5381 janvier | 2015 | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
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APPRENDS-MOI… (Ep. 10)

@Dwarfy mérite bien un peu de repos mais reprendra la plume très prochainement, ici et/ou sur son blog, alors en attendant, je vous livre la suite de cette nouvelle. Merci de votre lecture fidèle ! 

(previously)

J’ai parfois l’impression d’avoir passé ma vie en quête d’esthétique, aussi bien dans mes lectures, mes recherches, mes ambitions poétiques que dans mon quotidien de femme sensible à la beauté sous toutes ses formes. Mais nulle forme ne m’a autant émue que celles que je caresse du bout des doigts. Avides, mes regards absorbent chacune de ces courbes délicates.

Violette frissonne. Pourtant, elle ne remontera pas le drap. Nous avons chacune besoin de cette minute de contemplation de l’autre, cette minute pour une éternité de souvenirs, de plaisirs condensés en un sens. Mes yeux sont ma peau, ma langue, mes oreilles. Ils apprennent d’un sourire, d’un souffle, d’un parfum. Je veux tout savoir d’elle, je veux prendre le temps de la découvrir. Si nous nous taisons, c’est dans le recueillement de nos cris à venir. Dans son regard, je devine le désir, encore.

Il n’y aura pas d’essoufflement ce soir.

C’est elle qui rompt l’immobilité consentie. De son bras chaud, elle vient enserrer ma taille, imposant par ce geste une indéfinissable sensation de quiétude et, simultanément, une excitation fiévreuse. D’un mouvement leste de son bassin, la voilà qui me recouvre de tout son corps, sa bouche narguant délicieusement mes lèvres. Espiègle, elle les pince délicatement de ses lèvres si douces. Je m’abandonne à son jeu, guettant docilement le meilleur moment pour rentrer dans la partie. Quand sa bouche s’applique à dessiner les reliefs de mon cou en remontant, dangereuse, jusque sur la mienne, je m’efforce de résister à l’envie de l’embrasser. Chastement, je viens poser mes mains sur ses hanches irrésistibles. Mes caresses adoptent le rythme de ses lèvres.

Je ferme les yeux, soumise à l’émotion enivrante de son corps sur le mien. Nos peaux, comme nos chairs, se reconnaissent et s’apprivoisent. L’entente est feutrée, si tendre… Partout, son contact nourrit et éveille. Prisonnière de ses charmes, je me livre et goûte à de ces libertés qui n’ont d’autre espace-temps que la rencontre de nos peaux. Tout se joue dans l’absence de vide entre nous. Rien ne m’emplit autant que notre promiscuité.

Quand ses lèvres se posent à nouveau sur les miennes, s’entrouvrant cette fois pour laisser sa langue se frayer un passage, je ne résiste plus. Notre baiser se fait aussi intense, aussi nu et passionné que nous-même. Mes bras l’étreignent sans modération. Je bois à sa bouche tous les mots que nous taisons encore, affamées de mouvements, d’actes, de vrai. Les mots viendront plus tard. Ils ne nuanceront pas, ils ne décevront rien. La conversation de nos corps ne se tarira qu’à l’heure bienheureuse de l’épuisement. Au fond de moi, un sourire satisfait : je ne rentrerai pas ce soir.

Sans la moindre innocence, Violette fait glisser sa jambe entre mes cuisses. Il n’en faut pas plus à mon sexe pour se mettre à bourdonner. Si habituellement le désir est une pulsion dévorante, qui a tendance à faire passer tout le reste au second plan, avec elle, il devient violent, annihilant réalité et conventions. Sous son corps, je ne suis plus qu’instinct primaire et animal, charnel et voluptueux.

D’une langueur quasi cruelle, elle se met à remuer sur moi et mon corps entier épouse le mouvement de ses vagues. Je sens son sexe s’ouvrir sur la peau tendue de ma cuisse et je sais que le mien a déjà inondé sa jambe de mon plaisir. Au moment où ses coudes se plantent autour de mes bras pour qu’elle puisse plonger son regard dans le mien, mes mains agrippent les rondeurs aguicheuses de ses fesses. Le rythme s’intensifie alors : nos respirations jumelles accusent les à-coups du désir et les pointes tendues de ses seins frôlent outrageusement ma poitrine brûlante. Son regard se brouille, égaré sur l’écran de son plaisir. Je l’observe, impudique. Je pense bien n’avoir jamais rien vécu de plus grisant. De mes mains, j’appuie encore le mouvement de son bassin, accélérant à peine mais creusant encore plus ce frottement délicieux, arrachant un gémissement affolant à mon inspectrice incandescente.

