5381 mai | 2013 | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
En-quêtes | 28.05.2013 - 11 h 46 | 10 COMMENTAIRES
Le T dans tous ses états

Yaggeuses, yaggeurs,

Ce n’est que par pure dérive de mon esprit fatigué (surmenage de fin d’année ou trentaine approchant) que j’en suis venue à me poser des questions sur la lettre T. Mes découvertes m’ont semblé suffisamment intéressantes pour partager la chose avec vous. Je me permettrai donc d’organiser mes propos un peu sous la forme d’un cours ou d’un exposé… mais pitié, ne pensez pas pour autant que j’endosse auprès de vous ma tenue de professeur-de-la-mort-qui-tue, je ne la sors que pour le boulot et le mardi, c’est journée off !

1. Les origines du T

Lettrine T  Auteur de l'ouvrage : VÉSALE, André / VESALIUS, Andreas Ouvrage : De humani corporis fabrica libri septem Edition : Bâle : Joannes Oporinus, 1555 Dessinateur : Vecellio Tiziano , dit le Titien et/ou Calcar Jean-Stéphane de (son élève et al. ?) Taille originale : 39 x 39 mm Technique : Gravure - Bois

Lettrine T
Auteur de l’ouvrage : VÉSALE, André
Ouvrage : De humani corporis fabrica libri septem
Edition : Bâle : Joannes Oporinus, 1555
Dessinateur : Vecellio Tiziano , dit le Titien et/ou Calcar Jean-Stéphane de (son élève et al. ?)
Taille originale : 39 x 39 mm
Technique : Gravure – Bois

Bien évidemmment, on reconnait tous le T comme étant la 20ème lettre de notre alphabet. On peut également préciser que c’est une consonne et, phonétiquement parlant, il s’agit d’une consonne sourde (qui ne fait pas raisonner les cordes vocales) et alvéolaire (puisqu’elle consiste à faire claquer la pointe de la langue contre les alvéoles de notre palais, à la base de nos incisives supérieures).

Quant à son origine historique, elle est double… ce qui est fort intéressant, nous y reviendrons par la suite.

–  La lettre phénicienne tau signifiait « marque, signe » et elle représentait une croix ×, ou + en protosinaïque . Elle prend la forme d’un T en grec.

–  Toutefois, il existait une autre lettre t, le thêta. L’origine du signe têt en phénicien est inconnue. On peut y voir une variante du signe précédent : le têt représentait une croix inscrite dans un cercle. Le thêta grec devient Θ en grec. La croix est simplifiée, elle deviendra une barre médiane dans l’écriture cursive θ.

Pour ce qui est de l’évolution de la lettre à travers les siècles, je vous renvoie ici, mais qu’en est-il de nos jours ?

La fréquence de cette lettre était de 7,3 % en 1947 ; elle est de 7 % en 2000. Elle était en cinquième position, elle recule à la sixième, dépassée par le i. C’est la troisième consonne fréquente, juste après le s, le n et avant le r.

2. Deux T valent mieux qu’un ?

Le double est un schéma récurent dans l’univers historique, phonétique, graphologique, philosophique, métaphysique du T. 

a. La consonne double

En français, la lettre T fait partie des consonnes qui ont tendance à se dédoubler, notamment en début et fin de mot, sans qu’il y ait de règle clairement établie. Exemples : attractive, salopette (contre-exemples : atrocité, concrète)

b. La double consonne sublimée : le/les tété(s)

J'ai bien évidemment passé des heures (j'exagère à peine) à chercher de belles images pour illustrer cette partie, mais je sais d'ores et déjà que je vais encore passer pour une obsédée, alors à la guerre comme à la guerre, une seule petite photo avec un seul sein. Na !

J’ai bien évidemment passé des heures (j’exagère à peine) à chercher de belles images pour illustrer cette partie, mais je sais d’ores et déjà que je vais encore passer pour une obsédée, alors à la guerre comme à la guerre, une seule petite photo avec un seul sein. Na !

Assez jacassé sur la lettre, passons aux choses sérieuses… et quoi de plus sérieux que les seins ?!

« Tété » : bien que le mot ait une connotation bassement familière, ce qu’il représente est hautement fascinant, vous en conviendrez. Et, Ô merveille des merveilles, lui aussi se dédouble le plus souvent !

Je dois me faire violence pour éviter ici que ce post ne se transforme à nouveau en louange mammaire, alors que dire sur le mot « tété » ?

Remarquons qu’à l’origine du nom commun « tété », on reconnaît le verbe et homonyme « téter »

c. Homonymie verbale

A l’origine était le verbe donc.

