5381 novembre | 2013 | B.U.L.L.E.

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
Itws & anecdotes | Non classé | 11.11.2013 - 11 h 20 | 12 COMMENTAIRES
JUDITH, L’INTERVIEW (- Judith de Yagg ? – OUI. – Non… La vraie ? – La seule, l’unique !)

Yaggeuses, yaggeurs,

C’est avec émotion, plaisir et poésir que B.U.L.L.E. vous propose aujourd’hui de  (re)découvrir LA Judith Silberfeld de Yagg à travers quelques « très sages » questions. Je n’en dis pas plus…

Préliminaires…

1/ Ca fait quoi d’être une icône lesbienne ?
LOL. Non, vraiment. Je ne m’attendais pas du tout à ce que tu commences par ça. Jodie Foster est une icône, Ellen DeGeneres, des gens comme ça, pas moi.

Ne me dites pas que je suis la seule à voir en @Judith une icône lesbienne ?! Regardez ce geste… ça ne trompe pas ! C’est forcément un signe !!!

2/ Quelle est la question que tu redoutes que je pose ?

Je n’ai pas trop de problèmes à répondre aux questions (mon côté exhib, sans doute), donc je n’appréhende pas vraiment.

3/ Tu veux y répondre quand même ? (Allez… fais-le… s’il te plaît ! Promis, je ne dirai rien à personne !)
Bah du coup je ne sais pas quoi dire ;)

Raaaaaah ! Raté.

Jude in the sight :

4/ Comme on est sur B.U.L.L.E. je suis bien obligée de… creuser mon sujet (en tout bien tout honneur)… Qu’est-ce qui pour toi est le comble de l’irrésistibilité chez une femme ? Et qu’est-ce qui est rédhibitoire ?
1. L’authenticité.
2. La méchanceté. Et la mauvaise haleine.

5/ Tu n’es plus un cœur à prendre, n’en déplaise à tes milliers de fans, mais pour les romantiques que nous sommes, et sans tout dévoiler, ça ressemble à quoi une @Judith qui craque pour quelqu’une ?

(sans la barbe)

Et mes fans sont habitué.e.s, ça va bientôt faire 20 ans que mon cœur est pris.

Haaaaaaaaan ! Si j’étais pas déjà fan… 

6/ C’est quoi un dimanche idéal pour toi ?
Je vais avoir l’air super planplan mais j’ai des excuses (je travaille énormément depuis la création de Yagg, je n’étais déjà pas une glandeuse avant, et cette année a été particulièrement intense, donc je suis trèèèèèès fatiguée). Le dimanche, j’aime bien ne rien faire, de préférence avec ma femme (et mon enfant mais c’est dur de ne rien faire avec un enfant), dans mon jardin, au soleil. S’il n’y a pas de soleil et qu’il fait froid, regarder des séries ou des films en buvant un vrai chocolat chaud fait avec amour.

7/ Est-ce que tu peux citer une chose du quotidien qui t’énerve prodigieusement (même si… tu  ne t’énerves pas si facilement) ? Et une chose qui t’apaise systématiquement ?
Ce qui m’énerve : l’injustice, le mensonge, la mauvaise foi.
Ce qui m’apaise : le sourire de mon enfant. Au bureau c’est rare ;)
(Et dans la vraie vie, je m’énerve assez facilement, pour des broutilles. Je me maitrise mieux professionnellement que dans ma vie perso.)

8/ Donne-nous un mot qui t’amuse : colimaçon. Je crois que c’est mon mot préféré.
Un qui te fait peur : enfermement.
Un qui t’ouvre l’appétit : un peu tout ce qui touche à la nourriture. J’ai un estomac très sensible à la tentation.
Un qui te rassure : D’accord.
Un qui t’émeut : Je t’aime (trois mots, pas juste un, et ils ne m’émeuvent pas prononcés par n’importe qui, évidemment).

The Catcher in the Rye, by Salinger. La vérité n'est pas ailleurs.