Ses tétons provocateurs s’accrochent aux miens, la peau souple de nos ventres se fait moite et glisse presque bruyamment, étouffée par nos halètements. Je pourrais jouir comme ça, je le sens. Mais pour l’instant, je suis totalement fascinée par les expressions de son visage. La regarder faire monter le désir en elle, en nous, par ce simple balancement des corps, voir ses traits s’abandonner à cette quête de plaisir à la fois si égoïste et partagé, c’est terriblement excitant. Je veux la voir jouir sur moi, je veux sentir son sexe couler sur le mien.

Pendant une seconde, j’interromps le rythme de nos hanches. Surprise, elle m’interroge du regard pendant que je m’efforce de glisser mon autre jambe entre les siennes. Je lui souris, elle comprend et se positionne sans ménagement à califourchon sur moi. Les lèvres humides de son sexe viennent s’écraser sur le relief prononcé de mon pubis et déjà, elle reprend sa danse ensorcelante. Ses bras se tendent, son dos se cambre et ses seins s’agitent juste sous mon nez. Impossible de résister. Mes lèvres se posent d’abord presque chastement sur son grain de beauté. Du bout de ma langue, j’en lèche les contours avant de refermer ma bouche sur la pointe ferme de son téton. Les mouvements de nos corps m’incitent à alterner d’un sein à l’autre, sans précipitation, alors que mes mains s’impriment de plus en plus fort dans la chair ferme et douce de ses fesses.

Ivre du plaisir de sentir la convexité de mon sexe s’insinuer dans la tendresse de ses chairs, ses gémissements me font perdre la tête.  Son propre plaisir coule maintenant en abondance et le frottement fluide de nos sexes l’entraîne toujours plus haut, vers une jouissance imminente. Je veux savourer cet instant. Graver chaque son, chaque sensation, chacune de ses expressions dans ma mémoire, mais surtout : je veux qu’elle explose sur moi. Frénétique, mon bassin se soulève à la rencontre de son sexe, tandis que ma bouche se fixe sur un téton qu’elle suce et mordille délicatement. Violette crie presque… Oui, elle crie ! C’est alors que son corps se tend complètement, le dos arqué, les yeux grands ouverts… et son cri devient râle et hoquets pendant que nos corps décélèrent mais s’aiment toujours.

Entre mes jambes, le bourdonnement s’est fait tremblement de terre, volcan. Son orgasme aura presque suffit à déclencher le mien ! Je suis quasiment aussi secouée qu’elle quand, enfin, son corps se relâche et vient s’étendre mollement sur le mien. Avec toute la délicatesse du monde, je passe ma main dans ses cheveux, dégageant son visage. Dieu qu’elle est belle ! Les joues rougies par l’effort, le souffle court, un franc sourire de satisfaction sur les lèvres, c’est… oui, c’est cette image que je veux garder d’elle, toujours ! Le menton posé entre mes seins, elle me renvoie la tendresse de mes regards conquis.

« Maëlle, me chuchote-t-elle, très sérieuse tout à coup.

– Oui ?

– J’ai envie de toi. »

Non, ce n’est pas l’heure des mots. Pourtant, ceux-là… D’ACCORD !

(la suite ici)

 

 

 

Photo par Harry Kerr (et je renvoie à cette sélection qui m’a bien plu et que je partage avec vous !)

à la femme de ma vie | l'amour comme on ne l'a jamais lu mais comme on le vit tous les jours | Photopoésir | poésie | 25.01.2015 - 16 h 47 | 19 COMMENTAIRES
Je rentre chez toi

Quelques mots d’introduction sont nécessaires ici. Pour celles et ceux qui attendent l’épisode 10 de la nouvelle en cours, ne vous inquiétez pas, il est prévu,  je m’y remets dès cette semaine. Vous l’aurez sans doute pour le week-end prochain. 😉 😀

En ce qui concerne la publication du jour… Je sais que j’ai déjà proposé des choses assez personnelles sur ce blog, des réflexions, des anecdotes, des poèmes… Ici, il s’agit aussi d’un poème. Mais j’avoue ne jamais avoir rien écrit ni partagé de plus sincère, nu, et intime que ces lignes-là. Ces mots étaient nécessaires aujourd’hui, ils sont enfin posés. Ils n’atténuent en rien la violence des sentiments qui les ont fait naître et pourtant, ils libèrent en partie ce souffle que je cherche, qui me manque depuis des semaines. Peut-être comprendrez-vous. Peut-être trouveront-ils un écho chez vous aussi. Comme il s’agit de poésie, je n’ai ni scrupule ni fausse pudeur à partager cela avec vous.

Je vous souhaite une bonne et belle fin de week-end, et tout pareil pour la semaine à venir !

Je rentre chez toi

Je rentre chez toi et, avant même que la porte ne s’ouvre, je sais que je vais être transportée. Un pas dans tes odeurs et c’est l’Italie de mon enfance que j’embrasse dans la chaleur familière de ta procuration. Bergère de mes papilles, Marianne de ma mémoire, tu révolutionnes les chemins de la félicité, casserole au poing. Le monde se tait : il entend que je suis chez moi.

