5381 septembre | 2013 | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
photo | Photopoésir | 29.09.2013 - 20 h 56 | 10 COMMENTAIRES
Du flou : on ne comprend rien mais c’est beau quand même.

Photopoésir | poésie | 18.09.2013 - 20 h 27 | 11 COMMENTAIRES
Poésir

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Sous une lune d’absinthe, la nuit ne paonne pas.

Elle se terre à l’ombre des erreurs

Foulant le sable émouvant de l’aube

Feulant l’écrit et le su en murmures ébauchés.

Elle temporise.

 

Depuis quelques vers, je ne l’habite plus.

Ecartés ses recoins familiers

Délaissé l’écrin maternel de Ténèbre

J’élague l’ombilic à mesure de mes peurs

Et outrepasse mes froids en gelure caustique :

L’affranchissement croûte.

 

Sans suture, je goûte l’aléa

M’évidant par-ci, me gorgeant par-là

Je croîs, je gagne de nouveaux mystères

Des zéniths curieux que je perquisitionne

Avide de ressources.

 

Je fends l’oreille et m’ouvre en fin d’initiation :

Le là n’est point séant se tenant ailleurs

Où je figure, sans visage mais incarnée

En peau et zirconium confondus.

 

Parée de mots et d’accords

Je veux naître encore et encore de furie et démesure

Jusqu’à dire ce qui doit l’Être

Et avouer mon nom au silence

Dans la confidence du météore.

 

Un pas derrière un peut-être

J’avance vers le sûr et certain

Auquel je ne m’abandonnerai jamais

Je laisse mon chemin au soc du Hasard

Ce dur en besogne,

Et je profite du voyage.

 

Le sillon me creuse, mon temps ne fait qu’un tour

Et bientôt mes rides d’impression

Combleront mon vacuum épidermique

En prétextes anecdotiques.

 

Nul besoin d’aventure pour Vivre :

L’extraordinaire se redéfinit sans cesse

Puisque l’ordinaire et le normal ne sont que chimères sociétaires.

 

Fluides, les sens coulent

Encens épais et danse l’encre du dire :

En poésie on ne dit pas, on s’écrie,

On chante, on nomme, on témoigne,

Et l’on avoue ce que nos nuits

Dans l’obscurité introspective

Nous dérobent, nous, masques fuligineux

Et l’on tait aussi car les voiles sont précieux

Pour gagner les frontières du Verbe

Fort des vents contraires.

 

Il n’y a jamais eu d’avant Poésie

Mais une conscience affleure

Et à cris poussés dans ses retranchements de papiers

Dans la grasse peau éthique

Je suis devenue.

 

Je deviens encore et je la demeure

Comme elle me hante

Sans hâte ni abandon

Un échange consenti qui pulse mon électroencéphalogramme

Là, un pic poétique fait mentir les statistiques

Ici, le blanc paginal quand le vide nécessaire me déborde.

 

Contrainte médicale, j’avalise sans départ

La rivée des mots en péchés

Je les suce religieusement

Sans en altérer les saveurs

Le but étant de les rendre ensalivés et poisseux de mon goût pour eux

Et quand ils s’agglomèrent en barre céréalière

Je prie pour qu’ils soient digestes.

 

J’exergue et prédis l’Etre et le Poésir.

 

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photo | Photopoésir | 18.09.2013 - 19 h 55 | 7 COMMENTAIRES
Objectif céleste 2

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photo | Photopoésir | 13.09.2013 - 18 h 22 | 9 COMMENTAIRES
Objectif céleste

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Itws & anecdotes | 12.09.2013 - 13 h 39 | 12 COMMENTAIRES
Raaaaaaah la jeunesse !

Nul ne sera épargné !

Nul ne sera épargné !

 

Il est 7h50.

La première sonnerire retentira dans 5 petites minutes… J’adore arriver au collège au moins 20 minutes avant le début des cours, histoire de prendre le temps de traîner devant la machine à café, anticiper les pannes de papier à la photocopieuse ou papoter avec mes collègues matinaux… sauf que c’est un fait, le rythme des vacances n’est toujours pas perdu et je n’arrive pas à me lever le matin.

La route est embouteillée, horaire et proximité de l’établissement obligent, et même si je sais que je ne vais pas être « en retard », j’ai un sursaut de stress qui vient me réveiller gentiment. Un réveil qui prend d’autant plus effet lors que j’entends les premières notes de ce morceau de Stromae et que je monte le volume à fond ! (mais vraiment à fond, hein… tellement à fond que le coeur aligne ses battements aux pulsations des hauts-parleurs)

Quand je passe devant un troupeau d’élèves, je vois toutes les têtes se tourner malgré mes fenêtres baissées et j’évite de balancer ma tête en rythme, consciente d’être d’ores et déjà démasquée. On me montre du doigt, on me fait de grands sourires, on me fait coucou de la main. Une fois garée, j’attends que le morceau se termine et je sors précipitamment pour attraper ma classe de 3ème au vol. A peine me voient-ils arriver qu’ils forment presqu’aussitôt un rang quasi parfait (ce qui est ma foi bien suspect pour des 3èmes et avant la deuxième sonnerie…), et dès que j’amorce un signe de tête indiquant qu’on est parés à monter en cours, les voilà qui m’emboîtent le pas avec enthousiasme et sans traîner du pied, comme c’est l’usage.

Dans le couloir, l’accordéon du rang se resserre et je sens bien des questions suspendues à leurs lèvres, mais il faut attendre la première volée de marches pour que le plus courageux ose :

– Madame, c’est Stromae que vous écoutez à fond dans la voiture ?

– Oui.