The Catcher in the Rye, by Salinger.
La vérité n’est pas ailleurs.

9/ Quel livre est-ce que tu aurais aimé avoir écrit, et pourquoi ?
The Catcher in the Rye. Parce que c’est le livre le plus vrai qui soit.

10/ Quel superpouvoir tu aimerais posséder ?
La sagesse. Sinon j’aimerais bien pouvoir voler.

11/ Dernière prouesse culinaire en date ? 
On voit que tu ne me connais pas bien, je ne cuisine pas, mais je mange ! Beaucoup.

Evidemment ! Où avais-je la tête... (La Concrétisation du Réel de Magritte)

Evidemment ! Où avais-je la tête…
(La Concrétisation du Réel de Magritte)

12/ C’est quoi ce trou dans ta… penderie ?
Bah un range-sabre laser, quelle question !

13/C’était la journée internationale du CO il y a quelques jours. Comment ça s’est passé pour toi ?
Très bien, ce qui ne veut pas dire facilement. Je l’ai d’abord dit à ma mère, par téléphone, quelques jours avant Noël. On n’en a pas reparlé pendant quelques mois, puis on a eu une vraie discussion. C’était il y a très longtemps (1993), je ne me souviens pas très bien de ce que nous nous sommes dit, mais ma mère est assez super, donc ça s’est bien passé. J’ai un peu mis mon père devant le fait accompli quelques mois plus tard (mais je crois qu’il avait été prévenu par ma tante à qui ma mère avait parlé) en débarquant à une réunion de famille avec ma copine. À l’époque j’avais des rapports délicats avec lui, ça s’est nettement arrangé depuis, et c’est un super grand-père pour mon enfant.
Après, le coming-out, c’est tous les jours, avec toutes sortes de gens, je pourrais donc écrire des pages et des pages mais je vais éviter. J’en profite juste pour rappeler l’existence de ce blog: http://comingout.yagg.com/

Yagg & Jude :

14/ Dans ton quotidien pro de Yagg, quelle est la partie du job que tu préfères ? Et ce que tu détestes devoir faire ?
1. C’est un ensemble, j’adore mon job, c’est le boulot de mes rêves même quand c’est dur. J’aime qu’on soit utile.
2. Devoir mettre en lumière des aspects négatifs de la communauté, comme par exemple les deux gay prides de Marseille ou les désaccords au sein de l’Inter-LGBT. Je voudrais croire que nous, les LGBT, sommes parfait.e.s, mais ce n’est bien sûr pas le cas. Nous pourrions décider de ne pas en parler mais nous serions de médiocres journalistes.
Je n’aime pas du tout non plus discuter avec des homophobes, mais pour certains articles on n’a pas le choix.

15/ Un riche bienfaiteur de la communauté offre 100 000€ à Yagg, comment est-ce que tu proposes de les utiliser ? (on ne sait jamais… ça peut donner de bonnes idées ! :D )
On embauche direct quelqu’un pour seconder Xavier sur la technique. Ensuite un ou une community manager, un.e assistant.e (pour répondre aux très nombreux mails, messages Facebook, Twitter etc., gérer les demandes de partenariat, faire des jeux etc.). On étoffe un peu la rédac. Et s’il reste de l’argent, Xavier a plein d’idées de développement.
Yagg n’est pas une association, c’est un peu compliqué de faire un don, mais il y a des possibilités, comme J’aime l’info.

16/ Yagg vient de fêter ses 5 ans. Pendant ces années, des succès et des échecs. De quoi est-ce que tu es particulièrement fière ? Quelles ont été vos plus belles victoires selon toi ?
Et … les échecs ?
Ces 5 ans, c’est déjà une énorme victoire. Le presse en ligne cherche toujours son modèle économique, la presse en général va mal, et, pour l’instant, Yagg résiste, et grandit.
Un grand moment ? Les débats sur le mariage. Nous avons travaillé à flux tendu, en direct presque 24 heures sur 24. Pour moi qui arrive de la presse papier, c’était fou. Et génial (même si parfois c’était horrible à vivre).
Côté échecs : avoir dû licencier Audrey et Nizar il y a quelques années, n’avoir pas su garder Maxime. Mais leur vie post-Yagg est sympa aussi, donc ça va.