Je rentre chez toi comme on s’explore, comme on apprend à s’aimer. Ce qu’il y a de bon et beau en moi, c’est ton héritage, ton visage, ma lumière. A la porte qui grince à peine, tu souris. Tu m’as pressentie plus qu’une mère ne l’aurait pu. Les béances de ton sourire, de tes bras, de ton cœur, me comblent autant que je les rassasie. Le monde n’existe pas : mon monde, c’est toi.

Je rentre chez toi pour respirer. Toi seule sais les secrets de l’air. Il est plus libre et pur au sein de ton foyer que sous n’importe quelle latitude. L’espace n’est que vide si tu ne l’habites pas. L’immensité se cache aux replis de ta robe, Dame Nature ne sublime que par tes conseils : tu es la voix, l’origine, le don. Le monde ne mesure pas sa chance : il te porte, ignorant que tu l’élèves.

Je rentre chez toi comme je suis née, innocente, vulnérable. Mon refuge m’attend au creux de tes caresses. Les nœuds de tes doigts, leur tendre rudesse, l’atmosphère douce et forte de tes paumes sur mes joues, dans mes cheveux, m’immergent dans cette transe que tes chants d’ailleurs et de jadis vibrent sourdement. Le monde ne tourne pas : il danse à ton rythme.

Je rentre chez toi et, sans question ni condition, sans révérence ni préliminaire, je jouis de la générosité de mon existence. Tu es celle qui rassemble, qui nourrit, qui enseigne. Je te suis, te dois et te reviens. De toi à moi, il n’y a pas d’écho mais une continuité : horizontale dans nos poèmes, verticale par le sang, parabolique. Le monde n’a pas de limite : tu es infinie.

Je rentre chez moi.

Je viens de te rendre visite et j’en suis morte. Ils disent que ta santé va mieux, qu’ils peuvent stabiliser ton diabète, calmer tes douleurs. Ils ne voient pas. Ils ne savent rien. Ils ne te connaîtront jamais. Pour eux, tu es ce corps malade, analphabète et décharné, aux prises avec la sénilité muette d’un Chronos en bout de course. Ils ignorent tes démons, tes pleurs, tes cris. Ils anesthésient, camouflent, entretiennent. A aucun moment ils ne mesureront la valeur de ton âme.

Je rentre chez moi.

Je n’arrive plus à regarder le vide dans tes yeux, le vide puis cette folie braillarde qui s’empare de toi et imprègne le monde autour. La bave aux lèvres, les doigts noués autour de cette corde invisible qui t’entraîne dans l’au-delà, tu implores. Tes seuls éclairs de lucidité hurlent un hymne à la mort que je ne peux entendre. Tu es déjà partie. Le monde est perdu, son balancier s’est brisé, l’équilibre est rompu. Le monde est orphelin. Je pleure.

Je rentre chez moi.

Tu es là. Toujours.

à ma grand-mère

100% manuel ! | corps de femme | Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | Du jamais lu ! | éducation libéro-sexuelle | histoire érotique lesbienne | Homosexualité et éducation | Nouvelle érotique lesbienne | poésie | y'a que ça de vrai ! | 21.01.2015 - 13 h 31 | 16 COMMENTAIRES
APPRENDS-MOI… (Ep. 9)

Puisqu’elle était lancée, voilà enfin LA scène que tout le monde attendait, livrée par @dwarfy en personne ! Je vous laisse profiter de la poésie de l’instant et vous souhaite une bonne lecture !

– Votre humble Pucedepoesir –

(previously)

C’est un vertige qui nous étreint : celui de l’intimité offerte, enfin. 

Dans le creux d’une vague, lorsque nos bouches impétueuses se ferment au ressac des langues complices, je respire à sa source le souffle qu’elle expire, alizé grisant et capiteux… je manque de défaillir et il me semble que l’azur azur se déverse et inonde chaque recoin de mon espace crânien… aussi, chaque neurone s’enivre, explose et se soumet à cette prise de possession aérienne.

Je suis obligée de me retirer, de poser doucement mon front contre le sien… ma poitrine s’est évasée et palpite. Tandis que je me remets un instant de ce fougueux dialogue, Violette s’empresse de voguer sur mon visage : ses lèvres brûlantes déposent de tendres baisers… joue… œil… tempe… front… pommette… œil … joue… mais elle ne résiste pas et, presque imperceptiblement, vient me trouver dans l’obscurité des yeux fermés, en survolant mes lèvres entrouvertes.

C’est un voile d’une extrême légèreté qui vient me recouvrir toute entière. Je capitule et ne sais plus qui je suis, où je suis, où mon corps s’arrête et où le sien commence… Nous avons disparu, évaporées, loin derrière les sensations qui nous assiègent. J’entrouvre les yeux et lui souris. Elle me répond par un sourire franc et paisible. Et pour ne faire plus qu’une, nous nous étreignons fort. Nos têtes reposent sur l’épaule de l’autre. Ses cheveux chatouillent le bord de mon visage émotif. Instinctivement, nos corps se sont mêlés et je sens mon bassin, mes cuisses, mes genoux chercher son contact.

