5381 février | 2012 | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
critique | éducation libéro-sexuelle | film | homophobie | Itws & anecdotes | 25.02.2012 - 10 h 14 | 3 COMMENTAIRES
The Full Monty : le bonheur de voir s’effondrer un a priori

Indémodable !

 

Dans le cadre de l’étude d’une critique cinématographique, j’ai proposé à mes élèves de leur montrer quelques extraits du film The Full Monty pour combler l’avant dernière heure de cours avant les vacances. Tout le monde avait bien mérité ces minutes de détente !

Comme cela faisait bien 4 ans que je n’avais pas revu le film, et comme j’essaie d’être un minimum consciencieuse, je l’ai à nouveau regardé la veille au soir. Et là, c’est la tragédie. Des injures et des grossièretés fusent toutes les 3 secondes, et ce dès les premières minutes.

Je rappelle le contexte : d’anciens ouvriers de la métallurgie se retrouvent sans boulot et tentent de s’en sortir en commettant quelques larcins. Ils s’indignent de voir que leurs femmes dépensent jusqu’à 10£ pour aller voir une bande de stripteaseurs. Dans le contexte, les injures sonnent juste, elles sont compréhensibles et ne me choquent absolument pas. Oui, mais voilà, je suis professeur de français et je suis censée présenter cela à une classe de troisième dans le cadre d’un cours sérieux. C’est le dilemme.

En plus des imprécations quotidiennes, courantes mais non moins imagées que Gaz, le personnage principal déverse (du style « merde », « putain », « fait chier », « connards », « pet d’cul », « se trémoussant les valseuses »…), on a droit dès les premières scènes à un flot de mots doux homophobes pour désigner les stripteaseurs, de la traditionnelle « pédale » jusqu’à ce que je me contenterai professionnellement de citer comme étant une métaphore pour le moins virulente et osée…

Et là je tiens à éclaircir deux points.

D’abord à l’égard de ceux qui n’auraient pas vu le film : c’est un excellent film. Vraiment. Avec tout ce que l’on peut attendre d’un grand film. Et surtout, contrairement à ce que mes propos laissent penser, c’est aussi un film communautaire. A voir sans faute.

Ensuite, ne nous voilons pas la face. Je sais très bien, et vous aussi, que les oreilles d’adolescents de 15 ans ne s’effarouchent plus depuis fort longtemps, d’entendre la moindre insulte la plus fleurie soit-elle.

Mon dilemme était donc purement un dilemme de principe. Au diable les principes !

Pendant qu’ils visionnaient ces premières scènes, je les observais (c’est effrayant de voir comment il faut se démener pour capter l’attention d’une classe en temps normal, et de constater qu’il suffit de lancer une projection quelconque pour que la trentaine de têtes se fige, fascinée… dans une autre vie, je veux être écran de ciné…)

Sur certains visages, je remarque pour chaque insulte homophobe une brève expression de mécontentement ou d’étonnement (d’autres visages sourient bêtement du début jusqu’à la fin de l’extrait). Quand j’arrête la vidéo au bout de quelques minutes, pour faire le point, une élève demande à intervenir :

« Madame, mais c’est violent quand même, contre les homos… »

Certains rient grassement, mais la plupart d’entre eux forment un chœur de soutien murmurant « ça craint, t’as vu, quand y les traite de tante, pédale et tout… », « En plus c’est même pas des pédés », « En fait y sont jaloux », « Peut-être que c’est lui le pédé refoulé ! »…

Pendant quelques secondes, j’étais émue. Je ne leur ai bien sûr rien laissé transparaître, je ne suis pas censée avoir le moindre sentiment pour ces monstres. N’empêche qu’ils ont réagi. Face à leur indignation, je leur expliquai que le film était fait de telle sorte que cette pseudo homophobie du départ serait bouleversée par la suite, puisque deux des personnages… mais je n’en dis pas plus.

Ils étaient rassurés.