17/ En 5 ans, toujours, quelles ont été tes plus belles rencontres journalistiques ? Quels ont été tes moments les plus forts ?
Sophia Aram parce qu’on a accroché tout de suite. L’interview était parfaite. Océane Rose Marie, parce que c’est cool d’interviewer quelqu’un au début d’un projet et de voir ce projet devenir grand. Céline des éditions Dans L’Engrenage parce qu’on a une vision très proche de ce qu’est une communauté. C’est rigolo, elles sont toutes les trois devenues des amies.

Les moments forts : le lancement, chaque anniversaire, le vote du 1er article de la loi ouvrant le mariage, puis celui de la loi elle-même par l’Assemblée (les 2 fois). Mon «débat» avec Robert Ménard, pour le soutien de la communauté Yagg (c’est ce jour-là qu’a été créé ce groupe, tellement bon pour mon ego).

Mon reportage à Moscou, aussi, évidemment. Parce que pour quelqu’un comme moi, c’est probablement une fois dans une vie. Et j’ai rencontré des gens vraiment bien.

18/ Comment est-ce que tu imagines ta vie professionnelle dans 10 ans ?
C’est sans doute parce que je suis crevée en ce moment, mais je rêve surtout de m’arrêter et de laisser tourner la boîte sans moi. Mon idéal, aujourd’hui (mais ça pourrait changer après 2 mois de vacances), ce serait que LGNET ait les moyens d’embaucher et de continuer sans nous, et que j’ai les moyens de vivre ça de loin.

19/ On s’accordera à dire que l’homophobie est avant tout une question d’éducation (voire de contexte culturel). Tu es mère. Tu vois donc les choses de l’intérieur. Qu’est-ce qui selon toi, pourrait être fait, concrètement, dès l’école primaire, pour lutter contre l’homophobie (et transphobie, et biphobie… ) ?
Ne pas avoir peur d’en parler. Dire simplement aux enfants que tout le monde n’est pas pareil, et que c’est une richesse, pas un problème. Ça vaut pour toutes les sources de discrimination, toutes les différences. Il faut parler racisme, LGBTphobies, handicap, différences culturelles, sans établir de hiérarchie, sans commisération. Prévoir un ou deux ateliers tous les ans avec des associations, que ce soit SOS homophobie, Contact, SOS racisme etc. Il ne faut pas attendre le collège, dès 4-5 ans les enfants sont capables de commencer à comprendre. Il faut bien sûr leur parler de façon adaptée à leur âge, on ne va pas expliquer à un enfant de CP que le genre est une construction sociale (déjà que beaucoup d’adultes ont du mal à le comprendre…), mais lui dire que filles et garçons doivent avoir le droit de faire les mêmes choses, en sont capables aussi, et que ça vaut aussi pour les filles qui ne se sentent pas filles ou les garçons qui ne se sentent pas garçons. Ce n’est pas parce qu’on est une fille ou un garçon qu’on a le droit (ou le devoir) de faire telle ou telle chose, d’aimer telle ou telle personne, c’est parce qu’on est.
Certain.e.s vont me répondre que c’est le rôle des parents, pas de l’école, mais c’est les deux. L’école est le lieu principal de socialisation, c’est là qu’on apprend à vivre avec les autres, et c’est là qu’on rencontre les autres. 

20/ Quels secrets est-ce que tu ne peux absolument pas révéler sur chaque membre de la Yagg Team ?
Je suis extraordinairement respectueuse de chacun.e, je ne révèlerai rien sur personne.

 Hum… Mais s’attendait-on à une autre réponse ? Sans doute pas. On ne demande qu’à… les connaître mieux ! Et à les lire encore !