Pourtant, je m’éloigne lentement, la regarde… L’envie irrépressible de sentir sa peau, de la goûter m’arrache à cette trêve béate. Je décide alors de me lancer à la conquête de son corps en alerte, prêt à accueillir mes explorations. C’est sa mèche que je commence par repousser du revers de la main. Mes doigts s’infiltrent dans ses cheveux soyeux et sillonnent cet univers éthéré. Sa nuque se raidit sous mes caresses et je trébuche sur ses clavicules avant de m’aventurer sur sa poitrine. Elle porte un décolleté prononcé qui m’impose et m’oppose néanmoins la frontière de sa pudeur.

Je voyage alors dans cet univers galbé et sous les encouragements de ses soupirs, j’empiète sur cette terre satinée et sacrée en passant le bout des doigts sous le tissu résistant. Prise de convulsions, elle me serre contre elle. Nos bouches se retrouvent et entament une nouvelle fois leur débat complice. Ses mains m’enserrent le visage et soudain, elle me tend son cou et gémit. Mes lèvres vagabondent et se laissent attirer par le trésor qui orne sa poitrine, ce fameux grain de beauté qui avait déjà attiré mon attention.

Je ne peux plus supporter le tissu auquel mes lèvres font face. Comme dans une valse ordonnée, elle retire rapidement cet obstacle et, en renversant sa tête en arrière, s’abandonne à mes pressions tépides et charnues. Je m’égare inconsciemment sur ce continent de douceur, enfin découvert.

Revenue à elle, elle tire sur ma chemise et son œil malicieux me prévient d’une incursion imminente. Un à un, elle déboutonne les verrous qui renferment mon cœur affolé. Comme pour dissiper un brouillard dense, elle balaie de ses deux mains le coton rayé. Elle pose son empreinte sur mes seins. Un silence immobile tournoie autour de nous. Un de ces silences qui avertit de l’orage à venir.

La chemise glisse le long de mes épaules qu’elle effleure et presse. Tout à coup, elle me prend par la main et m’entraîne dans le couloir sombre où elle demeurait il y a encore quelques instants ou bien il y a une éternité. Déboussolée, je la retiens et la plaque contre la surface froide de ce tunnel ténébreux : « Attends… ». Pas le temps d’hésiter, elle me repousse et me pivote… Aaah ! Un froid terrible et pénétrant s’empare de mon dos. « Attendre quoi ? me rétorque-t-elle, je te veux. »

Ce souffle dans le creux de mon oreille me fait chanceler. Elle le sent et maintient fermement nos mains enlacées. Commence alors une tempête impétueuse, une collision houleuse… et je ne peux qu’abandonner ce flottement prohibé. Définitivement, je renonce à toute forme d’entendement. Elle ondule son buste dénudé sur le mien et convertit ma rigidité à sa souplesse. Dans une osmose sans concession, elle me conduit dans sa chambre, éclairée par une lampe à sel. L’atmosphère embrasée de la pièce projette ce que nos sens transpirent.

Lorsque nous heurtons le bord du lit, nous nous renversons d’un commun accord. Notre tornade file sur l’océan safran des draps et mon corps, métamorphosé en chaloupe, recueille sa gravité. Nos jambes s’entrecroisent et souffrent l’épaisseur du jean. Au loin, nos baisers tumultueux troublent la sérénité du lieu : nous voguons sur les flots blanchissants… sur les vagues déchaînées du désir.

Dans la tourmente de nos caresses, je sens une chaleur terrible se propager entre nos cuisses volubiles. Violette, transie, m’agrippe et se jette en arrière. Je la dévore de baisers en bravant des rafales plaintives. Ivre, ma main s’achemine au gré des vents ardents vers sa ceinture. Débouclée. Mes doigts s’attachent alors à apprivoiser les serrures de sa toile marine, qui abdiquent en un instant. J’ose rompre cette fusion thermique, me relève et libère ses jambes magnifiques de l’écorce rugueuse qui les recouvrait. Je répète la manœuvre et me dévoile devant ses regards lumineux.

Nous voilà presque nues, telles des offrandes réciproques et la douceur de sa peau m’emporte dans un monde séraphique. Mélodie extatique de deux épidermes qui s’entretiennent et se passionnent.

Une accalmie s’empare de nous, débarrassées des carcans et légères comme des cirrus voilés. Contrairement aux ennuis maritimes, nos corps flottent et tanguent sur les ondes chatoyantes. Je me suis allongée près d’elle, versée sur son visage, la tête accoudée. D’un mouvement de bassin, elle se colle contre moi et nous ne formons plus qu’un détroit aux roches mouvantes.