Ce qui m’a fait plaisir, en plus de leur réaction, c’est que l’homophobie était à des années lumières du sujet du cours. Je devrais leur en vouloir de ne pas avoir plus tiqué sur les différences entre The Full Monty et sa tragique imitation française, Disco. Mais j’étais bien trop surprise de ne pas les voir surenchérir au contraire, à ces médisances. Il n’est pas rare d’entendre des « sale pédale » fuser dans les cours de récré. Aussi, leur réaction d’hier m’a redonné espoir. On peut changer les mentalités. On a déjà commencé à le faire. Et si la route est encore longue, nous sommes de plus en plus nombreux à l’emprunter, quel que soit notre bord.

 

 

En-quêtes | Geek | sexy | 19.02.2012 - 13 h 33 | 6 COMMENTAIRES
Avant / Après : le pourquoi du comment (To geek or not to geek )

Il suffit parfois de pas grand chose pour créer des dépendances…

 

Avant, j’étais contre la geekitude.

Puis je suis tombée là-dessus.

Alors j’ai fait des recherches… Je suis comme ça, moi, je recherche. Toujours. Surtout dans ce domaine.

J’ai reçu une invitation…

 

… et puis j’ai vu de la lumière, alors…

 

… j’ai pénétré l’univers alternatif de la geekitude, épidermiquement encrée…

 

 

Affolant ou amusant, j’ai du mal à choisir. Je vous laisse trancher.

Mais n’y allez pas comme des bouchers, on est toutes des geekettes au fond, au moins quand on Yaggue !

 

 

D-libérations | éducation libéro-sexuelle | 19.02.2012 - 11 h 57 | 4 COMMENTAIRES
Réflexion géomosexuelle du dimanche

Colore le monde…

 

C’est marrant de laisser un article s’écrire et se composer tout seul. Alors que je cherchais une image pour illustrer ma micro-pensée du dimanche matin (qui ose penser en week-end ?!), je suis tombée sur cette chanson innocente qui colle si bien à mes propos que je vous l’offre en cadeau (gratuit pour moi, fortuit pour vous).

A quoi est-ce que je pensais déjà ?

Ah oui. Je regardais mon tas de copies à corriger (enseigner, c’est bien, corriger, ça craint !) et comme je n’avais pas trop le cœur à l’ouvrage, j’errais sur certains blogs de Yagg, cherchant la motivation nécessaire. Je suis tombée par hasard sur de singulières Blue Notes  (que je vous encourage à parcourir sur le blog éponyme) et au fur et à mesure de mes lectures, je repensais à un devoir que j’avais donné à mes gamins.

J’enseigne le français, mais aujourd’hui, dire qu’on enseigne une matière, c’est ridiculement hors de propos. On enseigne, un point c’est tout. On commence par enseigner la vie. Nos disciplines se mêlent en un même noyau commun à tous : LA discipline. Mais pas la discipline de jadis, à la règle et à l’humiliation, je parle juste d’une forme de discipline nécessaire bien que trop souvent insuffisante qui nous permet d’obtenir éventuellement quelques résultats dans la fameuse matière enseignée. Bref, je m’égare…

Tout ça pour vous dire que, en enseignant le français, on est amené également à avoir des notions interdisciplinaires, aussi bien en mathématiques (eh oui, la grammaire, c’est comme les maths, ça s’apprend, ça s’applique !), en Sciences et Vie de la Terre (biologie pour les anciens…), en anglais… et bien sûr en histoire-géo.

Et donc, l’autre jour, alors que je demandais à une classe de 5e de  remplir une fiche de vocabulaire sur les différentes faunes flores et coutumes dans chaque région du monde (je suis toujours navrée de constater leur manque de culture mais, à la réflexion, que savions-nous à leur âge ?), une élève inspirée me dit :

« Mais madame (ça ne loupe pas, à chaque fois qu’ils m’appellent Madame, je pense à ma mère…), c’est super compliqué, c’est tout différent de partout, on n’a pas la place d’écrire, y’en a trop ! »

Ainsi nous abordons le sujet de la diversité culturelle et identitaire, et là… c’est le drame. Par respect pour eux, et pour vous, je ne peux vous retransmettre la totalité des inepties et des non-sens qui m’ont été débités…

Je digresse…

« Madame, pourquoi vous disez ‘graisse’ ? »

« On ne dit pas ‘vous disez’, mais ‘vous dites’, et je ne dis pas … »

Bref.

Comme le cerveau est une étrange machine qui a parfois le don de faire des associations d’idées aussi sottes que grenues, et comme je suis de nature à m’accrocher aux mots,  je remarquais que, à une lettre près, pays = gays.