– Mais… Mais madame, c’est de la musique de jeunes ! (prends-toi ça dans ta face)

Regard noir du professeur, élève qui se fige et se fait rentrer dedans par ses camarades qui suivent… Et le voilà qui reprend :

– Non mais c’est pas ce que je voulais dire, voous êtes jeune, hein, mais c’est pas un peu… vulgaire pour vous ?

– Pourquoi, tu crois que je n’écoute que du Mozart et du Bach ?

– C’est qui Bach ?

Sans commentaire.

Quelques minutes plus tard, en pleine analyse de texte, une élève lève la main.

– Madame, la photo c’est une vraie ?

Grande incompréhension de ma part. je regarde la photo en question : il s’agit d’une rangée de militaires de l’armée de Pinochet, rutilants dans leurs beaux uniformes qui se découpent dans un ciel bleu radieux. Un chef d’oeuvre de propagande. Mais évidemment, rien ne prête à confusion, c’est bel et bien une « vraie photo ».

Devant mon sourcil interrogateur, l’élève poursuit, dans un ton déductif digne du grand Sherlock Holmes en personne :

– Ben oui regardez, y’a marqué 1983, et l’image là, elle est en couleur. Ca existait pas la couleur en 1983.

JE SUIS NEE EN 1983 ! J’AI PLEIN DE BELLES PHOTOS EN COULEUR POUR LE PROUVER !

Bref, j’adore ces gamins, j’adore mon boulot, j’adore « Merci » de Stromae, et j’adore ma très récente maturité !

Hans Baldung Grien : Les Âges et la Mort, c. 1540-1543

Hans Baldung Grien : Les Âges et la Mort, c. 1540-1543

D-libérations | 03.09.2013 - 17 h 45 | 70 COMMENTAIRES
En avoir ou ne pas en avoir, là n’est pas la question

Et pourtant, elles ne sont pas toujours de bon goût... (pour ceux et celles qui seraient intéressés par la... récetiivité gustative testiculaire, je vous renvoie ici)

Et pourtant, ils ne sont pas toujours de bon goût… (pour ceux et celles qui seraient intéressés par la… réceptivité gustative testiculaire, je vous renvoie ici)

 

Voilà plusieurs fois que certains commentaires déchaînent les passions sur Yagg. Des commentaires qui, j’en suis persuadée, ne sont pas postés dans une « intention » sexiste ou misogyne, mais qui immanquablement aggressent nos yeux, lapident nos chairs, et réduisent notre patience à néant.

Je dois confesser que je n’ai pas toujours été de celles que l’expression pouvait offenser, car après tout : « Avoir des couilles » (ou ne pas en avoir), là n’est absolument pas la question quand il s’agit de courage. J’ai toujours trouvé la chose assez répugnante du point de vue de l’image convoquée (eh… oui… désolée messieurs, je suis lesbienne) mais finalement assez drôle quand on y pense… On a depuis longtemps fait tomber la fameuse « bravoure chevaleresque » (masculine, donc) qu’on opposait au caractère faible de la femme dans les romans moyenâgeux… Une littérature qui rappelons-le n’était écrite et lue que par des hommes puisqu’eux seuls avaient accès à l’alphabétisation. Pour nier aujourd’hui le courage des femmes, il faut être sacrément insensible au monde et à son évolution. L’expression en elle-même perd donc toute pertinence pour devenir, au mieux, quelque chose d’assez vulgaire et de drôle dans son décalage sémantique.

« Drôle »… tout le monde ne partage pas ce point de vue.

Pendant longtemps, j’ai moi même usé de cette expression de façon détournée. Je ne pense pas l’avoir dite un jour telle quelle, mais je me suis par exemple souvent vantée de mon « jeu testiculaire » au tarot. Pour moi, cela n’impliquait d’ailleurs pas forcément la notion de courage, mais de bêtise… Parce qu’avec ou sans atout, que mon roi appelé soit fiable ou pas, j’osais, j’osais tout ! Bon… et je perdais beaucoup aussi…

Bref. Ce que je veux dire c’est que je comprends bien qu’il ne s’agit « QUE d’une expression française »… et qu’il ne faut pas hurler au sexisme dès qu’on l’utilise, mais chaque pas, aussi infime soit-il, vers un monde meilleur et dans le respect de l’autre est capital non ?  Alors voyons…

« Avoir des couilles » ou ne pas en avoir, comme cela l’a déjà été dit et bien dit par des yaggeuses en colère, c’est une expression clairement sexiste puisqu’elle implique que les filles qui n’ont pas de testicules sont donc fatalement dépourvues de courage. C’est aussi passablement perturbant pour les trans, et d’une manière générale, c’est totalement inélégant.

Ce post n’a pas pour but d’abolir une expression française dérangeante… ou surtout, il n’en a pas le pouvoir, mais peut-être pouvons-nous faire un parallèle pour mieux comprendre… Pour moi, c’est tout aussi inapproprié que de parler de « sensibilité féminine ». Combien de fois, messieurs, aura-t-on entendu un truc du style « J’ai toujours su qu’il était gay, j’ai tout de suite senti en lui cette… sensibilité féminine » ? Vous, je ne sais pas, mais moi, ça m’énerverait aussi, grave ! Ca veut dire quoi ? Que les femmes sont les seules êtres sensibles ? Que vous n’êtes tous que des brutes ? Ou que les hommes hétéros sont tous des brutes ? Quand on y pense, c’est tout aussi ridicule.

La « sensibilité féminine » n’est pas une expression du même ordre que « avoir des couilles » mais je les trouve toutes deux sexistes et inadéquates. En tant que grande adoratrice de la langue française, je loue ses richesses, je joue de ses rigidités et je me m’insurge contre ses failles. Là, c’en est une.

R'EVOLUTION !!!

R’EVOLUTION !!!

 

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