Nous partons en exploration de ces territoires vierges. Les falaises escarpées de nos épaules roulent et s’enroulent. Je veux apprivoiser chaque centimètre de sa peau qui se crêpe et se fronce et bourgeonne sous mes doigts prévenants. Brûlants. Elle s’amuse à tracer des lignes et des arabesques sur ma poitrine et finit par dégager lentement la bretelle brodée qui menotte l’accès à mes seins.

Cette libération m’émeut et je veux aussi délivrer son épaule de ce joug et de tous les autres jougs qui me séparent de sa peau enivrante. D’un claquement de doigts l’accroche s’incline cataclysmique : ses chairs respirent et se détendent. Ma main s’entête et, sans que je ne puisse encore baisser mes regards courtois et discrets, ôte la matière superflue. C’en est trop ! J’explose à la vue de ces boutons roses qui fleurissent sous mes yeux. Il me semble qu’un arôme argenté brille dans le fond de mes narines… Je cède à mes pulsions et me loge au creux de ces monts merveilleux.

Une frénésie incontrôlable m’emporte et s’alimente lorsque Violette laisse échapper quelques sons indistincts au milieu des expirations de plus en plus prononcées. Elle passe ses mains entre mes cheveux et insensiblement me guide sur son plexus, puis sur son ventre que je découvre comme l’on découvre un continent inconnu. Bien sûr qu’elle veut que je poursuive cette descente infernale dans les braises de son désir palpable… mais il est trop tôt.

Je ne m’autorise pas encore le chemin qui mène à ses ruisselantes richesses. Je veux inspecter et prospecter l’étendue de son dos longuement capturé par mes doigts dilatés… Alors qu’elle croit enfin obtenir satisfaction, je la chavire, l’accoste et la domine… Ô merveille hâlée ! Ses omoplates tigrées resplendissent et sa taille subtilement marquée appelle mes baisers.

Je ne peux m’empêcher de griffer amoureusement son dos jusqu’à ses fesses tendres et rebondies. Très rapidement, j’ôte le peu de dentelles qui maquille ma poitrine et fond sur ma proie aux aguets. Je m’arrête à quelques millimètres de sa peau et l’effleure du bout des seins, durcis par l’excitation. Elle pousse un gémissement et serre mes mains enfin prisonnières des siennes. Je sens son bassin bouillonner sous mes cuisses… déflagration instantanée.

Comme répondant à l’appel, mon bassin, tel un balancier, s’ébranle et oscille. Mon sexe gorgé se laisse bercer sous les notes mélodiques de nos corps symbiotiques. Perte de connaissance… hypnose… la pièce tourbillonne autour de nous tandis que monte en moi un chant symphonique. Essoufflée, je me laisse glisser sur le lit.

C’est alors que Violette se dresse et m’habille de baisers mêlés de morsures. Corps vaporeux… poitrines frémissantes… extrémités inquisitrices… tout en ondulant, elle se faufile entre mes courbes et s’engage près du foyer fiévreux et rutilant. Mes membres contractés ne peuvent plus se retenir de rebondir sur les salves du plaisir. C’est à mon tour de tenir du bout des doigts la tête de Violette qui charme l’intérieur de mes cuisses échauffées.

Lorsqu’elle approche son visage, je sens, à travers le tissu tendu, son souffle chaud et humide. Ses lèvres se posent sur mon pubis accueillant, pincent délicatement ma peau encore défendue et s’amusent avec les frontières qui lui sont soumises. Tout à coup, un air frais me saisit : elle a soulevé et repoussé le treillage fin et contemple mon intimité émue. Lorsque nos lèvres se rencontrent pour la première fois, j’ai l’impression qu’elle susurre une formule enchanteresse et que tout mon être s’abandonne à ses ensorcellements.

Je suis otage de ces succions, otage de sa langue impétueuse et infiniment tendre, otage de sa langue qui extravague méthodique dans le chaos de mes sensations. Imperturbable, elle poursuit son œuvre tandis que j’implose, le souffle saccadé, la tête ballottée par les spasmes d’une poitrine sur le point de se déchirer. Mes orteils tyrannisés par des crampes sourdes tentent de résister à toutes les braises nerveuses qui se dispersent dans mon corps et me consument.

Soudain… éclat… débordement… convulsion… commotion… et cette larme qui coule le long de ma joue enluminée. Après ce séisme luminescent, un à un mes muscles s’apaisent et s’oxygènent tandis que Violette me retrouve et me recouvre de tout son être aux abois.