Voyons la définition dans le TLF :

TÉTER, verbe trans.
A.  [Le suj. désigne un nourrisson, un jeune mammifère]
1. Boire (le lait) par succion répétée sur le sein, la mamelle et p. anal. sur une tétine

Vaguement attendrissant... mais quand même... du lait ?! WTF ?! On aurait pas pu avoir des montées de thé ? Ou si le thé c'est pas assez nourrissant... de soupe de légumes ?

Vaguement attendrissant… mais quand même… du lait ?! WTF ?! On aurait pas pu avoir des montées de thé ? Ou si le thé c’est pas assez nourrissant… de soupe de légumes ?

Précision que bien évidemment « p. anal » signifie « par analogie » et n’a aucun lien avec… ce que certains esprits déplacés pourraient supposer.

Et là, je dis BEURK !!! D’une part, parce que le lait, c’est mal. Vous pouvez y voir un parti pris : je suis lourdement intolérante au lait (et si vous aviez ne serait-ce qu’un aperçu des conséquences de cet odieux produit sur mes intestins, croyez-moi, vous compatiriez) et par extension, j’en suis venue à repousser tout liquide (même plus ou moins solide) blanc ou blanchâtre, que le commun des mortels ingère pourtant avec gourmandise.

D’autre part, parce que AÏE ! Non mais ça va pas la tête ? Se faire ainsi vider de sa substance (aussi repoussante soit-elle) par une demi-portion de soi-même qui vient déjà de squatter pendant des mois nos cavités ventrales ? Inacceptable. Et puis ça abime les aréoles, merde ! Une aréole, c’est sacré. C’est du vandalsime, ni plus ni moins.

Observations : Je rappelle que phonétiquement, le T se produit par claquement de la langue sur la région alvéolaire du palais, ce qui, comme nous le remarquons, est également le mouvement à accomplir pour effectuer une succion efficace. On observe donc une relation mimétique entre la production phonétique et la définition sémantique du mot.

c. Homonymie humaine

Tété est également un chanteur contemporrain que pour ma part j’apprécie immodérément, tant pour son univers textuel et musical que pour le choix de son nom de scène, qui m’émeut fatalement. Un exemple pour la route…

http://youtu.be/nTpxBwrwOcw

3. Parce que nous les homos, on aime ça : homonymies en T

a. T/tes/tais/taie/té/thé

Il convient de bien faire la distinction avec les différents homonymes de la lettre T:

– T : la lettre

– Tes : l’adjectif possessif pluriel de la 2ème personne du singulier

– Tais : verbe « taire » conjugué soit au présent de l’indicatif (1ère ou 2ème personne du singulier), soit à l’impératif (2ème pers. sing.)

– Taie : enveloppe de tissu destinée à recouvrir un oreiller, un traversin, un édredon.

– Té : Objet ou instrument ayant la forme du T majuscule ou dont la section est en T (voir voc. dessin indust., plomberie, électricité, menuiserie, chirurgie, aviation…)

– Thé : Ensemble des feuilles et bourgeons terminaux du théier, qui par son usage est devenu au sens large : Boisson préparée par infusion de ces feuilles dans l’eau frémissante.

Le thé, c'est bon

Le thé, c’est bon

b. Parce que si le thé ne fait pas l’unanimité, il le devrait !

Encore du parti pris ici. Je n’ai pas peur de dire que j’aime le thé, presque autant que les tétés (presque). Parce que le thé c’est tout un art, surtout au Japon, je vous renvoie dans un premier temps à une définition du Chanoyu, puis à une émission très intéressante, ma foi, sur France Culture. J’aurais également pu évoquer la fameuse tradition anglaise du tea-time, mais j’aurais pour cela dû faire quelques recherches sur les origines indiennes de la chose (merci les colonies !) et le temps me manque.

Le thé, c'est beau

Le thé, c’est beau

Le thé c'est chau

Le thé c’est chaud

 

 

Le thé, c'est du costaud !

Le thé, c’est du costaud !

 

 

c. Homonymie mystère : Mister T !

Oui, bon, je sais, le mystère est légèrement éventé avec ma super transition en image… Mais quand même ! A part dans James Bond, qui rappelons-le, n’est qu’une fiction et dans lequel on trouve un M et un Q, c’est pas tous les jours qu’on tombe sur quelqu’un qui se résume à une lettre. Et ce quelqu’un envoie du lourd ! Parce qu’on dit peut-être « Droit comme un I », mais on peut maintenant rétorquer : « Musclé comme un T » !

Pour toute réclamation, revendication ou remarque désobligeante sur cet article, veuillez vous adresser à mon agent (ci-dessus)...

