5381 juillet | 2011 | B.U.L.L.E.

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B.U.L.L.E.
Blog Univoque d'une Lesbienne Libre et Egale (à elle-même)
Itws & anecdotes | 24.07.2011 - 05 h 23 | 12 COMMENTAIRES
L’interview de l’apprentie lesbienne

C’est comme ça que je prends mon pied, en photographiant des escargots !

Évidemment, il n’est que justice de vous laisser mon interview en pâture. Je ne me remettrais pas du courroux de G.E.S et d’akaimenousagi alors, à mon tour de me livrer à vous en bouquets de questions toutes plus… pertinentes les unes que les autres. Et comme je me suis efforcée de le faire précédemment, je promets de rester fidèle à mes réponses initiales, quitte à m’enfoncer toujours plus loin dans mon abîme de connerie.

Suite et fin de cet après-midi pseudo-journalistique…

Reporters (incarnées cette fois par akai et G.E.S) : Pourquoi tu portes ton bracelet à gauche ? (ça commence fort !)

Puce : Parce que dessous, j’ai la marque de bronzage laissée par ma montre. Quand je mets ma montre, je le porte à droite. Comme pour tout, c’est meilleur quand on alterne.

Reporters : Qu’est-ce que ça te fait d’être lesbienne et de ne pas avoir les mains veinées ?

Puce : Maintenant que je suis Senpaï, je prends très bien la chose. (Oui, je m’autoproclame Senpaï puisque vous reconnaissez que j’ai gagné en maturité !)

Reporters : Est-ce que ça pique un peu de s’asseoir sur tous ses principes ? (Ça, c’est une private joke, parce que je suis une fille pleine de principes, et que soi-disant, je m’assois dessus à chaque occasion…)

Puce : Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire.

Reporters : Est-ce que tu as déjà pensé à consulter par rapport au fait que tu fais toujours à manger pour 12 quand on est 4 ?

Puce : J’y peux rien, c’est un héritage familial, une tare génétique.

Reporters : Pourquoi t’es copine avec nous ?

Puce : J’y peux rien, c’est un héritage amical, une tare générique !

Reporters : Si tu pouvais changer un truc dans ta vie , ce serait quoi ?

Puce : Ma voiture. Elle est en train d’agoniser.

Reporters : Qu’est-ce que ça te fait d’avoir Akai comme senpaï ?

Puce : Mal au dos. Faut que je m’incline vachement bas pour arriver à sa hauteur…

Reporters : Est-ce que tu t’es sentie déshonorée quand @ptitchat t’a battue à René la Taupe ?

Puce : Non, parce que moi, je vibre. Elle, elle appuie trop fort. Ça doit faire mal !

Reporters : Qu’est-ce que ça te fait de savoir que t’as jusqu’à 30 ans pour devenir adulte ? (private joke encore, puisque soi-disant, j’ai un comportement trop jeune et trop fougueux pour mon âge et pour les personnes… très mûres que je fréquente… elles ont royalement décidé de me laisser jusqu’à mes 30 ans pour adopter, enfin, un vrai comportement d’adulte… ce qui , je ne vous le cache pas, ne m’intéresse guère…)

Puce : Ça me laisse à penser qu’il me reste moins de deux ans à vivre.

Reporters (G.E.S sur ce coup-là) : Comment tu trouves mon mec ?

Puce : Super photogénique. Et poilu.

Reporters : C’est quoi ton type de femme ?

Puce : J’aime pas les types, j’aime que les femmes.

Reporters : Allez, accouche !

Puce : Aucun type « physique » ne me retient. Ce qui va m’intéresser, ça va être une personnalité, un caractère, une attitude. Une poitrine généreuse est une bonne option.

Repo rters : Pourquoi cette obsession pour les seins ?

Puce : N’en déplaise à Sigmund, j’ai eu mon content  d’amour maternel et des heures de berçage de poitrine (surtout avec ma grand-mère). Alors je répondrai tout simplement que c’est doux, c’est chaud, c’est transcendantal ! Quant à la poitrine aimée, elle est essentielle.

Reporters : Est-ce que c’est ton papa le plus fort ?

Puce : Non, c’est celui d’Akai bien sûr… (Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire pour garder ses amies… Papa, si tu me lis, ne le prends pas pour toi)

Reporters : Est-ce que les livres t’ont appris quelque chose dans la vie ?

Puce : Vu que j’ai plus lu que ce que j’ai vécu… oui.

Reporters : Est-ce que tu serais contente si ta sœur te disait qu’elle est lesbienne ?

Puce : YEAH !!! M’enfin, elle est mariée et heureuse, alors laissons-la tranquille. Ce serait surtout très inattendu… et marrant. Sauf que pour le coup, ça tuerait mes parents !

Reporters : Qu’est-ce qui est rédhibitoire pour toi chez une femme ?

Puce : Qu’on n’ait rien en commun… ou au contraire tout en commun. Que sa voix ne me plaise pas. Ou qu’elle soit maigre.

Reporters : Et qu’est-ce qui te séduit ?

Puce : Sa voix… et… je peux pas le dire pasque ça ruinerait mon image de Yagg… mais… qu’elle soit tendre.

Oh, tiens, un escargot !

Bon, ben voilà. Vous savez tout. Comme l’a fait remarquer @ptitchat, il y a beaucoup moins de sérieux dans cette interview. D’ailleurs, vous noterez que mes inquisitrices ne m’ont posé aucune question pertinente sur la communauté. Comme si je n’avais rien à en dire… Je ne sais pas trop comment je dois le prendre…

M’enfin.