Loin de me perdre de vue dans ces nuées orgiaques, elle ne me laisse pas une seconde de répit et m’embrasse fougueusement… « J’ai aimé ton sexe… J’ai aimé tes cris et tes mots… J’ai aimé tes tremblements… Maëlle… » Sa voix me rappelle à la vie et encore engourdie, je la prends dans mes bras et la serre autant que je le peux, vidée de toute force. Nous restons un moment immobiles, comme si nous avions trouvé dans l’imbrication savante de nos corps satisfaits, l’empreinte que nous voulions laisser de nous au monde. Mais rapidement, je sens ma cuisse devenir le réceptacle sacré de son désir liquoreux. Je succombe alors à cette impérieuse invitation.

Après de doux effleurements le long de ses bras, de sa taille, de son ventre… mes doigts flirtent avec la naissance de ses seins, mes paumes tentent d’apposer leur empire sur ses pommes caramélisées… mais ma bouche ne résiste pas à l’envie de captiver l’île sauvage qui se dresse, inconstante, sous les vents du midi. Ivresse marine… et le courant m’emporte sur l’océan de ces chairs délicieuses.

Voyage insouciant vers cette faille cryptée où se distille un Opium savamment concocté… Impatiemment, j’arrache ses poèmes arachnéens et affronte le pistil qui perle. Cupide, elle tord les draps qui craquent… Non… elle ne me sent pas encore mais me devine face à la clé de voûte, déterminée et contemplative.

« Maëlle… », supplie-t-elle. Conquise, je finis par me soumettre. Je respire ses pétales gonflés et converse dans une langue lunaire avec ses palpitations embaumées. Son bijou devient le centre créatif d’une orfèvre inspirée… et dans un envoutement savoureux, je me perds dans les labyrinthes de son plaisir… Elle gémit, animale. Et ses cuisses indociles se contractent, ses fesses fébriles tremblent… à peine ai-je abordé l’antre inondé, qu’elle explose en Echinopsis Mirabilis*.

Le ciel nocturne s’est fendu sous son cri volcanique, Violette.

*Echinopsis Mirabilis

*Echinopsis Mirabilis

(la suite ici)

Photo de couverture : Man Ray.

Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | Du jamais lu ! | éducation libéro-sexuelle | histoire érotique lesbienne | Homosexualité et éducation | Nouvelle érotique lesbienne | Plaisir d'écrire | y'a que ça de vrai ! | 16.01.2015 - 08 h 20 | 21 COMMENTAIRES
APPRENDS-MOI… (Ep. 8)

Ami.e.s Yaggeuses et Yaggeurs, je vous prie d’excuser le délai de publication sur cette nouvelle. J’avoue que les événements récents y sont pour beaucoup. Difficile d’érotiser en ce moment, mais comme il faut continuer à rire de tout, il faut continuer à aimer et désirer ! 

J’ai promis aux plus impatient.e.s d’entre vous une petite surprise sur cet épisode… Et la surprise la voici : depuis quelques temps, Yagg compte une nouvelle plume parmi ses membres. Pour les curieux-ses, vous aurez relevé la création d’un nouveau blog poétique, mais @dwarfy (Jiji pour les intimes) ne s’arrêtera pas là et prochainement, elle devrait à son tour nous régaler de récits érotiques (probablement dans un nouveau blog… 😉 ). Afin de rentrer en contact avec vous et … parce que je traînais trop à vous écrire la suite, c’est donc elle qui reprend le fil de l’histoire, aujourd’hui. Si je publie ce texte, vous vous en doutez, c’est parce qu’il le vaut bien ! Et vous l’apprécierez, je l’espère, autant que moi. Amies lectrices-lecteurs, le meilleur est à venir !!! 

(previously)

Ce que j’entends en revanche, c’est une petite voix enfantine crier « Maman » derrière nous…

Surprise, je me fige un instant… puis de nouveau la voix s’élance du fond du couloir « Maman… Maman… ».

Je commence à comprendre et détecte dans le regard de Violette un certain embarras. « Excuse-moi, c’est… euh… le téléphone… ce sont les enfants qui m’appellent… Il faut que je réponde, c’est le rituel du soir, ils me racontent leur journée… » Tout en se justifiant, elle lâche ma hanche, s’extirpe de mes bras encore pétrifiés et disparaît d’un pas agile dans l’obscurité.

Je demeure interdite une ou deux secondes et reprend du poil de la bête. Je ne vais pas rester plantée là, dans l’entrée, en l’attendant… Je me décide alors à pénétrer dans l’antre intime de cette chère Violette. Le moins qu’on puisse dire, c’est que j’étais loin, très loin d’imaginer que j’explorerais un jour l’appartement de mon inspectrice… Le salon, sobrement meublé, met en valeur des objets colorés et hétéroclites, sûrement récoltés au gré de nombreux voyages dans le monde entier… Ici une tenture orientale dans les tons ocre et orange, là des bibelots africains ou encore cette poterie aux couleurs mexicaines… Au plafond, une lampe marocaine infuse la pièce d’une lumière marbrée et régulièrement teintée : bleu, rouge, vert se succèdent sur les murs habillés.