Pour toute réclamation, revendication ou remarque désobligeante sur cet article, veuillez vous adresser à mon agent (ci-dessus)…

Conclusion : 

Je pourrais invoquer ici le manque de temps pour conclure décemment cet article indécent (les copies à corriger, les cours à préparer, ma soeur qui vient d’accoucher de triplés…) mais soyons honnête, ami(e)s yaggeur(euse)s, je ne voudrais tout simplement pas vous imposer une nouvelle litanie sur les seins… parce que voilà, c’est un fait, malgré ma tentative désespérée de donner à ce post un semblant d’exhaustivité, j’avoue être restée bloquée sur le 2.b et les vagues de frustrations que cette sous-partie a fait déferler en moi.

TTTTTTTTTTTTTTTTTT

T vs TT

Sources :

– Trésor de la langue française : http://atilf.atilf.fr/

– Google images

– Youtube

– Wikipédia

– http://alis.isoc.org/glossaire/phonetique.htm

– http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/t-histoire.html

– http://www.lydiagautier.com/publication/france-culture-lart-du-au-japon

– Les méandres de mon cerveau

– Ma tasse de thé !

photo | Photopoésir | poésie | 26.05.2013 - 10 h 44 | 8 COMMENTAIRES
Socle en cime

Parce que certains lieux nous animent plus qu’on ne les habite

Saturée de la nausée de soi Des autres Ne reste que le retour

Saturée de la nausée de soi
Des autres
Ne reste que le retour

Terre du Vrai Relief des promesses entretenues Serties aux rocs de mes origines Je reviens vers toi comme on souffre Hébétée Fœtale Effrayée d’un souffle, d’un mot, d’un peut-être Et tu me recueilles en vers libres

Terre du Vrai
Relief des promesses entretenues
Serties aux rocs de mes origines
Je reviens vers toi comme on souffre
Hébétée
Fœtale
Effrayée d’un souffle, d’un mot, d’un peut-être
Et tu me recueilles en vers libres

Lovée au sein de ton poème Je tète mes souvenirs en trinquant à ces lendemains perdus dont ton atmosphère étouffe le regret

Lovée au sein de ton poème
Je tète mes souvenirs en trinquant à ces lendemains perdus dont ton atmosphère étouffe le regret

Contre mes larmes amères, tes torrents, tes rivières Contre la béance de mes blessures, tes sourires calcaires Contre mes sanglots irritants, les chants volatiles de tes hôtes Contre l’invariable noirceur de mes pensées, les nuances multicolores de ton paysage Contre cet immobilisme exaspérant, les vagues indisciplinées du vent dans tes branches, la vie instinctive, primaire, animale qui te grouille

Contre mes larmes amères, tes torrents, tes rivières
Contre la béance de mes blessures, tes sourires calcaires
Contre mes sanglots irritants, les chants volatiles de tes hôtes
Contre l’invariable noirceur de mes pensées, les nuances multicolores de ton paysage
Contre cet immobilisme exaspérant, les vagues indisciplinées du vent dans tes branches, la vie instinctive, primaire, animale qui te grouille

Tu t’offres toujours Je te prends encore Rechaussant tes racines Etreignant tes sommets Investissant tes dehors

Tu t’offres toujours
Je te prends encore
Rechaussant tes racines
Etreignant tes sommets
Investissant tes dehors

Nous savoir au diapason d’un présent que tu ne me refuseras jamais Là est ma liberté

Nous savoir au diapason d’un présent que tu ne me refuseras jamais
Là est ma liberté

Ivresse de l’Itaque à nouveau foulée Je râle mon plaisir à tes échos Renifle les printemps de ta nuque Souris à l’humble refrain de ton crépuscule Et m’endors enfin d’un sommeil sans précipice puisque tes bras me réservent la certitude de l’aube

Ivresse de l’Itaque à nouveau foulée
Je râle mon plaisir à tes échos
Renifle les printemps de ta nuque
Souris à l’humble refrain de ton crépuscule
Et m’endors enfin d’un sommeil sans précipice puisque tes bras me réservent la certitude de l’aube

corps de femme | Des seins ! Des seins ! Encore des seins !!! | photo | Photopoésir | poésie | 26.05.2013 - 09 h 46 | 5 COMMENTAIRES
Insomnie en Galatée majeure

 

Nuit

Yeux clos

Méditation non-préméditée

Aveuglante virginité de mon écran mental

Immobilité muette et frémissante

Annonçant l’imminence

Ta genèse

 

 

Au commencement était mon fantasme

 

Comme on trousse ses émotions, j’exhume les crayons de ma mémoire

Tout est là

Comatant sous mes paupières

Palpitant faiblement en prison de côtes, en berceau de chairs

– mon corps, ton rythme –

Jusqu’au premier mouvement

Ta libération

 

Tu m’arraches, ivre d’exister, le premier trait

 

En murmures, tu m’insuffles tes courbes inspirées

...