Comme ça n’intéresse personne, je vous laisse une petite série de photos sur mes amis les escargots, avec une anecdote.

Parce que ça existe aussi la Communauté des escargots !

Quand j’étais petite (parce que oui, tuons le mythe, j’ai été très petite, et je n’ai guère grandi plus qu’Akai), comme mes grands-parents vivaient à la campagne et que je passais le plus clair de mon temps chez eux, je passais des heures à construire ce que j’appelais, bibliquement, un « paradis à escargots » : je prenais une cagette, que je recouvrais scrupuleusement de feuilles de figuier et que je parsemais d’herbes en tous genres, de fleurs, de fruits (selon la saison), et j’allais ramasser une flopée de camarades gluants et encoquillés. Je les déposais délicatement dans leur nouvel environnement que j’estimais être paradisiaque. Je leur parlais des heures, je les cajolais, je les bichonnais… J’étais une vraie maman-poule, mais version escargot. Et puis il m’arrivait de devoir m’absenter (pour une envie pressante ou parce que je me mettais en tête d’aller en chercher aux confins du jardin), les abandonnant quelques minutes tout à leur confort. Et en revenant, je trouvais, effondrée, un « cimetière d’escargots ». Ma sœur était passée par là. Elle, son truc, c’était de sentir leurs coquilles crisser sous ses doigts.

Oui. J’ai une sœur psychopathe. J’ai donc eu une enfance traumatisante. Et cela explique l’obsession de mon objectif pour ces petites bêtes pleines de bave et toutes en rondeur (à moins que ce ne soit un parallèle avec… non…).

Tous au ciel mes petits escargots…

Itws & anecdotes | 22.07.2011 - 04 h 26 | 13 COMMENTAIRES
L’interview de la militante version « REVOLUTION, mais d’abord, donnez-moi à manger »

Parce qu’à son âge, on a fait son petit bonhomme de chemin, ci-dessus Akaimenousagi, mais de loin !

Reprenons donc où nous en étions. L’interview de G.E.S terminée, c’est donc tout naturellement que je me retourne vers @akaimanousagi qui, brusquement, semble retomber dans un semi-coma artificiel. Comme je la connais un peu puisque je la pratique depuis quelques années maintenant (amicalement bien sûr), je tente une première question censée lui provoquer une réponse instinctive, primaire. Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître cette chanson de Philippe Katerine, cela apparaîtra sans doute comme une private joke et je m’en excuse, pourtant, je les exhorte à ne surtout pas pousser la recherche musicale (si tant est que l’on puisse parler de musique…). Je m’excuse aussi pour l’aspect bien moins sérieux de cette interview. J’essaierai dans mes commentaire de ne perdre personne en route ! Voilà donc comment ça commence…

Reporters (dans une tentative désespérée de récupération d’attention face à un sujet récalcitrant tombant dans la molitude) : Comment tu t’appelles ?

Akaimenousagi (notre lapin aux yeux rouges à les yeux qui s’éclairent tout d’un coup, et dans un élan du cœur, elle répond) : Philippe !

Reporters (refusant de répéter la chose pendant 1,12 minutes) : TA GUEULE !!! (étrangement, cette injonction vulgaire au silence aura permis d’obtenir par la suite des réponses audibles et intelligibles dudit lapin)

Reporters ( qui attaquent tout de suite avec des questions de GRANDE importance…) : Comment on vit le fait d’être lesbienne et de faire moins de 1.50m ?

Akaimenousagi : J’ai la tête à la bonne hauteur !

Reporters : Qu’est-ce qui te fait rougir ?

Akaimenousagi : « soutien-gorge » marche à chaque fois, ou quand on me demande de tenir compagnie lors d’une séance de shopping pour petites culottes… (là, je dois avouer que G.E.S l’a aidée à répondre…)

Reporters : C’est quoi ton type de mec ?

Akaimenousagi : Celui de G.E.S.

Reporters : C’est quoi ton type de fille ?

Akaimenousagi : Chiante, cultivée… mais surtout chiante !

Reporters : Est-ce que pour te séduire, il faut forcément aimer les films contemplatifs coréens ?

Akaimenousagi : Non, je suis très ouverte. on peut aussi aller voir GI Joe avec @pucedepoesir… Très important, elle doit supporter les supers blagues de pucedepoésir et ne pas loucher sur le décolleté de G.E.S. Ah ! et elle doit reconnaître que mon papa c’est le plus fort !

Reporters : Pourquoi tu es câlinophobe ?

Akaimenousagi : Chuis pas câlinophobe, chuis pudique !

Reporters : Qu’est-ce que ça te fait d’être le Senpaï de Puce ?

Akaimenousagi : Je suis très fière !

Reporters : D’où te vient ta passion pour les Cocopops ?

Akaimenousagi : C’est à cause du riz. Mon organisme n’acceptant pas les légumes, j’ai rejeté les Cococourgettes !

Reporters : C’est quoi ton site de hentais préféré ?

Akaimenousagi : Je peux pas le dire. (réponse corse par excellence…)

Reporters : Pourquoi Sexy Sushi ?

Akaimenousagi : Parce que c’est drôle (Ahah.) et c’est mon côté Punk (C’est vrai que vu la coupe de cheveux en ce moment, tu peux pas renier ton côté Punk !)

Reporters : Pourquoi Yagg ?