Je flâne dans le salon et trouve un magazine photo que je feuillette distraitement… Sa voix chaude et profonde me parvient et suffit à chambouler toutes mes perceptions… Le temps me paraît excessivement long ! Comment vais-je survivre à cette attente ? Tout mon corps me lance des signaux électriques. Mon cœur serré semble s’être lancé dans une folle course de formule 1, propulsant mon sang à mille à l’heure. Comme à chaque fois que je vis des émotions fortes, mes chairs s’amollissent et mes membres faiblissent. Je me sens fléchir… ce n’est pas le moment ! Assieds-toi en l’attendant.

Dans le magazine, je tombe sur des photos en noir et blanc… de femmes… ah ben ça, quelle drôle de coïncidence ! Ce n’est pas fait pour calmer mes ardeurs… Ces corps camouflés, déguisés par un simple jeu de lumière suggèrent un monde stroboscopique qui ne se révèle que par éclats et par fragments… hypnotique, envoûtant, excitant… Me promener à travers ces voies évanescentes, investiguer centimètre par centimètre cette peau suave et injonctive… véritable ode aux méandres cambrés… Je devine en me plongeant dans ces portraits le parfum subtilement brodé sur ces étoffes charnelles… À ce moment-là, je me laisse totalement happer par ce mirage de volutes qui me charme et me ravit…

            Soudain, une décharge m’incendie et me désoriente… Sur ma nuque… du bout des doigts, elle est venue se loger dans mes cheveux… mes oreilles calfeutrées bourdonnent comme un essaim insupportable, je vacille… je ne l’ai pas entendue entrer dans la pièce… Elle est toujours au téléphone, dans mon dos, et j’entends la voix fluette qu’elle écoute distraitement. Elle caresse très lentement l’arrière de ma tête tandis que je n’ose bouger d’un millimètre… Si notre baiser interrompu a pu être torride, à présent, je me sens étrangement paralysée… C’est sa douceur qui m’assiège et électrise mon désir. Presque naturellement, elle ajuste mon col de chemise et ces gestes presque insignifiants me font chavirer. Mais qu’est-ce que je fais ici ? C’est une folie ! Une folie furieuse, qui me déchire le ventre et me fourmille dans la poitrine.

            Elle finit enfin par raccrocher, se racle la gorge et s’excuse, la main posée sur mon épaule. Je me retourne alors et la vois me souriant tendrement. Je prends sa main, me lève et l’attire contre moi. Nous sommes calmes… l’infini s’étend devant nous et pourtant nos visages sont proches et se rapprochent. Je sens mon cœur, sonore, frapper ma poitrine à m’en faire mal. Ses mains enrobent mon dos des omoplates aux reins et, comme froissées par une brise, elles tremblent. Nos joues, magnétisées, se frôlent et s’appareillent… Jamais contact n’a été si doux. Nos têtes, lourdes, se balancent dans un mouvement eurythmique, harmonieux et cadencé. Caresses épidermiques presque à l’arrêt, dans l’obscurité des yeux mi-clos, mi-aveugles. Ce ballet délicat déborde… nos lèvres s’effleurent et s’interceptent et s’abordent et s’amadouent et ne se lâchent plus. Un dialogue haletant invite les étoiles qui gravitent, virevoltent et se heurtent en nous… C’est un vertige qui nous étreint : celui de l’intimité offerte, enfin.

(à suivre)

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Oui, l’image est belle et c’est pour vous faire patienter… La suite sera chaude… vraiment chaude !

 

Merci d’adresser vos éventuels compliments et surtout votre… IMPATIENCE à @dwarfy ! 😀

Non classé | 09.01.2015 - 15 h 32 | 5 COMMENTAIRES
Humour de prof

Pas d’érotisme aujourd’hui, les ami.e.s, juste un peu d’encre pour crier avec vous.

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A très bientôt pour de l’humour, toujours, de la sensualité et de l’amour ! 🙂 😉 😀

 

Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | Du jamais lu ! | histoire érotique lesbienne | Homosexualité et éducation | Nouvelle érotique lesbienne | Plaisir d'écrire | y'a que ça de vrai ! | 02.01.2015 - 18 h 39 | 35 COMMENTAIRES
APPRENDS-MOI… (Ep. 7)

(previously)

 

Il y a comme un brin d’euphorie dans l’air. Je n’ai jamais consommé la moindre substance illicite, c’est à peine si j’ose une bière de temps en temps, et pourtant, je suppose qu’on doit ressentir à peu près ça quand on est grisé par l’alcool. Ou peut-être certaines fumées, allez savoir…

C’est une curieuse impression de flottement, comme si le temps passait au ralenti et en accéléré simultanément. La tête me tourne, je sens mon sang affluer dans mes veines et son rythme régulier et profond me berce et me tient éveillée.