La Yagg Team version 2013 (de gauche à droite, Fatima, Judith, Xavier Julien, Christophe et Maëlle)

La Yagg Team version 2013 (de gauche à droite, Fatima, Judith, Xavier Julien, Christophe et Maëlle)

 

Nouvelle érotique lesbienne | 04.11.2013 - 09 h 59 | 31 COMMENTAIRES
Audition en salle obscure

Dès que les lumières s’éteignent, je sens sa main serrer la mienne un peu plus fort. Je ne peux empêcher mes yeux de chercher les siens dans l’obscurité. Je distingue leur éclat luisant et espiègle. De ma main libre, je viens caresser son visage, attraper son menton tout doucement et approcher mes lèvres des siennes.

Sur l’écran, les publicités défilent. Autour de nous, la salle continue de se remplir gentiment sans qu’il y ait grande affluence. Devant nous, une dame râle parce qu’une autre est venue poser son chignon juste devant ses yeux… Mais dans la seconde où ma bouche cueille la sienne, j’oublie tout.

Le geste est doux, d’une tendresse infinie. Qu’est-ce que j’aime l’embrasser ! Partager nos souffles, mêler nos goûts, enlacer nos langues, réveiller ou maintenir ce désir latent, pénétrer nos intimités, même ici, à la pudeur de l’obscurité, dans le silence anonyme des voix publicitaires…

L’embrasser, c’est se promettre de recommencer. Parce que ses lèvres… ses lèvres piquent et brûlent l’encore, ce miel précieux dont on ne se rassasie pas. Il me faut une force quasi surhumaine pour m’en détacher et essayer de reporter mon attention sur l’écran.

Avant de nous décider à venir, elle m’a fait promettre de me tenir tranquille… Non, je ne laisserai pas mes mains assouvir un de leurs fantasmes, non, je ne vais pas profiter du noir pour… Chut… Respirer. Se concentrer sur les images et les sons devant. Ne pas la regarder. Ne pas réagir à ses doigts qui maintenant caressent ma paume, courent sur les miens, portent ma main à sa bouche et… Han…

Quand les lumières se rallument, annonçant le début imminent du film, j’ai déjà oublié ce que nous étions venues voir. Les spots me dévoilent son regard surpris, consciente d’être prise en flagrant délit de provocation intolérable. Le sourire qui fend alors son visage me retourne complètement. Ses yeux deviennent un véritable brasier et je sens la raison m’abandonner complètement.

Sans qu’un mot ne soit prononcé, elle fait un tour d’horizon de son regard ardent, puis revient planter ses yeux dans les miens, poignardant ainsi le peu de volonté qui tente de subsister en moi… D’une main tout sauf innocente, elle vient lentement défaire un bouton de sa chemise, dévoilant le relief délicat de sa poitrine. Quand ses doigts s’affairent au bouton suivant, la lumière s’éteint à nouveau. Elle ne se rallumera pas de sitôt.

Il ne faut qu’une fraction de seconde à mes yeux pour s’habituer à l’obscurité. Je devine avant de voir qu’elle continue de défaire ses boutons, sans hâte. Ses yeux ne quittent pas les miens et son menton se soulève légèrement, dans un air séditieux. Le désir me fige totalement. Je comprends que mon visage, trop expressif, oscille entre incompréhension et fascination, qu’il trahit mon éblouissement apathique.

Quand elle saisit ma main, je ne sursaute pas, je n’ai pas peur. Je sais ce qu’elle va faire, et ça m’excite tellement que j’en oublie de lui sourire. Mon regard planté dans l’intensité insoutenable du sien, je la laisse porter ma main entre les pans de sa chemise et la poser gracieusement sur son sein fier. Le contact de ma paume sur son téton déjà durci de désir lui fait fermer les yeux.

C’est à ce moment-là que je réalise… que je sais qu’on ne s’arrêtera pas. Qu’on ne le peut plus. Que j’en suis incapable. Quand elle ouvre les yeux, mon regard vient lui crier cette certitude. D’un acquiescement à peine esquissé, elle m’offre ses lèvres à nouveau. Cette fois, notre baiser se fait envahissant, urgent, presque bruyant. Heureusement, les haut-parleurs nous couvrent en crachant des sons que je ne cherche même pas à identifier. A cette minute, il n’y a plus rien que nous : ma main qui se referme sur son petit sein et ma langue qui danse avec la sienne.