Akaimenousagi : Parce que la plate-forme est bien faite, très complète.

Reporters : Quelle trace tu veux laisser dans la Communauté ?

Akaimenousagi : Aucune, parce que je suis propre !

Reporters : Que diraient tes parents si demain tu leur annonçais que t’es hétéro ?

Akaimenousagi : Mon père serait très emmerdé. Ça le gonflerait d’avoir un mec à la maison. Ma mère, elle, serait hyper déçue : elle déteste acheter des cravates.

Reporters : Qu’est-ce qui te plaît dans l’esprit communautaire ?

Akaimenousagi : Une certaine tranquillité sociale et aussi savoir qu’on se bat pour nos droits. La solidarité, quoi.

Reporters : Qu’est-ce que ce serait pour toi un monde idéal ?

Akaimenousagi : Des filles ! Et une 7ème saison de Xéna où elle n’est toujours pas vraiment morte, évidemment. Du riz à tous les repas… et des chips.

Reporters : C’est quoi le dernier truc que tu as lu ?

Akaimenousagi : Une FF de Rizzoli and Isles. Sans sexe. Elles s’embrassent, c’est tout. (Déception sur son visage…)

Reporters : Qu’est-ce qui te fait vibrer ?

Akaimenousagi : Mon Phophone.

Reporters : Ca te fait quoi d’être de gauche et d’être fille de chef d’entreprise ?

Akaimenousagi : Grave conflit intérieur ! Comme le fait d’être scorpion et en vierge en même temps.

Reporters : String ou shorty ?

Akaimenousagi : Boxer.

Reporters : Qu’est-ce qui est rédhibitoire pour toi chez une femme ?

Akaimenousagi : Qu’elle soit bête, sans charme, vulgaire ou hystérique. Le pire étant un mix de tout ça.

Reporters : Et au contraire, qu’est-ce qui marche à tous les coups ?

Akaimenousagi : Bah je suis sensible au système de séduction basique : le regard (surtout le regard), la démarche, la tenue, une classe naturelle… Mais quelque chose en plus dans le regard va forcément me retenir.

Est-ce que là c’est assez particulier à ton goût ?

Voilà pour l’interview d’@akaimenousagi. Vous aurez noté ma prouesse technique qui consiste à recopier son pseudo EN ENTIER à chaque début de réponse. Je m’en suis fait une entorse au cerveau, mais j’en suis super fière (surtout si j’ai réussi à ne rien intervertir). J’aurais aimé vous fournir, du moins sur certaines questions, des réponses plus complètes, malheureusement, le Verbe du Lapin aux yeux rouge se distille à la goutte et non au litre.

J’aurais voulu vous dire « suite au prochain épisode », malheureusement, mon gros chat affamé a dévoré les pages qui contenaient mon interview… Je suis sûre qu’au fond, vous ne lui en voudrez pas pour si peu, elle est tellement mignonne (oui, mon chat est une chatte, mais curieusement, la pudeur m’interdit de vous parler de ma chatte ici) !

PS : Pour @akaimenousagi, inutile de m’envoyer vos dons, elle ne les accepterait pas. Elle Corse.

Itws & anecdotes | 20.07.2011 - 05 h 31 | 23 COMMENTAIRES
L’interview de la sympathisante communautaire

A gauche, G.E.S, et à droite akaimenousagi (grandeur nature !)

Que faire par un bel après-midi d’intempéries, quand « Patron » vous dit qu’on ne peut plus travailler (parce que comme on vit sur la Côte d’Azur, quand il pleut on se sent perdu, oublié des dieux, désœuvré) ?

Vous je ne sais pas, mais moi je mets mes copines dos au mur et je leur pose tout plein de questions indiscrètes pour en faire profiter la Communauté ! Non, sérieusement, à la base le truc était presque intelligent. La question était de définir ce qui pouvait être « attirant » dans la Communauté pour une sympathisante hétérosexuelle de base (et quand je dis de base, je ne veux pas dire qu’il s’agit de quelqu’un de basique, car entendons-nous bien, je ne m’adresse qu’à des personnes d’exception ! Je voulais dire quelqu’une de fondamentalement hétérosexuelle, du moins pour ce qu’elle veut bien nous laisser entendre…).

Alors laissez-moi faire les présentations.

Pour des raisons purement éthique, et par discrétion (parce que c’est mon amie), je ne peux décemment pas vous montrer le vrai visage de G.E.S. Mais comme d’une façon générale, j’ai beaucoup de mal à la regarder dans les yeux… qu’elle a très beaux aussi, d’ailleurs… vous devrez vous contenter de ce trop bref aperçu de sa personne.

G.E.S : Femme, 38 ans et des brouettes (j’espère que je ne me plante pas, sinon je suis morte), 1.71m, 95D (un peu plus les jours de pluie), hétérosexuelle (même si tout le monde s’accorde à dire qu’elle a sa place dans la Communauté !)

Son rôle dans notre communauté ? Maman poule ( genre faut pas toucher à mes petits sinon je vous écrase dans mon 95D, ou encore, t’as fait ta demande de carte vitale @pucedepoesir ? Mais putain qu’est-ce que t’attends ? (Euh… être écrasée par ton 95D ?), ou encore, Non tu ne prendras pas ta moto aujourd’hui @akaimenousagi, on est en vigilance orange !). G.E.S est donc, tant par l’âge que dans l’attitude, notre Senpaï à toutes. En tant qu’aînée hétérosexuelle sympathisante à notre cause, il était donc de notre devoir de l’interviewer.