Et aussi sec, je m’invente prof d’Histoire et d’ouverture sociale en bouleversant les discours classiques :

« Alors vous voyez les jeunes, le monde se construit en gays qui incarnent une culture, une langue, un mode de vie commun, mais partout la différence crée la richesse de notre planète. Ils se réunissent sous un même drapeau, multicolore. Rencontrer, connaître, partager toutes ces différences, c’est ce qui fait la force et l’évolution de l’Homme.  Pour chaque gay, la vie est ce qu’il y a de plus important, et le respect de celle-ci sous toutes ses formes est capital. Les gays ont pour but l’égalité entre tous et ils militent pour cela. Ils n’ont pas de frontière, ils se tiennent tous la main dans une grande chaîne humaine, remarquablement solide. Alors comment ne pas être fier d’en être ? »

« Alors voyez-vous les enfants, le monde se divise en pays qui représentent une culture, une langue, un mode de vie commun, et la diversité nous donne parfois une image effrayante de la Terre. Chacun arbore un drapeau bien différent qu’il faut pouvoir identifier. Quantifier, qualifier, définir c’est ce qui nous aide à faire tenir tout le monde dans des cases. Pour chaque pays, on appelle « capitale » la ville la plus importante, celle qui impose aux autres le respect et la soumission. Les pays, prétendant à l’égalité, se font la guerre : c’est comme cela que les frontières changent sans cesse, au détriment de ceux qui n’ont aucun pouvoir. Généreusement, les puissants autorisent les aides humanitaires, alors pourquoi se plaindre ? »

Ok, l’un est utopique, l’autre exagéré. N’empêche…

En-quêtes | 17.02.2012 - 20 h 55 | 18 COMMENTAIRES
La coolitude, c’est fou, c’est flou !

Franchement, entre les deux, y’a pas photo, non ?

 

Avant que ça ne devienne un phénomène de mode, avant que ça ne soit l’accessoire chic et glamour que l’on croise aujourd’hui dans la plupart des magazines féminins, avant…  déjà ! Déjà j’en voulais mortellement à mes parents de m’avoir fait des yeux trop parfaits (d’un point de vue purement médical).

En clair, j’acceptais d’avoir des boutons, je tolérais ma taille ridiculement réduite, je m’accommodais de l’aspect informe de ma silhouette, je faisais avec chaque petit ou gros complexe adolescent, mais je n’ai jamais pu supporter l’idée de ne pas avoir besoin de lunettes. J’avais envie de brûler la Terre entière. Et en particulier mon ophtalmo qui, lors d’un contrôle de routine m’annonce glorieusement : « Ben ça, c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’admirer une vue aussi parfaite ! Vous avez 13.8/10 aux deux yeux Madmoizelle ! »

Et dire que certains galèrent pour avoir la moyenne…

Je lui en ficherais moi, des occasions ! Tout ce que je voulais, c’était qu’il triche, qu’il me trouve une tare quelconque, je n’étais pas difficile : myopie, presbytie, astigmatisme… N’importe quoi, mais un truc qui nécessite de porter une paire de lunettes. Résultat : néant, déception, point mort. Comme si l’adolescence n’était pas une période assez difficile comme ça ! Être intello, quel intérêt si on n’en a même pas l’air ?! La vie n’est qu’une vaste fumisterie, une accumulation d’injustices, un gouffre d’amères désillusions.

Et que dire quand, non seulement vous avez cette maudite vue, mais qu’en plus vos proches, eux, n’ont pas cette déveine : votre sœur, votre meilleure amie, vos grands-parents… Tous, tour à tour, vous annoncent (comme s’ils allaient en crever) qu’ils sont condamnés à ce que vous espérez misérablement. Et quand vous leur demandez gentiment de vous faire essayer leurs besicles, ils vous sortent un truc du genre : « Non, mais ça va t’abîmer les yeux, c’est pas bon de porter des lunettes quand t’en as pas besoin… »

Ben voyons. Comme si ça allait me tuer. Foudroyée sur place parce que j’ai touché de trop près mon rêve, et telle Icare approchant son Soleil, je me suis perdue en me brûlant les yeux…