L’accoudoir va nous gêner… il me gêne déjà. Il m’empêche de sentir son corps contre le mien. Mais rien n’est véritablement un obstacle entre nous et notre désir. Ma main parcourt avidement sa poitrine, allant et venant d’un sein à l’autre, se risquant sur la peau soyeuse de son ventre chaud, explorant la vallée vertigineuse de sa hanche. Je veille tant bien que mal à ne pas la dénuder, et comme je la sens qui scrute autour, d’un regard inquiet, je la recouvre de ma veste avant de me recentrer consciencieusement sur mes caresses dévouées.

Son corps appelle mes mains, en permanence. Quand je la touche, j’ai l’impression de respirer à ce contact. Sa peau, c’est… ça n’est pas une nécessité, non, pas un élément vital dont la perte serait fatale… mais plutôt une quête, le sens d’une vie, sa valeur.

Quand nous nous éloignons une seconde pour retrouver nos souffles, je peux lire que chez elle aussi, le désir a pris le pas sur la raison. Cette fois-ci, c’est moi qui, d’un geste très lent, mon regard planté dans le sien, guettant un éventuel mouvement de panique dans ses yeux, descends ma main jusqu’à sa ceinture.

Elle ne sourit pas quand je tire sur la boucle, elle s’impatiente presque… Son regard est grave, profond, si sérieux que mon cœur s’emballe plus fort encore. D’une main habile, elle vient elle-même déboutonner son pantalon et glisser ma main à l’intérieur. Je me saisis de son sexe à travers la culotte et le presse fermement, lui arrachant une expiration un peu trop audible.

Je suis tellement excitée que j’ai l’impression d’être sur le point d’exploser. Pourtant, je continue, mes yeux toujours plantés dans les siens, diablement pétillants malgré l’obscurité. Mes doigts, curieux, jouent une minute avec l’élastique de sa culotte avant de s’y engouffrer lentement. L’humidité que je rencontre alors me galvanise encore.

Quand je rentre en contact avec son clitoris, je sens son corps entier réagir, et sa main bouillante vient presser plus fort sur la mienne. Je suis bien au-delà de la fièvre. Dès lors que mes doigts entament une caresse régulière et langoureuse, un voile subtil se pose sur son regard. Les yeux toujours fixés sur les miens, sa bouche s’ouvre et se referme à peine au rythme de mes doigts.

Sait-elle au moins à quel point elle est belle ? A quel point elle me bouleverse ?

Je ne résiste pas, il faut que je l’embrasse encore. Comme j’approche ma tête de ses lèvres, elle s’en saisit et me retient, à quelques centimètres à peine. Son regard se durcit brusquement et dans un souffle, elle me murmure presque douloureusement un « Viens » brûlant. Sa main vient attraper mon poignet et m’enfoncer un peu plus loin entre ses jambes, qu’elle écarte lascivement.

Deux de mes doigts s’insinuent en elle sans difficulté, mais son pantalon m’empêche d’aller bien loin. Je n’ai pas le temps de m’en plaindre silencieusement que, d’un coup de reins, elle se soulève et de ses mains impatientes, elle le fait glisser jusqu’à mi-cuisse. Son geste et sa rapidité d’exécution, sa hâte, me coupent le souffle. Nerveusement, elle réajuste la veste sur elle, pour recouvrir au mieux les… preuves accablantes de son impétuosité.

Ses yeux incendiant à nouveau les miens, elle me répète un muet « Viens » que je veux exaucer au plus vite. Je me penche alors complètement contre elle et enfonce mes doigts aussi loin que possible, sans perdre une miette du spectacle de son regard, de sa bouche qui s’ouvre à nouveau, toujours aussi muette mais si… expressive. Autour de mes doigts, son sexe enfle et ruisselle. Son corps entier se tend et sa main vient à nouveau presser mon bras à travers la veste.