Deux thés, un café, un canapé, les choses sérieuses commencent. (Notons que dès le début, je me fais lâchement abandonner par @akaimenousagi qui se lance dans l’arrachage intempestif des fils qui donnent un genre à son jean. Ceux qui donnent un aspect « griffé » au jean et qui justifient ce prix exorbitant… sauf que ça ne lui plaît pas. Et voilà comment j’ai perdu akai avant même de commencer)

Reporters (le « s », c’est donc pour la forme…) : Quel est le pourcentage de tes amis homos ?

G.E.S : A peu près 95% (Il me reste quand même deux couples hétéros dans le lot).

Reporters :Qu’est-ce que tu apprécies dans la Communauté ?

G.E.S : En fait, je n’ai pas vraiment l’impression que vous êtes forcément de la Communauté. Pour moi, vous êtes juste des amies, lesbiennes, certes mais pas que. Par contre, j’avoue que j’ai du mal avec les filles trop… fifilles. Ça me gonfle vite.

Reporters : Qu’est-ce qu’elle en pense ta Maman ?

G.E.S : Elle me demande régulièrement si je n’ai pas quelque chose à lui dire…

Reporters : Si un jour tu changeais de bord, comment le prendraient tes parents ?

G.E.S : Aujourd’hui ? Sans problème. Ils s’inquièteraient de savoir comment je le vivrais, bien sûr… mais ils sont tellement désespérés qu’ils accepteraient n’importe qui ! Ma mère voudrait quand même que je lui fasse des petits enfants « tant qu’il est encore temps ». Elle me trouverait sûrement des solutions, en Belgique ou ailleurs !

Reporters : Tu es hétéro, qu’est-ce qui te plaît chez un mec ?

G.E.S : Son corps, ses fesses… et puis les trucs sexuels.

(Là, je dois préciser que @akaimenousagi en a eu marre de s’arracher les fils, ça l’a fatiguée, elle est passée en mode sieste)

Reporter (sieste = adieu le « s », pasque quand même, faut pas déconner…) : Si tu dois nous parler de ton amoureux, tu nous dis ?

G.E.S : Qu’il est vachement bien parce que je peux l’emmener en soirée avec vous et il vous supporte ! Et même que vous l’aimez (C’est vrai). Et même qu’il supporte les heures de shopping sans broncher. Parce que c’est le seul mec que je supporte au quotidien. Parce qu’il aime les ânes. Parce qu’il a une grande part de féminité : il a été élevé par des femmes, il fait super bien le ménage. Il est toujours là pour moi, même quand il est loin. Il me fait rigoler. Il a tous les avantages des filles et des garçons (Oui, mais quand même, il a des poils et pas de seins… alors pas tous les avantages, hein ?)

Reporter : Une anecdote communautaire drôle ?

G.E.S : Quand je n’avais pas de copines homos, je me faisais toujours draguer par des filles. Maintenant que j’en ai plein, plus du tout !

Et là, Ô Miracle ! @akaimenousagi sort de sa torpeur pour nous gratifier d’un éclairant : « Ben oui, mais c’est pasque t’es toujours avec une de nous, donc les filles pensent que t’es en couple ! »… Puis re-torpeur.

Reporter : Une anecdote communautaire moins drôle ?

G.E.S : (s’adressant à moi, @pucedepoesir pour ceux qui ne suivent pas) Ta passion pour ma poitrine ! Depuis que tu t’y frottes, j’ai au moins perdu une taille de bonnet ! (Même pas vrai d’abord. Je prends toujours grand soin de ménager sa poitrine !)

Reporter : Si jamais un jour tu basculais (enfin !), quel serait ton style de femme ?

G.E.S : Genre Shane, comme toutes les hétéros je pense. Je ne peux pas m’imaginer attirée par une fille hyper féminine. Ça ne m’intéresserait pas.

Reporter : Qu’est-ce que tu aimes dans la Communauté ?

G.E.S : Vous êtes faciles à vivre. (Éclat de rire général, même de la part d’akai qui nous refait une percée…) Oui, bon, pas forcément dans le sens de la « Communauté », mais vous. Vous seriez hétéros, ça serait pareil. Sauf que j’aurais beaucoup moins de culture communautaire ! C’est comme ça que je suis devenue sensible à la cause. Y’a pas deux jours, je faisais mon boulot de sympathisante en donnant des leçons de vie communautaire à ma presque belle-mère.

Reporter : Est-ce que tu as déjà été tentée ?

G.E.S : Je ne crois pas. (Absolument pas convaincant…) J’y ai déjà pensé, oui, mais pas pour quelqu’une en particulier. Je ne raisonne pas en terme de sexe, mais de personne. Si la personne me plaît, tout est possible. Je n’exclue en rien la possibilité de tomber sur une fille et…

Reporter : Pour conclure, est-ce que tu peux nous dire ce qui est rédhibitoire pour toi chez quelqu’un, et ce qui au contraire est essentiel pour que ça marche ?

G.E.S : Alors, rédhibitoire, je dirais qui soit assisté (et à qui ça convient d’être assisté). Et aussi ceux qui ne rincent pas le lavabo et la baignoire pour enlever leurs poils. Pareil pour un mec plus petit que moi, ça c’est pas possible ! Ou quelqu’un qui  manquerait de délicatesse. Ou encore quelqu’un de trop « parfait » physiquement, ou quelqu’un de « trop » gentil, genre stupidement gentil avec tout le monde ! Ou, pire que tout, un gros macho !