Pire… les traîtres… Ils vous demandent des conseils sur le choix de leur fardeau de verre. Ils vous embarquent pour des heures d’essayage auxquelles vous assistez, impuissante, testant chaque monture sur votre propre tête tout en sachant que vous, vous en sortirez bredouille…

Alors vous fantasmez…

Les lunettes, c’est trop la coolitude. Mais vous n’êtes pas cool. Vous faites partie de ceux qui voudraient l’être, mais qui se ridiculisent à essayer. Du coup, vous devenez la risée d’une bande de binoclards sans scrupule. On vous raille, on vous met de côté, on vous poignarde dans le dos, on vous crache dessus… Et vous vous contentez de fermer vos yeux parfaits (les cons !) tout en rêvant à l’inaccessible accessoire.

Aujourd’hui, on fait des lunettes sans correction. Juste de simples carreaux de verre que l’on supporte avec la monture de son choix. On en trouve à tous les prix, dans tous les genres.

Aujourd’hui, je résiste.

Je snobe la lunette comme elle m’a snobée pendant ces années d’inaccessibilité.

Non mais !

 

Bon, mais quand même, ça c’est la coolitude !

 

Et pis des lunettes bien portées…

 

… même quand elles sont très très moches (les lunettes)…

 

… c’est trop la classe !

 

Aujourd’hui, je résiste, parce que c’est trop commun…

 

… et comme je ne suis pas n’importe qui, j’aime qu’on me regarde « dans les yeux » !

 

 

En-quêtes | 13.02.2012 - 09 h 01 | 11 COMMENTAIRES
Evolution pendante !

 

Au hasard de la vie, virtuelle ou non, je me suis fait une réflexion. Ma… profession m’ayant amenée à devoir observer l’image de la femme à différentes époques, je me suis intéressée de près à une forme d’art en particulier : la joaillerie. Et là, sans surprise, l’évolution est… frappante. Voyez plutôt :

 

Des beautés gréco-latines (ici latine) en médaillon de bronze…

 

Aux chastes madones d’argent…

 

Et puis la dérive… le passage à une société sans tabou (c’est mal !!!)

 

 

Et quand on parle de dérive… là, touché c’est coulé…

 

Un petit détour en image de mes dernières réflexions… qui ne vous avaient sans doute pas manquées tant elles sont superflues, certes, mais au fond, une curiosité malsaine nous pousse quand même à vouloir savoir…

J’aime le savoir, j’en suis accro. J’aime étudier bien plus qu’enseigner. Du moment que le professeur s’appelle… « Madame ! »

D-libérations | 13.02.2012 - 08 h 26 | 17 COMMENTAIRES
Pire qu’un coming out, le coming back !

Parce que des choses doivent rester anonymes, d’autres pas.

 

Voilà bien longtemps que ce blog est inactif. Trop longtemps ? Je ne le sais pas, ce sera à vous de me le dire. Non, je ne suis ni morte, ni amputée des deux mains. Je me fais l’impression (prétentieusement) d’être au blog ce que Julie Pietrie a pu être à la chanson française : une gloire fugace et un abysse d’oubli sans possibilité de retour. Aussi, soyez indulgents.

A ceux (et surtout celles) qui en 2011, ont apprécié mes articles photos, je suis au regret de dire que cette époque est révolue. Mon emploi du temps ne me permettra plus de me consacrer à d’aussi sérieuses et scrupuleuses recherches. Pourquoi reprendre alors ? On m’a fait remarquer récemment (n’est-ce pas @pitaladio) qu’il n’était pas nécessaire d’avoir quelque chose de particulièrement intelligent à dire pour continuer à publier. Alors à défaut de traits d’esprits, je pourrai éventuellement partager certaines futilités avec vous ?

Et puis peut-être quelques nouvelles érotiques…

Quelques photos, pourquoi pas, des miennes, des autres…

Et puis c’est une période électorale, tout le monde à toujours quelque chose à dire en période électorale, non ?

Ma foi, on verra bien. Et je me tiens toujours à votre disposition pour aborder les sujets de votre choix. J’aime que l’on me propose, libre à moi d’en disposer, et de partager !

Ladies and gentlemen, I’m in, I’m back…

And please… be nice !

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