.

Je m’apprête à m’engager aussitôt sur la gauche quand mon regard s’arrête à nouveau sur la mer. Juste devant mes yeux, un ponton s’avance de quelques dizaines de mètres dans l’eau. Malgré moi, je suis fascinée. C’est étrange, cette sensation que provoquent en moi les grands espaces. J’ai déjà vu la mer, des dizaines de fois, et pourtant, je suis comme aimantée par elle. J’éprouve le même sentiment curieux face aux montagnes, à l’océan, aux déserts. L’immensité de la nature, sa puissance et sa profondeur forcent mon respect. Elle m’apaise et me captive. Hypnotisée, j’oublie l’ombre des pins pour m’engager sur le ponton.

L’espace d’une seconde, mon regard est parasité par le tumulte des enfants qui agitent l’eau des plages privées. Je constate, non sans me morfondre intérieurement, que malgré leurs tarifs hallucinants, les plagistes font fureur. Les gens écrasent les matelas encore plus lourdement que ce que le soleil nous assomme. Ceux-là digèrent pendant que d’autres mangent et fument aux terrasses envahies de parasols. Tout cela fondu dans un brouhaha malvenu que fort heureusement, les vagues submergent de leur chant primaire.

Je suis seule sur le ponton. La chaleur y est indescriptible, mais au fur et à mesure que je m’avance, un petit air marin vient la rendre moins insoutenable. Sur le côté droit de ce bras de béton, un curieux bateau est amarré. Un bateau jaune. Sur son flanc, on peut lire en grosses lettres bleues : « VISION SOUS MARINE ». Il ne tangue presque pas. Comme si la mer elle même refusait de prendre le risque de suer en remuant.

Je ne suis qu’à quelques dizaines de mètres de la civilisation, pourtant ici, tout est calme et apaisant. Même l’air me semble plus pur. Pendant une minute, je ferme les yeux. Mentalement, je remercie Marc de m’avoir convaincue. Venir n’était peut-être pas une si mauvaise idée, finalement.

Quand je soulève à nouveau les paupières, le soleil m’éblouit. Les yeux plissés, mon regard se promène sur la surface d’huile que de nombreux bateaux de différentes tailles et de différents styles, ponctuent inopinément. Immanquablement, je reviens sur le bateau jaune. En le détaillant de plus près, je remarque que sur un des bancs qui meublent le pont, quelqu’un semble dormir. Sans doute un membre de l’équipage qui profite de la pause pour faire sa sieste en attendant la prochaine flopée de touristes.

Un scooter des mers attire mon attention. Il s’engage entre les bouées qui mènent jusqu’au ponton puis, arrivé à quelques mètres à peine de l’avancée bétonnée, il fait demi-tour et accélère plein gaz, ruinant ainsi la tranquillité de l’instant. Le bruit m’insupporte et apparemment je ne suis pas la seule.

Sur le bateau à vision sous-marine, le corps allongé s’anime. D’un geste nonchalant, la personne se soulève, passe un bras par-dessus le siège pour aviser le fauteur de trouble, et d’un geste mou, replace les mèches indisciplinées que le vent coiffe à sa guise.

Je ne suis pas très loin, pourtant, je n’arrive pas à distinguer s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. La silhouette est svelte et élancée. A la fois gracieuse et virile. Les muscles bien dessinés des bras et des mollets s’échappent d’un T-shirt gris dont les manches ont été roulées jusqu’aux épaules et d’un bermuda délavé. Le visage ne révèle que quelques traits fins, une coupe courte à l’allure négligée et un regard habitué à scruter les horizons. Il ou elle est d’une beauté… marine.

Saisie, par l’androgynie de cette personne, je ne perds pas une miette de chacun de ses gestes. Un étirement d’abord, suivi d’un bâillement presque bruyant. L’espace d’une seconde, une hésitation, un regard vers le banc : se recoucher ou ne pas se recoucher, telle est la question. Une main vient gratter la nuque et se perdre entre les épaules, sous le coton léger du vêtement, puis en ressort, visiblement plus moite. D’un coup, le corps s’ébranle. Il se lève et d’un geste tout naturel, défait la large ceinture de cuir du bermuda avant de le laisser tomber jusqu’aux pieds. Dans la foulée, le T-shirt disparaît lui aussi, me permettant par la même occasion de constater qu’il s’agit d’une femme. Ses seins, subtils mais indéniables, sont tout aussi bronzés que le reste de son corps. A leur vue, mon propre corps réagit étrangement. Comme s’il était surpris de reconnaître une femme là où il aurait souhaité un homme. Parce que, soyons honnête, cet être est tout ce qu’il y a de plus désirable !

Pendant une fraction de seconde, je mesure mon manque de pudeur. Mon œil curieux scrute chaque courbe de ce corps magnifique. Ses fesses sont recouvertes d’un boxer noir, merveilleusement moulant, qui ajoute encore au charme et au mystère de cette femme surprenante. Dans mon bas-ventre, la marée monte, mais dans ma tête, il n’y a plus rien que cette fascination physique. Mon cerveau est prisonnier de mes yeux. Il ne réfléchit plus.

Quand son regard croise le mien, je ne cherche même pas à me détourner, je suis figée. Une seconde. Une éternité.

Ce n’est qu’au bruit mouillé de son corps pénétrant, dans un plongeon élégant, la surface miroitante de l’eau que, tout à coup… je me souviens.

(à suivre ici)

Le Visiobulle, le seul, l'unique !

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