Pour ce qui marche à tout les coups, quelqu’un qui me fait rire, qui me fasse bien l’amour (et qui aime ça !), quelqu’un d’indépendant, et qui ait un visage qui me plaise… et surtout de belles fesses.

Le must serait un pompier grand brun avec de belles fesses ! (Ah ces hétéros, j’vous jure…)

Est-ce que le fantasme du pompier c’est parce qu’il est censé savoir utiliser son gros tuyau ? Je suis perplexe…

 

Voilà pour l’interview de G.E.S.

J’avoue que dans la lancée (aucun rapport avec le pompier), j’ai aussi interviewé @akaimenousagi… et que fatalement je suis aussi passée à la casserole… mais je vous épargne pour l’instant les déviances qui ont suivi. Si vous les réclamez, bien sûr… je ne pourrai que vous satisfaire !

Je tiens quand même à dire que G.E.S est, par son grand âge et sa longue expérience amicale avec la Communauté, une bien meilleure experte et défenseur-e communautaire que je ne le suis. En cela, elle a sa place dans Yagg, et sur mon mur puisque je la vénère pour ses… incommensurables qualités. Hum.

Je tiens aussi à préciser, pour celles qui se risqueraient à me demander ses coordonnées dans le but de, pourquoi pas, tenter de lui ouvrir les yeux (et quels yeux !) sur les joies de l’amour lesbien et de notre conception des plaisirs de la chair, ne vous donnez pas cette peine, je serais une tombe.

Si toutefois vous vouliez lui envoyer vos dons, n’hésitez pas à me contacter !

En-quêtes | Photopoésir | 08.07.2011 - 17 h 56 | 20 COMMENTAIRES
Ma ville est belle, ma ville, ma muse…

La Nice de tout le monde (et c’est là le seul cliché que je ne revendique pas)

Le truc, c’est que quel que soit l’angle, cette fac est horriblement moche… mais je vous présente le campus de Lettres Arts et Sciences Humaines de Nice.

Je vous propose dans ce post, de découvrir Nice à travers mon objectif et mon objectivité. Nice c’est ma ville d’adoption. Je l’ai vraiment rencontrée le jour où je suis tombée amoureuse pour la première fois. Et j’en suis tombée amoureuse aussi. Pendant des années, j’y ai étudié (honte à moi) sans la voir, sans même vouloir faire sa connaissance. J’ai fait partie des aveugles, de ces jeunes péquenauds de la campagne venus étudier à la ville tout en la dénigrant, n’y trouvant aucun autre intérêt que cette source du savoir qu’est l’université. Faut dire que quand on voit le campus, on n’a pas forcément envie d’en voir plus. Après trois années passées dans ce bloc de béton sans avoir développé la moindre curiosité pour la vie niçoise, j’ai rencontré… une femme. Ma première. Une vraie Niçoise, qui y est née, y a grandi et y travaille. Et qui, comme toute Niçoise qui se respecte, aime sa ville. C’est sans doute d’elle que m’est venu ce soudain intérêt pour cette magnifique ville, aujourd’hui, ma passion pour cette ville aura survécu à ma passion amoureuse (eh oui, c’est triste, mais c’est la vie) ! Je vous propose donc de découvrir en quelques photos ma ville que j’aime, même si les aléas de la vie m’en ont exilée pour l’instant.

Nice, ce n’est pas qu’une ville, c’est aussi le soleil, la mer, des milliers de touristes, mais surtout, Nice, c’est une ambiance : chaude, bigarrée, sans prétention mais accentuée…

Commençons par les plages, puisque c’est ce que tout le monde nous envie…

A Nice, et je suis désolée si pour vous un mythe s’effondre, la plage, c’est du galet… et des mouettes.

Et si l’eau est si bleue, le ciel est si beau, et la plage si paisible, c’est que pour profiter de la mer à Nice, il faut y venir en hiver !

Au coucher du soleil, en plein mois de janvier, le spectacle est saisissant.

Et le lendemain matin, même si les couleurs sont plus froides, le spectacle en vaut tout autant la peine.

Et même si l’hiver, comme partout, il nous arrive d’avoir des nuages, on s’en moque, parce qu’on a la plus belle ville du monde !

En panoramique, ça donne quelque chose comme ça.

Bon, mais la plupart du temps, il fait beau, et quelques nuages ne nous nuisent pas : ils donnent une autre couleur aux choses.

Et contrairement aux idées reçues, même si on est en Méditerranée, on a des vagues. Rien d’océanique, certes… mais les vagues de mer, c’est beau aussi.

Et comme on a aussi des rochers, on assiste, les jours de « grosse mer » à ces feux d’artifices fantomatiques. Le ballet de l’eau qui s’écrase est tout aussi hypnotique…

… que l’éclat du ciel qui s’embrase en zébrures aéroplanantes…

Bref, la renommée de Nice comme citée balnéaire n’est plus à faire, mais sa beauté hivernale méritait un petit détour.

Et puis Nice, c’est aussi une ville de pêche. Et qui dit pêcheurs…

… dit port !

Et là… ça n’est pas parce que c’est ma ville (d’adoption) mais…

… ce petit port sans prétention…

… si mignon et si coloré…

… y’a pas à dire…

… moi j’trouve qu’il en jette !

Même si ici comme n’importe où ailleurs, les gens jettent tout et n’importe quoi par terre ou dans l’eau… même quand c’est sale, c’est beau tellement c’est haut en couleurs !