Ici, le fascinant relief de tes seins

Là, la rondeur insolente d’une épaule

Autour, l’indéchiffrable mystère de ta chevelure

Et partout, partout ta peau

Matrice à la géographie inimitée

Veloutée, euphorisante

 

D’esquisse carbonique en mine sanguine, je te profile et t’envisage dans la frénésie insoumise du génie

– Folie ou débordement imaginaire –

Je m’exorcise mentalement de l’obsession de tes contours, des caresses hypnotiques de ta voix, de l’espoir préméditant tes gestes, et te modèle

Tu me possèdes jusqu’à ce que je t’anime, enfin

 

Toi, incarnation imperfectible de mes désirs

Si présente, si entière

Ephémère

 

A vouloir te sentir je te perds aussi intensément que je t’ai crée

 

 

Insomnie

Paupières béantes

Nouvelle morsure du réel

Une seconde artiste comblée par son chef d’œuvre

La suivante, inutile et solitaire

N’avoir été que la page

De ton message

...

Photopoésir | 18.05.2013 - 18 h 22 | 19 COMMENTAIRES
A défaut d’ailes

J’ai voulu un nuage magique, une sorte de tapis volant cotonneux qui m’emmènerait tantôt sur la lune, tantôt à l’autre bout de ce monde, toujours en quête du beau, du bon, du drôle, du mieux.

J’ai voulu un nuage magique, une sorte de tapis volant cotonneux qui m’emmènerait tantôt sur la lune, tantôt à l’autre bout de ce monde, toujours en quête du beau, du bon, du drôle, du mieux.

J’ai voulu devenir archéologue, creuser l’Hier pour comprendre l’absurdité du Présent. Balayer la Terre dans le respect de la découverte. Voir et savoir la soif  de ce qui s’oublie.

J’ai voulu devenir archéologue, creuser l’Hier pour comprendre l’absurdité du Présent. Balayer la Terre dans le respect de la découverte. Voir et savoir la soif de ce qui s’oublie.

J’ai voulu inventer l’invisibilité, celle qui me permettrait enfin de m’isoler, qui me mettrait à l’abri des attentes des autres, qui tairait les trahisons révélatrices de ce corps infidèle.

J’ai voulu inventer l’invisibilité, celle qui me permettrait enfin de m’isoler, qui me mettrait à l’abri des attentes des autres, qui tairait les trahisons révélatrices de ce corps infidèle.

J’ai voulu rencontrer le vent, troubler sa course, caresser son chant. Sans l’apprivoiser, juste croire en notre communion.

J’ai voulu rencontrer le vent, troubler sa course, caresser son chant. Sans l’apprivoiser, juste croire en notre communion.

J’ai voulu apprendre ce que les mots ne sont pas aptes à transmettre. Explorer leurs limites, franchir le sens et goûter à la vie folle, trop vraie pour être belle.

J’ai voulu apprendre ce que les mots ne sont pas aptes à transmettre. Explorer leurs limites, franchir le sens et goûter à la vie folle, trop vraie pour être belle.

J’ai voulu arrêter le temps, préserver l’innocence qui sublime le désir aux dépens du devoir. Eviter de devenir de ces adultes imbéciles qui perdent tout en gagnant les ans.

J’ai voulu arrêter le temps, préserver l’innocence qui sublime le désir aux dépens du devoir. Eviter de devenir de ces adultes imbéciles qui perdent tout en gagnant les ans.

J’ai voulu croquer dans l’aurore un matin où elle était bien mûre. Sentir couler en moi la chaleur feutrée de ses murmures. Et briller… Briller de l’intérieur, luciole à la rhapsodie claire.

J’ai voulu croquer dans l’aurore un matin où elle était bien mûre. Sentir couler en moi la chaleur feutrée de ses murmures. Et briller… Briller de l’intérieur, luciole à la rhapsodie claire.

J’ai voulu allumer un cœur, irradier un corps, embraser une âme. Avancer en équilibriste aveugle sur le fil de l’éternité, guidée par sa main, et savoir qu’on ne tombera pas.

J’ai voulu allumer un cœur, irradier un corps, embraser une âme. Avancer en équilibriste aveugle sur le fil de l’éternité, guidée par sa main, et savoir qu’on ne tombera pas.

J’ai voulu rêver, réaliser, créer. Être poète, pluie ou mirage. J’ai voulu être l’autre, être contre, être l’éventuelle. Mais je demeure celle qui s’encre au silence captif du soleil des autres.

J’ai voulu rêver, réaliser, créer. Être poète, pluie ou mirage. J’ai voulu être l’autre, être l’éventuelle, être le possible. Mais je demeure celle qui s’encre au silence captif du soleil des autres.

 

Au soleil d4icare, au mythe dont on n'apprend rien.

Au soleil d’Icare, au mythe dont on n’apprend rien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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