Rentrer chez moi, prendre une douche en me débarrassant des résurgences de pilosité inopportune, m’habiller sobrement mais efficacement, prendre quelques minutes pour me maquiller, sans faire plus que pour une journée de cours, chercher à rester moi tout étant aussi à mon avantage que possible… Ne surtout pas en faire trop… Et tout à coup, une question philosophique : que dois-je lui apporter ? Des fleurs ? Trop couru. Des chocolats ? En cette saison de Noël, trop vu. Une bouteille ? Je ne bois pas et n’ai pas envie qu’elle soit éméchée. Je la veux consciente et consentante. Un poisson rouge ? Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice. Un livre ? Evidemment, un livre.

En quête de la perle rare, je promène mon regard le long de mes étagères. J’aime offrir des livres qui ont déjà vécu. Le seul problème, c’est que j’ai bien du mal à me séparer d’un livre que j’ai aimé, et que je ne peux décemment pas en offrir un qui ne m’a pas accrochée. Je me tourne tout naturellement vers la poésie et mon œil est arrêté par un titre, une couleur… Des textes de Paul Eluard illustrés par Man Ray : Les Mains Libres. J’ai adoré ce recueil. Et comme paradoxalement j’aimerais bien occuper mes mains ce soir, je me dis que mon choix est fait. Rapidement, je griffonne une dédicace à l’intérieur de mon plus beau stylo rouge.

En claquant la porte de mon appartement, je ne peux m’empêcher faire un vœu : « Pitié, faites que je ne rentre pas cette nuit… » !

Il est 17h58 quand j’arrive dans sa rue. Je déteste être en retard mais être en avance peut être tout aussi désagréable. J’avance donc très lentement jusqu’à l’entrée de l’immeuble. A 18h précises, mon doigt presse le bouton de l’interphone qui porte son nom. Les quelques secondes d’attente sont insoutenables. J’en tremble presque et sens tout à coup une bouffée de chaleur monter à mes joues et irradier dans tout mon corps.

Des crépitements dans l’interphone me font sursauter. « Oui ? », me demande sa voix légèrement déformée. Comme je m’annonce en essayant d’articuler, j’entends le verrou électrique de la porte se déclencher ainsi qu’un « Quatrième gauche » machinal.

En passant la porte, je suis surprise par le silence qui règne dans le bâtiment. Le hall est chaud, propre et terriblement calme, ce qui marque un contraste perturbant avec le tremblement de terre qui me secoue intérieurement. Ouvrir l’ascenseur et monter dans cette petite cage encore plus close, encore plus calme, encore plus lumineuse me fait prendre une grande inspiration. Non, je ne paniquerai pas. Non je ne suis pas si faible. Elle n’est qu’une femme. Une belle femme, certes, mais je ne la connais pas, elle ne me connaît pas non plus. Je dois temporiser. Relativiser. Rationaliser.

Quand les portes s’ouvrent sur l’étage fatidique, j’ai repris la maîtrise de mon corps, mis de l’ordre dans mon esprit, et c’est d’un pas tranquille que je vais frapper à la porte de gauche.

« J’arrive ! »

Sa voix vient de loin, elle est probablement à l’autre bout de l’appartement et j’entends son pas précipité approcher de la porte. Je racle ma gorge, ajuste ma veste, et quand la poignée s’abaisse énergiquement, elle apparaît.

Ses cheveux sont détachés et tombent follement sur ses épaules. Quelques mèches se sont glissées dans le décolleté vertigineux de sa chemise. Si elle est essoufflée, elle essaie de le cacher et son sourire accueillant se fige à ma vue, comme si elle s’apprêtait à dire quelque chose de chaleureux, et tout à coup… le silence. Ne sachant pas quoi dire, je lui souris timidement, ne perdant pas une miette des micro-expressions de son visage. Son corps tout entier s’est immobilisé, seuls ses yeux frémissent. Ils parcourent l’ensemble de ma personne, s’attardant ici ou là, trahissant un désir saisissant. Les miens sont rivés sur sa bouche. Ils s’y sont accrochés et refusent de m’obéir. Je n’ose quasiment plus respirer.

Temporiser ? Relativiser ? Rationaliser ? Si je ne peux pas l’embrasser dans les trois secondes, je vais mourir, c’est sûr.

En supplice ultime, sa langue vient humecter sa lèvre inférieure et dans un raclement de gorge, elle me tend enfin une main pour m’inviter à entrer. Ses doigts sont chauds, les miens me brûlent. Retrouver sa peau, c’est réaliser le temps perdu loin de sa caresse. Nos mains s’étreignent, elle pivote pour me laisser passer et referme la porte derrière moi. Je ne l’entends pas claquer, je suis déjà dans ses bras, sa bouche posée sur la mienne, emportée par notre baiser.

Ce que j’entends en revanche, c’est une petite voix enfantine crier « Maman ! » derrière nous…

(la suite ici)

 

ET UNE BONNE ET BELLE ANNEE A TOUTES ET TOUS !!!

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