Et à Nice, la couleur, c’est très important.

Tout est dans l’harmonie. Comme ici ces boudhas perchés qui s’harmonisent à la fois avec le ciel et les murs rouges de la place Masséna (le côté pratique du perchoir à pigeons, c’est en option)…

… ou comme ces façades jaunes qui se découpent si majestueusement dans le ciel royal, juste au fond du cours Saleya…

… ou, toujours dans les mêmes teintes, quelque part dans la vieille ville, à la tombée de la nuit…

… au hasard des rues…

… aux lumières du cours Saleya…

… à la fontaine de la place du Palais de Justice…

… ou en levant la tête sur son clocher…

… ou plus théâtralement, devant Notre Dame (surtout depuis qu’ils lui ont ravalé la façade !)…

Et même avec un peu d’imagination, devant des monuments qu’on ne comprend pas toujours… à Nice, tout est couleur, majesté, splendeur.

A la tombée de la nuit, ces excès de couleurs promettent des heures pour le moins ludiques…

Et pour ceux qui seraient tentés par un petit Nice by night, je vous embarque. Depuis la Promenade des Anglais, ça donne sobrement quelque chose comme ça…

Mais dès qu’on est dans les terres… c’est différent.

Sur l’avenue Jean Médecin, les filins lumineux, tendus au-dessus du passage du tram sont un hommage au bleu Klein…

… et quand il pleut, c’est tout beau tout bleu même par terre !

Et quand on est fier d’une couleur, à Nice, on en est fier tout plein ! Comme ici sous le pont de la gare, avec ses néons bleus klein.

Et d’ailleurs, si on prend un peu de recul, on peut même cumuler les deux !

Sinon, les couleurs de Nice by night, c’est aussi au coeur de l’hiver qu’elles nous saisissent.

Et d’un seul coup, tout est beaucoup moins froid !

Dans cet éclairage de Noël, les passants s’impriment, qui fixement, qui spectralement, pour fourmillier la place Masséna.

Les rides du tram ouvrent alors des voies infinies à ces nuits festives.

Mais pour finir ce post, je vous propose de laisser partir la couleur, et de nous en remettre à une vague noire et blanche pour réaliser que la ville n’a pas besoin de cette débauche chamarrée pour nous enchanter.

Parce que la Place Masséna sans ses lumières permet au temps de se figer…

Et des gens, tels des pions sur ce damier géant, se meuvent dans l’instant.

Des gens qui bondent modestement (une fois n’est pas coutume) la piétonne…

Ou les arcades des Galeries pendant le marché de Noël…

Ou les rues du vieux Nice par un soir de semaine…

Ou encore l’avenue Jean Medecin…

… le cours Saleya…

… les fontaines et jardins…

… l’esplanade, là-haut, sur Roba Capeu…

… la plage… Tout est beaucoup plus calme l’hiver. Et donc, à mon goût, plus beau.

Les budhas sont apaisants…

La mer est calme…

Les perspectives sont pures…

Et même quand les gens font des trucs bizarres, on trouve ça beau.

Alors profitons encore un peu de ma belle et plantureuse Nice en noir et blanc…

Sa belle Dame étincelante…

Ses fontaines oniriques…

Aux eaux lumineuses…

Et aux imposantes statues…

L’effet est garanti !

(Et ici se dressera bientôt une statue d’Apollon de 7m de haut)

Juste derrière, saluons la grande roue (du haut de laquelle, un jour, quand j’oserai faire ma touriste, je prendrai de super photos !)

… les voûtes quasi cryptiques du passage reliant le cours Saleya au quai des Etats-Unis…

… la géométrie solaire de Roba Capeu…

… une infime partie (mais non négligeable pour autant) de l’opéra…

… le plongeoir de la Réserve… Bref. Tout est merveilleusement beau. En clair, je ne suis pas un guide touristique, et comme tout autochtone, j’aurais même tendance à voir d’un œil circonspect cette horde estivale, n’empêche que j’aime cette ville et que je suis contente de vous la présenter… autrement. Et n’oublions pas que, comme le veut la réputation sulfureuse de la Côte d’Azur, il s’agit d’une ville de soleil, d’argent, de belles femmes alanguies sur les plages, de bons petits plats régionaux… mais aussi et surtout, c’est une ville de l’amour !

Parce qu’à Nice, l’amour n’a pas d’âge… ni de genre…

… ni de race !

 

En-quêtes | 03.07.2011 - 18 h 32 | 12 COMMENTAIRES
Confidences sur l’oreiller

Des oreillers, une femme, une cigarette… en avant pour les confidences !

Parce que même la Marquise des Anges s’est abaissée à ça… (ok, celle-là est un peu tirée par les cheveux mais je trouve qu’il y a un esthétique de l’Angélique)

Parce que c’est le week-end, et que le week-end plus que le reste de la semaine, on peut profiter de son lit, pour tout un tas de choses plus pertinentes les unes que les autres, genre : dormir, échanger des pensées philosophiques avec son chat ou sa copine (ou les deux), avoir de grandes idées métaphysiques sur l’emploi du temps de ces deux jours toujours trop courts sans en réaliser le quart (après tout, la métaphysique, c’est compliqué…), ou encore… je sais pas moi… ah, oui, faire un câlin par exemple, ou plus si affinités (évidemment, avec le chat, on se contentera du câlin, hein ?).

Et avec un peu de chance, votre chéri-e peut même vous apporter le petit dej’ au lit, d’où une des nombreuses utilités du coussin !