Lentement mais intensément, je la pénètre aussi profondément que possible. Le plaisir qui monte en elle, monte en moi de façon quasi symétrique. Je sais que je ne réalise pas ce que nous sommes en train de faire, et je m’en moque royalement. Tout ce qui compte pour l’instant, c’est ce plaisir ascensionnel. Sa respiration se fait de plus en plus bruyante, mais par chance, le film la couvre. De ma main libre, je viens chercher un de ses seins, toujours sous le couvert de la veste, et je le pétris fort. Une image particulièrement claire sur l’écran vient illuminer son visage et je vois son regard, totalement brouillé à présent, ses traits, si reconnaissables à l’approche de l’orgasme…

J’accentue alors mon geste, devinant sa jouissance imminente, quand soudain, le silence se fait dans les haut-parleurs. Eux qui déversent depuis plusieurs minutes un brouhaha incessant, subitement, se taisent. A l’écran, un paysage défile très lentement. Inquiète de sa réaction, je suspends alors mon geste pour ne pas qu’elle ait à réfréner… si ce ne sont ses cris, du moins sa respiration.

Ses yeux se font plus noirs que jamais et d’un mouvement sec de sa main sur mon bras, elle poursuit elle-même les va-et-vient de mes doigts. Je suis sciée de voir, de sentir alors son plaisir exploser dans un silence absolu. Elle ne respire même pas, elle… jouit. Elle jouit si merveilleusement, si silencieusement que c’en est presque incroyable. Une note de piano retentit dans les haut-parleurs, et bien vite, Chopin résonne dans toute la salle, libérant son souffle.

Les saccades de sa respiration font alors écho aux spasmes des parois brûlantes de son sexe autour de mes doigts. Dans ses yeux, une infinité d’émotions contradictoires, troublantes, jubilatoires. Je n’arrive pas à y croire. Son plaisir est si… étourdissant !

Quand sa main cesse d’elle-même le mouvement, je reste en elle quelques instants, ivre de sa chaleur, de la douceur suave de son antre. Ma tête se pose contre sa poitrine et vient écouter les battements puissants et accélérés de son cœur. Quand je les sens s’apaiser, je redresse ma tête et viens cueillir ses lèvres de ma bouche. En m’embrassant, elle sourit.

Je la regarde et je souris à mon tour. Nous devons réprimer une soudaine et furieuse envie de rire. C’est délicieux. Lentement, j’ôte mes doigts de ses profondeurs veloutées et les glisse entre les lèvres toutes gonflées de son sexe.

Comme si elle réalisait alors où nous étions, elle retire gentiment ma main et d’un nouveau coup de reins, elle remonte son pantalon. D’un geste sûr et rapide, elle le referme et boucle sa ceinture, le tout sous ma veste, complice.

Je suis presque déçue que ce soit déjà fini.

Fini ? Ca n’est pas ce qu’insinue son regard… Il se pose à présent sur ma poitrine… Puis entre mes jambes… Sa langue vient humidifier sensuellement sa lèvre inférieure, ne laissant que peu d’espace aux présomptions sur ce qui va suivre… Déjà, elle me recouvre amoureusement de ma veste… Déjà, elle glisse  une main sous…

Mouahahahahaha !!! Machiavélique...

Mouahahahahaha !!! Machiavélique…

Bon, en fait, je dois présenter mes excuses... on sait bien que le cinéma, pour nous, c'est plutôt ça...

Bon, en fait, je dois présenter mes excuses… on sait bien que le cinéma, pour nous, c’est plutôt ça…

Ou ça (si, si !!!)...

Ou ça (si, si !!!)…

Ou ça...

Ou ça… Alors, je demande pardon à tous ceux ou celles que mes écrits auraient… déçu ou choqué… inutile d’en rajouter d’ailleurs, tiens !

490db70e9306d

 

 

 

 

Publicité