 

Un casse-tête de coussins… ils sont fous ces japonais !

Je me suis donc penchée sur la question de l’oreiller. J’espérais pouvoir vous en donner quelques exemples originaux, et j’espère que vous ne serez pas trop déçus. La palme d’or de l’insolite revient aux japonais. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas étonnée le moins du monde. A votre droite, tout un tapis de coussins, moelleux et si confortables qu’on a envie de se jeter dessus, juste pour essayer. mais sinon, un lit c’est bien !

Mais ça n’est pas tout pour nos amis du pays du soleil levant. On a encore bien mieux avec les modèles suivants. Attention, âmes sensibles s’abstenir, et je pécise que ce ne sont pas vraiment des restes humains…

 

Ceci est un oreiller.

Pour les plus perplexes d’entre vous, zieutez le monsieur, il a l’air de savoir comment ça marche !

Et y’a un modèle pour chaque sexe !!!

Et pour chaque fantasme !

Ou encore, toujours chez nos adeptes du manga, le modèle complet, en relief s’il vous plaît !

Et comme les japonais ne sont pas les seuls à vouloir s’endormir sur leurs fantasmes, il existe aussi ce modèle…

Créé et testé pour vous par des croates !

Il en existe différents modèles… et je suis dégoûtée de ne pas avoir trouvé la moindre expérimentation féminine dudit coussin. Mais que font les lesbiennes croates ?

Bien choisir son coussin, c’est important, ça peut être une question de vie ou de mort ! (et là ce n’est qu’un entraînement)

Parce que les combats de polochons, ça existe pour du vrai !!! Et ça peut faire peur…

Ou bien ça peut être très sympathique…

Ou encore, ça peut n’être que le produit d’un fantasme…

Sinon, mère Nature nous offre généreusement son frais coussin d’herbe verte… mais…

Que nenni ! Surtout quand on a goûté aux joies d’un vrai lit, et si possible en bonne compagnie !

Parce que le meilleur oreiller du monde, ça reste quand même l’épaule de votre ami-e… que dis-je l’épaule ? Son sein !

Sur ce… bonne nuit !

D-libérations | 02.07.2011 - 13 h 56 | 38 COMMENTAIRES
En être ou ne pas en être, là est la question !

Pour vous, aujourd’hui, je me mouille en écrivant différemment. Les pieds sont les miens. J’assume.

Notre ami Patrick* disait il y a quelques années, « on m’avait dit, te pose pas trop d’questions, tu sais petit, c’est la vie qui t’répond »… Nice try. Sauf que ça ne suffit pas. Les questions arrivent un jour ou l’autre, de nous, des autres. Et la question est épineuse quand il s’agit de sexualité, ou en l’occurrence d’homosexualité.

Certain-e-s d’entre nous ont connu ces questions dès leur plus jeune âge. On a entre dix et quinze ans, on peut être super pote avec le sexe opposé sans jamais ressentir le moindre intérêt sexuel, à cet âge où les jeunes filles font des pieds et des mains pour plaire à ces messieurs, et où (désolée de remuer le couteau dans la plaie messieurs mais) ceux-là en sont encore à s’échanger des cartes ou des figurines, parler pendant des heures de jeux vidéo ou de leur prochaine sortie VTT. Et quand ils succombent aux avances, trop peu subtiles de leurs soupirantes, c’est pour vite réaliser que les filles c’est compliqué, jamais contentes et très chiantes, et qu’à leur goût, quelques baisers volés ne suffisent pas à compenser toutes ces tares. Alors on va plus loin, ou pas.

Toujours est-il qu’on se cherche, on s’exclame « Wouah ! Il a un trop beau cul ! » (sans vraiment savoir s’il sera couvert de poils ou non, ni même si on aime les poils ou pas), ou on s’insurge « Beurk, elle est trop moche et en plus elle a même pas de seins ». Et partout, ça déborde d’hormones de jeunesse. C’est envahissant les hormones de jeunesse, ça pollue l’air partout au collège, puis au lycée… Ça se développe comme un brouillard de novembre sur la Tamise : c’est lourd, oppressant… mais ça passe presque inaperçu pour les autochtones. On assiste parfois à de pseudo-scènes de drague où un « T’es bonne » veut dire « Je te trouve très à mon goût, charmante demoiselle. Aurais-tu l’obligeance de consentir à sortir avec moi ? », ou encore « Y’a une copine à moi qui te trouve trop super sex » : comprendre « Je voudrais pouvoir t’aborder de façon directe pour te faire part de l’émoi que tu suscites en moi, mais je ne l’ose pas. Voudrais-tu que nous en discutions autour d’un chocolat chaud ? »…

Là, perdu-e-s au beau milieu de ce presque vaudeville adolescent, on se sent cruellement différent-e. On apprécie de façon démesurée la présence d’un-e ami-e en particulier (de même sexe), qui de ce fait devient notre « meilleur-e ami-e » et avec qui on a envie de passer chaque seconde de notre vie. On vit chaque séparation comme une injustice et, bien malheureusement, on se rend compte la plupart du temps que l’intensité de cette « amitié » n’est pas forcément partagée de façon équitable. On sait dès lors qu’on en souffrira toute notre vie. On le croit du moins, à cette époque.

Puis vient le moment où l’on ressent le besoin de mettre un mot sur cette différence. Parfois même, ce sont les autres qui s’en chargent avec la délicatesse reconnue des adolescents… L’homosexualité. Que ce mot semble sale ! Quelle honte on peut en avoir ! Et quelle crainte aussi… Alors on peut essayer de le refuser. On cherche à le nier en passant les dix années suivantes à être une « vraie fille »( ou un « vrai gars »), physiquement et à agir comme tel-le : sortir avec le sexe opposé en ravalant notre indifférence, voire notre dégoût, se persuader de sa « normalité » et surtout dépenser un maximum d’énergie (et de talent théâtral) pour persuader les autres… Jusqu’à ce qu’un jour, quelqu’un-e bouleverse tout. Ou pas.

Ou, si on en a la force, on décide de l’accepter. On fait fi des convenances, des attentes, des regards, des insultes, et on assume son homosexualité. Pire ! On la brandit fièrement en faisant ravaler leur mépris aux autres. Ou encore, on l’accepte et on essaie de la faire passer inaperçue. On reste officiellement dans le placard, tout en sachant qui l’on est et ce que l’on est appelé à faire de sa vie sentimentale… si tant est que l’on soit prêt à se lancer.

Il y a bien des façons de se placer face à son homosexualité en fonction de notre caractère, mais aussi de notre vie, de notre entourage, de notre époque, de notre âge… Et je ne pense pas qu’aucune de ces positions soit critiquable. Bien au contraire.

Certain-e-s d’entre nous ne découvriront leur homosexualité que tardivement, au hasard de la vie. Peut-être se rendront-ils/elles compte qu’ils/elles se sont menti une partie de leur vie, peut-être qu’ils/elles ne trouveront jamais le courage de la vivre pleinement. Ceux-là non plus ne méritent pas la critique. Le problème étant que justement, pour beaucoup encore aujourd’hui, être homosexuel-le et vivre son homosexualité, cela demande du « courage ». On lutte chaque jour pour changer cela, et il reste encore de nombreuses batailles à mener.

Pourtant, pour certain-e-s d’entre nous, cela aura été une évidence.

Un beau jour, toutes ces questions ont disparu. Elles ont été résolues par un baiser, une caresse, le début d’une histoire. Et ce jour-là, on a décidé de ne plus se poser de question, de ne pas refuser non plus de répondre aux autres. Ce fut mon cas.

Je me rappelle qu’à cette époque, mon amie ne comprenait pas comment cela pouvait être aussi simple pour moi. Devenir lesbienne, littéralement du jour au lendemain, l’accepter et le partager aussitôt avec mon entourage, lui tenir la main dans la rue, l’embrasser selon mon envie (et non en fonction de la désertion de la moindre âme qui vive alentour…), toutes ces choses qu’elle-même avait mis un temps fou à envisager. Puis j’ai eu droit à sa version, et à de nombreuses autres depuis qui m’ont fait réaliser la « chance » que j’ai eue dans mon parcours.

Je fais probablement partie de celles qui se sont menti pendant des années, mais c’était une négation tellement profonde que la vérité m’a frappée de plein fouet, comme si je découvrais mon « potentiel » alors que cela semblait si évident autour de moi. D’ailleurs ça n’a surpris personne. Ça a déçu, oui, mes parents bien sûr. Mais la plus surprise ce fut moi. Pendant cinq secondes à peu près. Puis l’évidence. Et l’évidence l’a emporté sur tout le reste. Aucune peur, aucun a priori, aucun doute.  Je me suis rendu compte par la suite que cette évidence pouvait être mal prise par ceux et celles qui ont lutté et se sont débattus pendant des années avec leur homosexualité.

Comme on me l’a fait remarquer, il y a quelques années, se balader en tenant la main de sa copine dans la rue, c’était risqué si ce n’est pour sa vie, du moins pour sa santé physique (et ça l’est encore aujourd’hui dans bien trop de lieux de par le monde et même en France). Je n’ai, jusqu’à ce jour, pas connu ça. Assumer mon homosexualité ne m’a rien coûté d’autre que de perdre une partie de l’estime parentale (et j’y survis ma foi). Je ne vais pas dire que je ne vois pas les regards dans la rue, ou les moues pincées des gens en général. Rien ne m’importe moins que leur jugement anonyme.

Aujourd’hui, tout me paraît simple. Evident. Et pourtant, je mentirais en prétendant que ça a toujours été le cas. Ces questions, aujourd’hui résolues, sont restées en suspens pendant des années. J’ai cessé de les craindre, ou plutôt d’en redouter les réponses quand elles se sont imposées toutes seules. Est-ce que je n’assumais pas ? Est-ce que ça n’était juste pas le moment ? Est-ce que je n’avais jamais rencontré la bonne personne ? D’autres questions ne répondront pas.

Mais cela m’a permis de comprendre que nous devrions tous être libres de vivre notre sexualité comme nous l’entendons. Et pas seulement notre sexualité, mais aussi notre position face à elle (sans mauvais jeu de mot). Toutes nos expériences se ressemblent et sont très différentes comme nous sommes tous humains mais chacun est unique. Accepter mon homosexualité et la vivre m’a avant tout appris à être plus tolérante, non seulement envers les autres, mais aussi envers moi.

Bon, ça m’a aussi appris que j’avais une passion certaine pour les seins, et quelle découverte pour mon épanouissement personnel !

*Bruel (pour ceux et celles d’une génération trop éloignée)

 

 

 

Je dérive, je dérive… mais j’espère ne pas m’échouer comme une vieille algue à l’agonie…

 

 

 

 

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